Log In

Elections ? A qui le tour ?

Après la galéjade égyptienne passons à la tragédie grecque et au vaudeville français. On ne peut pas dire que les hommes politiques de la planète ne font pas tout ce qu’ils peuvent pour nous distraire. Nous sommes finalement des ingrats et devrions leur payer plus d’impôts afin qu’ils ne soient pas obligés d’emprunter les yachts des amis mais qu’ils aient les leurs…

 

grece-vestiges.jpg

 

Comme le faisaient les anciens tragédiens grecs pour leurs contemporains, nous assistons à une pièce de théâtre où les victimes, leurs hurlements de douleur et leurs larmes vous prennent aux tripes tellement les acteurs jouent merveilleusement bien. Après y avoir regardé à deux fois, il ne s’agit pas de théâtre mais bien de la réalité. Des gens se suicident, perdent tout ou plutôt le peu qui leur restait, des vieux vont vivre chez leurs enfants, des enfants retournent chez leurs parents, on ne trouve plus d’aspirine à Athènes… Toutes ces souffrances sont vraies, pas étonnant qu’on trouve leur jeu parfait… Ce n’est pas du talent c’est une abomination.

Non seulement ils se noient lentement, devant les yeux hagards de leurs « blaireaux » politiques, mais ils le font devant un parterre de plusieurs milliards de personnes. Pour couronner tous ces problèmes, on leur demande, en plus, de voter tous les mois. Il faut qu’ils désignent celui qui va diriger l’abattoir où ils sont les animaux à mettre à mort. Quelle ironie, quel cynisme, quelle horreur.

Devant les yeux des armateurs, des amis, des amis des amis, des prêtres orthodoxes, tous ces riches à milliards d’euros qui ont bénéficié des largesses de faquins sous les yeux consentants d’une Europe aussi pourrie, devant tous ces yeux, grecs eux-mêmes, qui regardent l’air goguenard leurs frères souffrir à petit feu, le peuple se meurt. Sa désespérance, son angoisse du lendemain, sa mélancolie permanente avec la nostalgie des temps heureux, sont autant de moyens de les encourager à voter pour des gens qui n’en valent pas la peine et qui tire leur profit d’un ras-le-bol général.

 

Quelles sont les options offertes aux Grecs ?

Nous allons retirer d’entrée de jeu les choix extrêmes, malgré le succès certain du parti néo-nazi le mois dernier, je ne pense pas qu’ils puissent rassembler une majorité à l’assemblée et je pense même qu’ils vont connaître un recul lors de la consultation de demain. Donc si l’on extrait les extrêmes, il reste le Pasoc, parti soi-disant socialiste, La Nouvelle Démocratie qui est le parti conservateur, et, pour finir, Syriza étant la gauche radicale. Syriza étant le dernier né des partis en présence qui est dirigé par un homme de 37 ans, que les Grecs qualifient d’opportuniste mais dont le programme est beaucoup plus positif pour la Grèce que ceux des deux autres vieux renards.

Avec le Pasoc et la Nouvelle Démocratie, c’est la continuité du calvaire jusqu’à la limite que les Grecs voudront bien supporter. Avec Syriza, l’austérité sera rediscutée avec l’Europe et les bailleurs de fonds et complètement renégociée. Cependant, Alexis Tsipras n’entend pas sortir de l’euro et souhaite même l’inverse. Ceci contredit sa volonté de diminuer la pression des sacrifices de ses concitoyens parce que qui dit euro dit austérité.

 

En fait, ils n’ont pas de vraies solutions originales et nouvelles, tout est dans l’emballage des points de vues et des stratégies. Bien sur Syriza va faire un carton car il est celui qui défend, sur le papier, le mieux les options les plus populaires et en particulier l’accalmie de l’austérité défendue par ses concurrents. Mais la conservation de l’euro l’obligera à continuer son 48531-grece-1-bWF4LTY1NXgw.jpgrégime de pain sec et d’eau.

 

Tout cela nous amène à un précédent article où je disais que nos bouffons politiques n’ont aucune vision. Ils sont tellement bloqués dans la défense de leur position et de leurs prébendes, qu’ils n’en ont plus aucune imagination. Si l’on ajoute à cela la peur, humaine, de l’inconnu, il n’est pas étonnant qu’ils deviennent des lobotomisés lobotomiseurs de leur propre peuple. Nos politichiens nous effraient avec la sortie de l’euro, mais diantre, la peur n’évite pas le danger. Je ne suis pas sur de voir une issue funeste de la Grèce en cas de sortie de l’euro, à dire vrai, je suis certain de l’inverse. Ils n’ont rien à faire de l’euro, il le quitte et plante tous leurs créanciers à 100 % des montants prêtés à la Grèce. Les marchés, quels marchés ? Ceux qui ont spéculé et qui spéculent de plus en plus sur cette tragi-comédie, ceux qui gagnent des milliards sur le déclin d’une nation, avec la bénédiction des églises, des partis politiques et des nantis. Comment un Grec peut-il encore aller dans une église orthodoxe, alors que la hiérarchie de cette institution, financière avant d’être religieuse, voit son pays et ses ouailles victimes de martyrs sur l’autel de leur profit non taxé ?

 

La solution est évidemment ailleurs, vous ne la trouverez jamais dans les systèmes connus puisqu’ils ont généré un problème dont ils ne connaissent pas la conclusion.

 

Je vous en proposerai une à la suite de mon prochain article sur le vaudeville des élections législatives françaises.

 

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com