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Eux ont les Pussy Riot, nous le bloc identitaire…

En Russie, quand des femmes se dévêtent pour clamer leurs slogans politiques dans une église durant une messe on les arrête et on les juge selon les lois du pays. En France, quand des hommes, vêtus fort heureusement, montent sur le toit d’une mosquée en construction pour clamer leurs slogans politiques on les arrête et on les juge selon les lois du pays. Quelle différence entre la république bananière de Russie et celle de France ?

 

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En fait, je me pose la question suivante : une action politique, quelle qu’elle soit, doit-elle être commise à l’étranger pour trouver un soutien chez tous nos grands démocrates franchouillats ? Souvenez-vous le tollé généré par la colère de tous, je dis bien tous, suite à l’arrestation et l’enfermement des Pussy Riot de Moscou. Il y en allait de la démocratie, honte à Poutine le méchant qui ne souffrait pas la critique, de quelques demoiselles peu vêtues, sur sa politique et le souhait de son départ. Bien évidemment je ne partage pas les opinions de ces manifestants de l’extrême extrême droite, mais encore une fois pourquoi faire deux poids deux mesures ? Pourquoi trouver à redire sur les uns et pas sur les autres et vice versa ? On est démocrate ou on ne l’est pas. La géométrie variable de la démocratie est quelque chose que je ne comprends pas.

Par ailleurs, la mosquée étant en construction, ces haineux racistes nauséabonds n’ont pas dérangé un office religieux contrairement aux fameuses Pussy Riot. On ne peut leur reprocher le « sacrilège » d’une maison de Dieu dans l’exercice de sa liturgie. Comme vous le savez, parce que je l’ai déjà écrit à maintes reprises, je suis musulman et ne me sens absolument pas concerné par ces bêtises d’un autre âge. Ces gens, aux convictions qui nous rappellent à tous de très mauvais souvenirs pas si lointains que ça, utilisent la hargne et la violence pour faire valoir leur droit à la parole. Ce dont ils avaient besoin, c’est de publicité, là on peut dire qu’ils ont réussi, passer en boucle sur tous les canaux d’information permanente, aux journaux télévisés des plus grandes chaines de France, à toutes les tranches horaires des informations radiophoniques, ils ont fait très fort et nous sommes encore une fois les dindons de cette triste farce. Pourquoi ? Parce que ces sottises permettent à tous les hommes politiques de parler d’autre chose que des vrais problèmes. Entre les excès de ces décérébrés, le retour de Sarkozy, les corruptions des sportifs, de la petite culotte de la fille du capitaine, où se trouve la place de la vraie information ? Quand nos gouvernants peuvent-ils attirer notre attention sur les soucis à venir et prendre le temps de nous dire la vérité afin de mieux nous y préparer ? Jamais et cela les réjouit car, de cette manière, ils peuvent exercer leurs pouvoirs sans nous rendre de compte, sans même prendre garde à nous. Il n’y a guère que durant les campagnes électorales où ils nous regardent dans les yeux, en nous faisant des promesses qu’ils savent très bien ne jamais tenir.

 

Alors me direz-vous, peut-on laisser faire par n’importe qui, n’importe quoi et n’importe où ? Bien sur que non, mais avons-nous besoin d’en faire un tel vacarme médiatique durant plusieurs jours ? La loi, dans les états de droit comme le nôtre, est là pour faire régner l’ordre et punir, s’il y a lieu, ceux qui y dérogent. Quand je vois les procureurs, les juges d’instruction, les policiers, donner des conférences de presse, durant lesquelles, la plupart du temps, ils ne disent rien d’importance, je crois rêver. Comment la justice peut-elle faire son travail sous les feux incessants des projecteurs ? Et si les feux de la rampe ne s’allumaient pas aussi simplement, croyez-vous que ce genre d’action spectaculaire aurait lieu, évidemment moins souvent bien entendu. Cet incident ne mérite qu’un entrefilet au milieu des chiens écrasés.

 

Comment doit-on gérer ce type d’action combattante de la part de minorités aux comportements violents et antisociaux ? C’est une question compliquée mais à laquelle il y a des réponses. Comme de juste, je dois reconnaître ne pas avoir les compétences nécessaires au règlement de tels excès, mais cela ne m’empêche pas d’y réfléchir. La première des raisons de ces gens, comme de tout ceux qui utilisent les mêmes méthodes, est d’attirer l’attention. Pourquoi ? Parce que le politiquement correct a détruit toute forme de contestation, on n’a plus le droit de n’être pas d’accord avec la majorité. Les médias sont réservés à la pensée unique et les autres n’ont plus qu’à se débrouiller. Il est plus facile d’attirer les journalistes par une action négative que par le contraire et c’est ce que ces farfelus dangereux font. Ils accaparent pendant quelques temps l’actualité à leur profit. Et ne croyez pas que cela leur fait de la mauvaise publicité, au contraire, ils enrôlent à tour de bras dès qu’une de leurs manifestations passe à la télé. Pour l’exemple, après les attentats du 11 septembre, les conversions à l’Islam ont augmenté violemment aux USA. Pourquoi ? Parce que cela avait poussé les étatsuniens à poser des questions et en posant des questions aux bonnes personnes et pas à des terroristes, ils se sont aperçus que l’Islam n’est pas ce que les islamistes disent mais bien autre chose. L’être humain est étrange et tellement imprévisible.

 

C’est en diabolisant et en réduisant au silence ces minorités qu’on les force à l’action ahurissante, c’est quand on ne vous écoute pas que vous montez le ton par réflexe pavlovien. En leur refusant le droit de penser comme ils l’entendent et d’exprimer ces idéaux, quand bien même seraient-ils les plus déstabilisants pour nous, on leur ouvre une voie royale à leurs débordements violents.

 

Je l’ai déjà écrit me semble-t-il mais je le répète, si dans les banlieues les enfants avaient un peu plus de vocabulaire ils seraient certainement moins violents. Pourquoi ? Parce que les jeunes voyous vivent avec un vocabulaire de 250 à 500 mots, par générosité je vous donne jusqu’à 1000 mots. Une personne ayant une instruction moyenne dispose d’un portefeuille de 2500 à 4000 mots. Victor Hugo bénéficiait d’un vocabulaire de 25000 à 30000 mots. Quand vous pensez, si vous pensez, vous avez besoin de mots pour conceptualiser ces réflexions, pour les exprimer. Si vous n’avez pas de mots, que vous reste-t-il ? Les mains, les pieds, les armes, ou à l’autre extrémité la drogue pour oublier vos propres pensées inexprimables.

 

C’est donc le jeu démocratique qui fait que ces hommes doivent s’exprimer comme ils le peuvent, et, c’est à nous de les corriger par les moyens à notre disposition s’ils franchissent les limites des libertés communes face à leur liberté propre, quel que soit l’endroit où ils se prêtent à ce jeu illusoire.

 

Quel que soit l’incident qui nous arrive, n’avez-vous pas remarqué que son explication nous mène toujours à nos manquements, il en de même pour les sociétés. Les manquements de la nôtre, de société, sont tellement nombreux que nous ne sommes pas au bout de nos peines, surtout si nous préférons être lobotomisés par ceux qui la dirigent.

 

Regardez l’avancée des idéaux racistes et xénophobes, que ce soit en Belgique, en Roumanie, en Hongrie, en Hollande (non pas le président, le pays), au Royaume Uni, en Allemagne, en Autriche et j’en passe… Trouvez-vous cela étonnant ? Pas moi, c’est funestement logique et nous en sommes la cause. Notre résignation donne libre court aux voyous qui nous gouvernent et à ceux qui aimeraient nous gouverner par tous les moyens.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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