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Gloire au Travail !

Vous vous souvenez certainement de la célèbre formule, prononcée par un nain de jardin qui passa, tel un météore, dans les environs de l’Elysée et y séjourna dans le palais du même nom durant cinq longues et terribles années ? Vous savez bien, la fort bien connue phrase magique qui représentait le meilleur raccourci ou résumé de ce que fut son épopée élyséenne… Vous avez déjà oublié ? Mais oui, voilà, c’est bien, on ne vous enfermera pas tout de suite dans une maison de retraite, c’est « travaillez plus pour gagner plus »…

 

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Belle sentence que celle-ci, reprise à l’encan par tous les quidams formés dans les mêmes écoles, ou payés par les mêmes corrupteurs, qui les aident à financer leurs enchères pour toujours être le plus disant à défaut d’être le plus intelligent. Cette expression est à différencier de celle employée par les Francs-Maçons qui est « Gloire au Travail ». La première est quantitative, comme d’habitude dans notre monde basé sur une consommation effrénée et outrancière, la seconde est qualitative, ce qui n’est pas du tout générateur de la même signification. Vous avez remarqué, certainement depuis le temps que je vous l’écris, que notre matérialiste société ne raisonne que très rarement sur l’aspect qualitatif des choses, quelles qu’elles soient. C’est aussi vrai du travail que du boudin noir (ou blanc pour ne pas être raciste et passer pour politiquement incorrect, ce que je suis de toute façon). Nous mesurons tout, nous comparons tout, nous évaluons en permanence, et toutes ces actions qui gèrent la matière se font à l’aune du profit à tirer de ce qui est mesuré, comparé ou évalué. Sans profit aucun intérêt de faire quoi que ce soit, le bénéfice étant la mesure de base d’une société mercantile, où le productivisme est de rigueur et le consumérisme une religion obligatoire. Bien entendu, les grands économistes vont me dire, « mais sans profit pas d’investissement, pas de développement, pas de rémunération des masses laborieuses » (comme disait Georges Marchais). C’est justement cela qu’il faut changer, la formule a fait long feu et les conséquences sont visibles tous les jours sur nos écrans plats, dorés sur tranche. Rien ne va bien, la pollution nous pourrit notre environnement et change nos conditions climatiques, deux tiers de la planète ont des problèmes d’alimentation et vivent sous le seuil de pauvreté, il n’y a pas de continent qui n’ait pas sa petite guerre fratricide qui permet aux multinationales de récupérer toujours plus de matières premières pour toujours moins d’argent ; l’Afrique étant le continent le plus riche, c’est aussi celui où les combats sont incessants et fomentés par les pays industrialisés qui en tirent les bénéfices directs et indirects. Le travail est une matière première comme les autres, du point de vue des employeurs, et c’est la raison pour laquelle il est intégré dans les coûts sans aucune différence par rapport aux autres constituants des prix de revient des entreprises.

 

Cependant, le travail n’est pas vraiment une matière première, il est la conséquence d’un choix, fait par un être humain, qui consiste à participer à une certaine forme de vie sociale et qui, à ce titre, a ses règles et ses modus operandi. Nous parlons ici de gens, de personnes douées de la pensée, en théorie en tout cas, capables d’aimer, de haïr, de prier, en conclusion de vivre en toute conscience de leur vie propre. Comment peut-on assimiler cela à une vulgaire marchandise ? Cette assimilation à un sous-produit nécessaire à la production a permis de faire travailler de façon industrielle des enfants, au XIXème siècle chez nous, au XXème et XXIème chez nous et chez les autres, et permet encore de ne pas assurer des conditions de travail minimales à des centaines de millions, voire des milliards, d’ouvriers pour protéger le sacrosaint profit. Nous continuons de faire travailler dans certains pays et même chez nous, avec la complicité des administrations concernées, des hommes et des femmes de façon esclavagiste. Non, il ne peut être question d’appréhender le travail de cette manière. L’humain n’est pas une composante d’un coût mais est la raison d’exister, la raison de vivre de ce monde qui nous entoure et qui nous a permis d’en arriver là où nous sommes, pour notre plus grand bien et plus grand mal à la fois. Nous sommes des animaux supérieurs, parait-il mais je ne vois pas en quoi, l’homme est le seul animal qui, officiellement, est capable de tuer ses congénères par plaisir, ce qui se retrouve chez peu ou pas d’animaux dits inférieurs. Le travail n’est pas ce qu’il devrait être, une source d’enrichissement et de plaisir, un moyen d’acquérir des connaissances et des compétences dont nous pourrions être légitimement fiers, alors qu’il n’est devenu qu’un outil de survie et qui a de plus en plus de mal à la garantir. Je n’ai jamais exercé de métier, et tous les Dieux savent que j’en ai fait beaucoup, qui ne me procura de joie et quand je me rendais à mon lieu de labeur, je le faisais et le fais toujours le sourire aux lèvres, quel qu’en ait été le salaire que ce travail me procurait. Dès que je m’ennuie je quitte le boulot qui m’harasse pour en trouver un qui me redonne du bonheur. Et si je n’en trouve pas, ce n’est pas grave, des gens et très nombreux mangent encore moins que moi et j’ai la chance de vivre dans un pays où, pour l’instant, le système social permet de ne pas laisser mourir quelqu’un de faim ou d’autres maux. Pour cela il faut être prêt à sacrifier son confort matériel à son bonheur profond, celui qui nous met réellement dans un état intérieur de sérénité et de paix, le seul bonheur que l’argent n’achètera jamais.

 

Pour finir, je voudrai juste revenir sur la « Gloire au Travail » dont je parlais plus haut. Il ne s’agit pas du travail rémunérateur que nous avons tous pour payer nos loyers et charges diverses, il est question ici du travail intérieur que chaque être humain devrait faire pour évoluer positivement au regard de la société qui l’entoure. Sa progression personnelle et sa connaissance de lui-même permettra à cet homme de générer une meilleure compréhension entre les hommes et donc produira la paix et la bonne entente, l’amour et le partage, la tolérance et l’ouverture. Et, sans faire de prosélytisme, cet homme-là, par son aura personnelle, inspirera peut-être d’autres hommes à faire de même. Cette « Gloire au Travail » me parle infiniment plus et je la vénère alors que l’autre… Beurk !

 

Je vous réserve un futur article qui posera la question sur la nécessité du travail, et oui, je me pose la question, le travail, tel qu’il est définit actuellement est-il nécessaire ?

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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