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France d’œufs… Pardon… France d’eux… Oups… France 2

Comme vous devez vous en être aperçu, je ne suis pas un adepte forcené de l’outil principal des lobotomiseurs qui nous dirigent, je veux parler, plutôt écrire, de la télévision. Or hier, France 2 réalisa une émission en hommage à Jean-Luc Delarue, disparu suite à son cancer il y a quelques jours. Je fus pris au piège d’un zappage raté et ai regardé cette émission jusqu’à la fin… C’est rare, très rare…

 

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Les émissions de téléréalité, les adieux à Pierre, Paul ou Jacques, la pub incessante, les jeux, les informations tronquées, truquées et achetées à bon compte par les financiers du CAC 40, enfin 95 % des programmes habituels de nos chaines ô combien sans intérêt, ne m’intéressent absolument pas. Je ne rechigne pas à voir quelques bons reportages de ci de là mais c’est toujours un peu superficiel, comment peut-on évoquer un problème sociétal en quelques minutes voire en deux heures ? C’est difficile mais cela représente l’apéritif du vrai repas intellectuel que cela devrait générer dans nos cervelles de moineaux. Cette superficialité, au contraire, est bénéfique, elle nous pousse à nous documenter par nous-mêmes et partout pour limiter les partis pris et les intérêts directs et indirects défendus par tout un chacun. Et ensuite, après s’être enrichi de ces recherches riches et variées, il nous est possible de réfléchir et de nous bâtir notre opinion, je dis bien NOTRE opinion, et c’est cela la finalité, de reprendre le contrôle de ce que nous sommes et pensons.

Pour en revenir à hier soir, j’ai été bluffé, j’en ai eu les larmes aux yeux. Vous allez me dire que c’est de la « sensiblerie à pas cher », du larmoiement par procuration, de la compensation affective et sociale. Peut-être, de toute façon vous pouvez dire et penser ce que vous voulez et c’est pour ça que j’écris, pour vous libérer de vos lobotomiseurs. J’avais vu dans le passé quelques émissions présentées par Monsieur Delarue, ma compagne d’alors n’en manquait jamais une, il faut parfois faire des concessions incroyables… Je dois avouer que ce présentateur avait quelque chose que n’ont pas les autres que je ne nommerai pas parce que trop nombreux. Son accent de sincérité, à maintes reprises cité durant son hommage, était réel, sa sensibilité ne paraissait pas celle de bon aloi que se forcent d’avoir les égocentrés qui font plus attention à leur image qu’à celle des gens qui les nourrissent et qui garnissent leurs plateaux. Dans le studio, il y avait des personnes qui étaient ses collègues, ses subalternes, ses supérieurs, son public, ses invités aux émissions qu’il produisait. L’unanimité était réelle parmi tout ce petit monde, Jean-Luc Delarue était généreux et sincère. Ce panel très divers de témoins n’aurait pu partager la même opinion sans qu’elle soit Vraie, d’un ex ministre à un quidam inconnu, tous étaient touchés et ne semblaient pas tricher. C’est à vous faire regretter de ne pas avoir connu cet animateur hors paire.

 

Monsieur Delarue sentait bon l’homme de cœur, franc et direct, réactif et intelligent. Bien sur il n’était pas parfait et c’est tout le mérite de cette soirée qui lui était dédiée, elle n’a pas fait l’impasse sur les problèmes qu’il avait connus et portés à notre connaissance. Pour ma part, cet Homme en était un, parce qu’un Homme a du cœur et une tête, lui, avait les deux et savait les faire fonctionner à bon escient. La réussite n’est jamais un hasard, elle peut être la conséquence de coucherie mais souvent elle est la preuve de qualités évidentes qui forcent le respect et entrainent le résultat qu’elles méritent. Je crois aussi que lorsque un être a une certaine sensibilité, une compréhension réelle du monde qui l’entoure, un degré d’intelligence au-dessus de la moyenne des mortels que nous sommes, il ne peut que souffrir. Sa vie devient un véritable enfer car le cœur le pousse à changer les choses en faveur de ses congénères, la raison le lui interdit, sa sensibilité exacerbée par la souffrance alentour et générale le torture. Je peux comprendre que l’on craque, qu’on veuille oublier, qu’on veuille se suicider lentement pour ne plus endurer pareille situation. Le plus difficile à supporter n’est pas de constater les mauvaises actions commises de par le monde et sans aucune cesse, c’est de savoir comment les faire cesser et ne pas pouvoir le faire.

 

J’ose croire que cet Homme était comme cela et que sa fin, accélérée par cette maladie maudite que nous pourrions guérir si nous mettions dans la recherche l’argent de nos armements, le cancer, lui fera connaître la paix qu’il souhaitait peut-être.

 

Il a été la preuve que la bonté, l’intelligence et l’amour peuvent nous habiter si nous les acceptons pour ce qu’elles sont, les qualités indispensables qui feront notre survie.

 

Que tous les Dieux lui rendent son dernier voyage agréable et doux.

 

Haroun.

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