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Editôt ou éditard du premier round ? (16)

Ouf ! Le premier tour est terminé. Comme d’habitude tout le monde est content, l’un parce qu’il arrive en tête, l’autre parce qu’il est moins bas que prévu, la troisième parce qu’elle fait son meilleur score historique, le quatrième parce qu’il voit Sarkozy se rapprocher de la porte, et le cinquième parce qu’il avait raison depuis le début mais qu’on ne l’a pas écouté… Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil…

 

france_premier_tour_600_330.jpgLe pitbull de la politique, notre petit président de poche, veut trois débats, pas de quoi en faire un, mais bon, parlons-en juste quelques lignes. Quelle présomption, quel arrogance, il se croit tellement supérieur à son adversaire qu’il le défie ouvertement tout en sachant que ce ne sera qu’un argument pour montrer le peu de courage de son contradicteur. Il n’aura pas ses trois débats et heureusement. Hollande m’a plu sur ce point.

Venons-en au fond, mis à part qu’on le touche (le fond) quand on écoute les débats télévisuels, avec la meute de droite contre la bande de gauche, l’altitude reste constante, à zéro. Je crois, c’est mon opinion et je la partage, que le Général de Gaulle, à la place de Sarkozy aurait démissionné. Il n’aurait pas supporté le camouflet infligé par le peuple français à son sautillant et remuant président. Lui aurait eu la dignité et le courage de passer la main comme il le fît lors du référendum qui généra son départ de la politique. Imaginez-vous qu’un peu plus d’un quart des électeurs, qui se sont exprimés sur la candidature du président sortant, approuvent sa gestion et la conduite des affaires qu’il a commises. C’est une honte, d’en arriver à ce point si bas dans l’estime des Français qui le supportent depuis cinq années. Bien sur qu’un combat n’est pas fini tant que le coup de sifflet renvoyant tout le monde au vestiaire n’a pas retenti, mais ici, nous parlons de la France, d’une crise sans précédent où Sarkozy et sa clique d’ultralibéraux nous ont menés, de Français qui sont, pour plus de quatre millions, oui oui lisez bien les chiffres, tous les chiffres, au chômage grâce à l’appui de Sarkozy et de l’Europe pour délocaliser, pour augmenter les dividendes au lieu de donner des moyens de survie à sa population.

Alors, voilà ce que je pense de ce quidam qui erre encore pour quelques jours dans la belle demeure élyséenne, qu’il aille faire de l’argent puisque c’est ce qu’il a prévu de faire s’il perd les élections, je ne m’inquiète pas, il en a déjà et bien plus qu’il ne le dit.

 

Après ce mouvement d’humeur, aller je me calme et je recommence à utiliser les 5 % de mon cerveau qui sont encore en fonctionnement. Savez-vous que nous n’utilisons pas plus de 10 % de nos capacités intellectuelles et qu’un dixième de pourcent suffit à vous faire passer de légume lobotomisé à pur génie breveté… Moi, à mon âge, mes 5 % me suffisent pour comprendre que je ne comprends rien, pour savoir que je ne sais rien, mais… Ils me suffisent aussi pour aimer les Hommes, tous ces êtres capables du meilleur comme du pire (tout en sachant que c’est dans le pire qu’ils sont les meilleurs).

 

Revenons à l’élection pestilentielle, si vous regardez attentivement, il y a autant de points communs entre Sarkozy et Hollande, qu’entre Le Pen et l’extrême gauche (Poutou, Arthaud). Tous les deux exploiteront les mêmes méthodes pour rétablir la situation au regard des marchés et de nos amis allemands. Hollande redistribuera différemment mais ce sont les mêmes principes, les mêmes regards permanents dans le rétroviseur qui montre les agences de notation et les cours de la bourse. Or là est le problème, et les extrêmes l’ont bien compris, sans la mise à bas de ce système, toute gestion est impossible de façon autonome et libre. Je ne suis pas révolutionnaire mais je dois avouer qu’ils ont raison, nous ne pouvons continuer de subir les pressions des spéculateurs professionnels et des destructeurs de solidarité, leur individualisme forcené les a conduit à détruire le monde qui les a créés.

 

Comme je le disais déjà, personne parmi les 10 candidats n’avait la solution, mais, cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, bien au contraire. Quand vous les voyez s’envoyer banderilles et insultes entre eux, il y a de quoi rire mais alors « qu’on en rit on devrait en pleurer ». Chacun vient avec ses dogmes, chacun vient avec la certitude de la rectitude de ses propos, chacun vient dans l’intention de parler mais jamais d’écouter. Dans un débat, si les interlocuteurs ne sont pas assez ouverts pour accepter l’éventualité d’être convaincu par l’opposant, ce n’est plus un débat ni un dialogue mais un assemblage de monologues qui ne sont faits que pour occuper le terrain.

 

C’est cela que je n’aime pas dans la politique spectacle que notre monde occidental a délibérément choisi, je devrais dire lobotomiquement choisi…

 

Une chose est sure, quel que soit le vainqueur le 6 mai prochain, je serais dans l’opposition.

Je n’use peut-être que 5 % de mes capacités intellectuelles mais au moins je les utilise.

 

Haroun.

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