Log In

Editôt ou éditard du premier round ? (17)

Facebook a au moins une qualité. Je ne parle évidemment pas de l’éventualité d’en retirer quelque argent si on a les moyens d’investir dans ses titres en bourse mais bien de la facilité avec laquelle vous pouvez communiquer avec d’autres humains. Que vous les connaissiez ou pas, peu importe, vous pouvez leur parler… pardon… leur écrire…

 

Cerovic.jpgJ’ai participé, de façon fortuite et très courte dans le temps, à une « conversation » fort intéressante sur la violence. Tout un programme me direz-vous et vous auriez raison. Tout partit d’un message reçu de la part d’un « ami », ou plutôt après la fin de la conversation en question, d’un « ennemi ». Il était question de propos de Stanko Cerovic, Journaliste serbe, tiré du documentaire « Etat de Guerre » de Béatrice Pignède et Francesco Condemi sur les manipulations des états occidentaux pour vendre et perpétrer les guerres dans différentes parties du monde. Vous trouverez le texte en question à la fin de mon article. Contrairement aux mauvais journalistes, je vous donne les tenants et les aboutissants de ce qui motive mon envie de vous écrire pour vous donner, si c’est encore possible, le besoin, la forte nécessité de réfléchir par vous-même en dehors du politiquement correct habituel.

 

Pour résumer sa pensée, je dirai prosaïquement que « pour que des reformes soient possibles dans une société, il est indispensable qu’il existe la menace de la violence », c’est d’ailleurs la dernière phrase de son article, sa conclusion. Si je suis d’accord sur la forme, je ne suis pas d’accord sur le fonds car tout dépend de ce que nous entendons par violence. Or, dans son texte, l’auteur parle bien de la violence physique, de celle qu’utilisent tous les détenteurs d’un pouvoir, qui pensent être assez puissants pour aller jusqu’à l’ignominie de tuer sans courir le risque d’être châtier pour cela. De cette violence là, je suis l’ennemi farouche et déterminé. Nul ne peut consentir à quiconque le droit de heurter votre intégrité physique ou morale et encore moins de se l’autoriser lui-même. Cela fait, dans ma conception de l’humain, une des différences majeures entre l’Homme et la bête dans le sens le plus dramatique du mot.

 

Si Cerovic a raison de montrer du doigt les faiseurs de guerre, qui les font pour des soucis économiques ou stratégiques ou autres, il n’en est pas moins vrai que répondre à la violence par la violence n’est pas LA solution unique. Il y en a d’autres, même si, par paresse intellectuelle, les hommes ne s’appesantissent pas sur la recherche de ces autres voies. Mais revenons au journaliste Stanko Cerovic. Il est serbe, d’un pays qui a souffert et qui continue de souffrir du partage, je dirai même de la dissection, de l’empire austro-hongrois moribond et de l’Europe centrale par le complot russo-américain du siècle passé. Il connait la violence, il sait de quoi il parle, et même s’il se dit « non violent », on comprend bien les raisons de son soutien à une violence que l’on pourrait juger comme nécessaire ou utile. Mais l’histoire vaut d’être connue pour ce qu’elle nous apporte d’exemples à ne pas suivre. En justifiant la violence comme il le fait, il justifie toutes les violences. Prenons l’exemple, ô combien chargé d’émotions, du nazisme. Hitler prit le pouvoir démocratiquement sur la présentation d’une politique qui s’opposait – déjà à l’époque – à la mondialisation industrielle de la fin du XIXème siècle et du début du XXème. En résumé, on pourrait dire que son impossibilité à détourner le pouvoir des empires industriels d’antan, dont certains appartenaient à des Allemands de religion juive, fût de nature à exacerber sa ire contre les détenteurs de ce pouvoir économique et politique qui lui échappait. Ces riches magnats de l’industrie ne voulaient pas négocier, ni discuter, ni quoi que ce soit d’ailleurs, avec quiconque ne fût pas de leur monde. Peut-on dire pour autant que la violence dont il a fait usage ait trouvé pour autant une légitimité quelconque ? Non, non et non. Or, ce rédacteur met bien dans son texte qui est, bien qu’il affirme le contraire, une apologie de la violence, que celle-ci devient normale « si en même temps vous vous trouvez face aux dirigeants qui ignorent ça (vos revendications NDLA), vous devez pouvoir les menacer par la violence ». Non, mon bon, je ne le crois pas.

Le problème de la violence repose sur qui commence, il en est de même de la poule et de l’œuf, non ?

 

Je vais prendre un exemple plus actuel, avec le conflit israélo-palestinien, pour étayer ma théorie qui génère une victoire sans violence contre des barbares violents.

Les Palestiniens, forts du droit qu’ils ont d’occuper les mêmes terres que la communauté internationale a réservé à Israël, torturés, martyrisés par des victimes de la torture et du martyr, ont appliqué le même raisonnement que Stanko Cerovic. Ils se sont projetés dans une guerre acharnée mais sans probabilité de réussite aucune. En commençant par le terrorisme pour finir par les intifada successives, ils ne cessent de réclamer le respect de leur droit, celui d’avoir un pays dont ils ont été dépossédés et exilés. Bien entendu, pour des raisons surtout économiques mais aussi stratégiques et politiques, les plus zélés alliés d’Israël, les USA, ne font rien pour faire cesser cette guerre inutile et sans gloire. En cela je rejoins Stanko Cerovic, les guerres ne sont bonnes que pour les marchands d’armes et tant que la paix rapportera moins d’argent que les guerres, elles ne s’arrêteront pas. Mais cette violence inutile dure depuis des décennies et nous en sommes toujours au même point, du reste ce point est parfaitement odieux. Est-ce la solution ? Certes non, preuve en est faite.

En revanche, après y avoir réfléchi, prenant en compte que l’économie a pris le pas sur toutes les relations entre les gens et les pays, je suggère une idée aux Palestiniens dont le combat les honore néanmoins. Mon idée n’est pas violente, bien au contraire, elle est pleine de cet amour qui ne devrait jamais disparaître des relations entre les Hommes, les vrais. Je vous la livre sans attendre, je vous vois déjà piaffer d’impatience.

 

Que la main d’œuvre bon marché, que représente la population palestinienne pour Israël, décide comme un seul homme, unanimement, de cesser de travailler, de cueillir des oranges, de faire des routes, de construire le mur de la honte, enfin qu’ils arrêtent tout et d’un seul coup, d’un seul.  Que vont faire les Israéliens, ils vont les enfermer en prison, les torturer, les tuer, pire encore leur donner de l’argent (je rigole, on peut se détendre tout de même)… Mais si les Palestiniens sont prêts à recevoir des bombes, à se faire exploser, les nouvelles menaces israéliennes ne devraient pas les effrayer. Bien sur, les Palestiniens souffriront, plus de salaires, plus de soins, mais ne souffrent-ils pas déjà assez pour se permettre un dernier combat qui peut leur donner la victoire.

Il ne faudrait pas plus d’un mois sans Palestiniens au travail pour déstabiliser Israël et ses complices. Mais bien sur, ce n’est qu’une idée, et qui suis-je pour en avoir ?

 

C’est mon seul reproche à Stanko Cerovic, il s’abstient de chercher d’autres solutions que la violence et ça… c’est trop violent pour moi.

 

Haroun.

 

 

LA VIOLENCE EST LEGITIME

 

Propos de Stanko Cerovic, Journaliste serbe, tiré du documentaire « Etat de Guerre » de Béatrice Pignède et Francesco Condemi sur les manipulations des états occidentaux pour vendre et perpétrer les guerres dans différentes parties du monde.

 

« La chose cruciale il me semble qui manque dans l’action de ces contestataires modernes, C’est quelque chose sur quoi il est bien sûr difficile de parler, très sensible. C’est la manière dont, à cause de l’expérience communiste et des deux guerres mondiales etc… de ces malheurs du vingtième siècle, mais aussi à cause de l’efficacité de la propagande libérale disons, la manière dont a été exclue la violence comme un comportement finalement légitime dans la société lorsqu’on veut se battre pour des choses auxquelles on croit. Et voilà ce que je veux dire. Je ne suis pas en train de faire l’apologie de la violence. Je suis un homme non violent et je pense qu’en soi la violence est toujours mauvaise. Ça c’est une chose. Je déteste la violence et je pense qu’elle est toujours mauvaise. Mais il n’empêche comme on le sait dans l’histoire et dans la vie de chaque individu, il y a des situations ou la violence s’impose, ou il n’y a rien d’autre à faire je veux dire. Ca c’est la tragédie de la condition humaine. On sait que c’est terrible, et on sait qu’on doit y aller et passer par la violence. Et essayer de le transformer en quelque chose de mieux. On doit comme dans les rapports entre les hommes, on doit dire euh…, si vous n’acceptez pas nos propositions, si vous n’acceptez pas de discuter avec nous, si vous n’acceptez pas certains changements dans la société parce que nous considérons certaines choses comme absolument inacceptables, nous ne voulons pas par exemple la guerre impériale, nous ne voulons pas un nouvel impérialisme ni en Afrique ni en Asie ni ou que ce soit, nous ne voulons plus être des sociétés impériales, fini, ne nous maintenez pas dans la guerre, et si en même temps vous vous trouvez face aux dirigeants qui ignorent ça, vous devez pouvoir les menacer par la violence. Sinon votre comportement n’a aucune chance de réussir. Pour ainsi dire, pour que des reformes soient possibles dans une société, il est indispensable qu’il existe la menace de la violence. »

2 Comments

    1. point-de-vue-incorrect Répondre

      Bonsoir Pascale,

       

      Il ne se passe rien de spécial si ce n’est que j’ai répondu à une personne qui faisait l’apologie de la violence et qui ne semble pas vouloir changer d’avis. Bien entendu, si les murs ont des
      oreilles il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut entendre, alors j’ai cessé le débat. Cet article, de moi en haut et le bas du journaliste « violent », fait un effet étrange… Je suis
      définitivement et intrinsèquement non violent, alors…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com