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Editôt ou éditard… (85)

Benoît Hamon, réputé comme étant à la gauche de la gauche du PS, est, comme ses paires, un converti au néo-démocrato-socialo-capitalisme. Ce qui est terrible en fait, c’est que le reniement devient une manière de vivre la politique dans notre pays. Après Sarkozy, qui aurait pu mais qui n’a pas été capable de faire, Culbuto 1er qui était supposé incapable et qui fait ce que son prédécesseur n’a pas réalisé, nous avons le choix entre la négligence coupable et la trahison. Quel choix ! Quelle tristesse et quelle misère ! Tout repose, en fait, sur une ambiguïté, la disparition de la politique à l’avantage de l’économie.

 

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Le pacte de responsabilité serait quelque chose de merveilleux dans un monde de bisounours où tout le monde serait sincère et bienveillant, tolérant et généreux, mais… Le monde n’est pas comme cela, il est même à l’opposé de cette vue magnifique et magique qui ne sera jamais réelle, jamais tant que l’économie de marché maîtrisera toutes les énergies de nos politiciens et qu’ils en tireront leur richesse personnelle et leur pouvoir. Mettre face à face des hommes aux intérêts divergents pour escompter une entente entre eux et les obliger à y parvenir me semble une façon très « démocratique » de régler les problèmes. Mais, la mauvaise foi, le mensonge, la roublardise, participent toujours à ces tables rondes, qui n’aboutissent qu’à des compromissions sur le dos de ceux qui payent sans cesse, les sans grades, les pauvres en argent comme en instruction et en culture. Ceux pour qui les écoles ne sont que de doux rêves dans le pays où Jules Ferry, le raciste, avait émis le doux projet d’une école gratuite et pour tous, projet à ce jour incomplètement réalisé. Donc le projet de ce pacte de responsabilité ne verra jamais le jour de la façon dont on pourrait le souhaiter, nous, les désespérés du libéralisme exacerbé et les victimes annoncées d’une spoliation de la terre comme de la lobotomisation de ses habitants. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que les entreprises ne sont pas créées pour des raisons sociales, leurs motivations ne sont qu’économiques et financières. Sans compter que l’induction de l’hégémonie est totale dans la démarche de toute société capitalistique. Il faut tout prendre et, si ce n’est pas possible, être et rester le premier, coûte que coûte et par tous les moyens, légaux d’abord et ensuite… on s’adapte.

J’en reviens à Benoît Hamon qui ose dire que la baisse du coût du capital doit être organisée dans le même temps que la décroissance des salaires et des autres points qu’il faudra diminuer pour arriver à une compétitivité qui sera exécutée au détriment des salariés majoritairement, quoi qu’en disent les clowns sociaux-démocrates qui nous grugent en permanence. Comme il le fait justement remarqué, les entrepreneurs allemands avaient ralentis leurs ponctions de dividendes pendant les efforts demandés à leurs salariés. Mais les patrons français ne sont pas allemands, tout comme nos syndicalistes ou les syndiqués qui sont, chez nous, quasiment inexistants. Oui, il faudrait que les profits soient payés après toute restructuration financière ou économique de l’entreprise. Avant même de toucher aux sources de la productivité et de la vraie richesse de la compagnie que sont les gens qui la font vivre. La création de valeur ajoutée est le fruit du travail de tous dans l’entreprise et pas seulement des têtes, soit disant pensantes, qui la dirigent et pas toujours bien. Mais le fondement du problème est, comme souvent ailleurs. Nous faisons comme les médecins, nous soignons les symptômes, jamais les causes de nos maux, raisons pour lesquelles nous ne guérissons jamais définitivement et faisons la joie des sociétés pétrochimiques qui nous droguent et nous retirent toute douleur des manigances qui oblitèrent notre jugement et le bon sens que nous possédons tous à la naissance. Mais cela contrarie la motivation majeure de l’existence même d’une entreprise. On ne crée plus une entreprise pour autre chose que faire de l’argent, les sociétés ne sont pas faites pour donner des emplois mais seulement des résultats financiers positifs à ceux qui prirent le risque d’y investir à son tout début. Le personnel n’est là que comme ressource obligatoire pour créer la valeur ajoutée, il n’est en rien partenaire de l’entreprise, il n’est qu’un outil. D’ailleurs, ne dit-on pas « ressources humaines », ce qui est proprement scandaleux. Un être n’est pas une ressource, il n’est pas un outil, il est humain et ne peut être considéré comme une marchandise ou une matière première. Mais ce n’est pas comme cela que nos sociaux-hypocrites nous jugent, ils participent à la pensée utilitariste capitalistique en nous mettant au même niveau que les pièces détachées achetées à des fournisseurs ou des matières premières volées dans des pays en voie de développement.

Or, c’est de la gauche que nous espérions un message humaniste et elle ne le reconnaît plus, elle s’est rangée du côté des fabricants de papier monnaie. Adam Smith est devenu un Dieu unique pour le monde dans son entier, depuis le plus petit état encore communiste sur son drapeau mais déjà rompu aux phénomènes liés au marché, jusqu’aux USA, créateur de l’American Way of Death.

Benoît Hamon, va te coucher, ne te fatigue pas à tenter de nous tromper encore un peu plus, nous avons bien vu que tu es en plein rêve éveillé et que toi-aussi, tu es un converti au toujours plus sur les dos de toujours les mêmes…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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