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Finance et probité ? Enfer et paradis !

Vous connaissez ma profonde aversion pour le monde de la finance. Ma chance est que je connais ce monde de l’intérieur. Cela me permet d’étayer mon argumentation contre la finance d’une façon générale, ainsi que de leurs escadrons de vautours avides faits de jeunes loups, sans conscience et sans respect pour ceux qui les engraissent et leur donnent des revenus qu’ils ne méritent pas.

 

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Je vous entends d’ici « il est jaloux, il aimerait bien gagner des millions comme eux ». Personne ne peut empêcher qui que ce soit de penser comme il l’entend. Cependant, vous vous trompez, c’est par choix que j’ai cessé de faire spéculer mes clients sur les marchés hautement spéculatifs américains et anglais des « futures ». Ces marchés traitent de tout, comme je vous l’ai déjà expliqué, depuis le jus d’orange jusqu’au pétrole et aux monnaies. On appelait cela en France les marchés de l’ancienne Bourse de Commerce, marchés à terme sur les matières premières qui, jadis, étaient réservés à quatre denrées alimentaires, le sucre, le cacao, le café et les tourteaux de soja. Depuis ces marchés ont changé de « maison mère » et touchent beaucoup plus de produits différents, qu’ils soient financiers purs ou autre.

Si j’ai quitté ce milieu, c’est juste parce que j’ai compris que je n’étais qu’un croupier au service de banquiers cupides faisant office de gérants de casinos. J’avais pris conscience de l’absence totale de valeur ajoutée réelle dans mon travail.

Tout d’abord, quelle que soit la réussite des opérations que je conseillais à mes clients, je gagnais ma vie, et je vous assure que je la gagnais très bien. En effet, les commissions sont prises sur les mouvements, qu’ils soient en faveur ou en défaveur des comptes clients. Ceci poussait tous les « traders » de l’époque à faire beaucoup d’opérations sans pour autant prendre en compte les intérêts des clients. Ceci m’a permis de voir, dans certain relevés envoyés aux clients, disparaître le capital du client qui se changeait, peu à peu, en commissions pour les intermédiaires qu’étaient le commissionnaire agréé et le trader. Certains clients ont tout perdu et leur capitaux se sont changés purement et simplement en commissions. Il est évident que lorsque j’ai pris conscience de cela, je n’ai pas pu le supporter et me suis désolidarisé de mon partenaire et ouvrir ma propre société de conseil financier avec d’autres buts que de ruiner les uns ou les autres pour m’enrichir moi-même.

 

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Pour vous dire que le monde de la finance n’avait pas, il y a deux ou trois décennies, de morale, pas de conscience, pas de scrupules, pas de cœur ni de sentiments. Les émotions, chez les requins de la finance, n’existent qu’au moment de lire les résultats mensuels qui relatent leurs gains en commission. Maintenant, trente ans plus tard, c’est pire encore. Certains traders tueraient père et mère pour continuer à produire des revenus énormes en ruinant la planète. Cela n’a jamais été aussi grave qu’aujourd’hui, hélas, trois fois hélas. Ces systèmes sont à la disposition des plus riches qui peuvent tricher comme ils l’entendent avec le consentement des organisations mises en place par les banquiers et tous ces intermédiaires financiers. Vous voulez un exemple ?

 

L’AMF, Autorité des Marchés Financiers, vient de blanchir LVMH, dirigée par l’expatrié fiscal Bernard Arnault, dans le cadre de son acquisition d’actions du Groupe Hermès. A travers des sociétés étrangères établies dans des paradis fiscaux et par l’entremise des banques Société Générale et Crédit Agricole, des actions Hermès, 20 % du capital quand même ce n’est pas rien, ont été récupérés par LVMH en fin de parcours. Non sans générer en dehors de nos frontières et sans impôt pour les « off shore » (sociétés situées dans des paradis fiscaux) de Arnault, un gigantesque profit lors de la vente de ces titres à la maison mère LVMH. Quand une société ou une personne acquiert plus de 5 % du capital d’une entreprise cotée en bourse, elle doit faire une déclaration à l’AMF, cette déclaration n’a pas été faite par les sociétés off shore de Arnault grâce aux deux banques citées ci-dessus. Il suffit pour cela de répartir les achats dans différentes structures qui achètent moins de 5 % d’actions chacune.

Quand les actions furent revendues des off shore à LVMH, Nanard Arnault fît la déclaration obligatoire mais il était trop tard pour Hermès, son plus important actionnaire était devenu, d’une façon barbare, le groupe de Nanard.

L’AMF vit des revenus payés par les compagnies financières, comment voulez-vous qu’ils contredisent ces financiers lorsqu’ils font des manigances, voire des magouilles. Ceci est d’autant plus difficile que le conseil d’administration de l’AMF est constitué de ces mêmes financiers.

 

Alors, quand la Société Générale dit que Kerviel est le seul responsable, peut-on la croire ? Ils sont prêts à tout pour gagner de l’argent et la vie d’un être humain ne changera pas leur point de vue. Imaginez-vous qu’un établissement bancaire puisse donner une telle responsabilité à une seule personne ? Jamais. Et si c’était le cas, ce serait une raison suffisante pour ses clients de fermer tous leurs comptes et d’aller se faire piller ailleurs. De deux motivations vous pouvez en choisir une :

– ou ces gens de la SG ne savent pas recruter des gens compétents et il faut fuir cette institution.

– ou ils ne contrôlent rien de ce que font les membres de leur personnel et il faut fuir cette banque avec précipitation.

 

Voilà le monde financier qui nous entoure et nous pourrit la vie par ses spéculations incessantes. Et là je suis très gentil parce qu’ils en font tellement que des livres entiers n’y suffiraient pas. Pour ma part, je fonctionne le plus possible sans eux, c’est difficile mais c’est possible.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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