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Habitude, quand tu nous tiens…

Il est difficile de remettre en question nos habitudes, nos us et coutumes comme diraient les gens instruits et cultivés. Nous avons peur de l’inconnu, nous craignons à la fois l’échec et la déception, la perte de nos acquis contre des nouveautés peut-être moins riches ou moins intéressantes. C’est pour cela que nous rejetons les idées nouvelles et repoussons les dangereux aventuriers de l’humanité. Ceci sans parler des gens qui défendent leurs intérêts et leurs convictions contre des agresseurs putatifs qui voudraient leurs prendre leur part du gâteau ou discuter du bien-fondé de leurs opinions…

 

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Quand je n’ai pas le moral je pense souvent que l’homme détruit tout ce qu’il touche. Bien sûr, il crée des tas de jolies choses aussi inutiles que pleines de génie, il est capable de grands actes pleins de bravoure et de générosité, mais malheureusement il gâche souvent la vue globale par ses actions négatives, ses petitesses nauséabondes, ses jalousies mesquines, son égo surdimensionné et sa susceptibilité qui lui est proportionnelle. Bien sûr aussi, rien n’est parfait et l’homme encore moins que le reste, mais bon sang, ne peut-on pas réfléchir un peu avant de juger, d’évaluer, d’aimer ou de haïr, ça n’est pas difficile de se servir de cette boule de matière mystérieuse qui se trouve au-dessus de nos épaules. Pourquoi ces questions et ces digressions sur des états d’âme qui n’ont d’intérêt que pour mon psy, que je ne connais pas encore, mais qui se ferait une joie, s’il existait, de me faire interner chez les « dérangés de notre société », ceux à qui nos règles stupides ne peuvent s’appliquer, ceux qui vivent dans un monde différent du nôtre et qui, de ce fait, sont retirés de notre groupe humain pour être lobotomisés en douceur par notre chimie moderne et destructrice ? Juste pour dire que nos hommes politiques sont les meilleurs représentants de l’immobilisme, du conservatisme le plus stérile qui soit, ils sont les indignes caricatures de ce que nous sommes. Eux ne devraient pas craindre d’innover, de rechercher toujours de meilleures solutions à nos soucis, mais leurs intérêts particuliers ne vont pas dans ce sens, ils vont même en sens inverse à 180°. Leurs égos, surdimensionnés eu égard à leur petitesse intrinsèque, leurs ambitions personnelles, aussi développées que celles des relations qui les nourrissent de leur démarche lobbyiste et manipulatrice, leurs consciences noyées, entre deux eaux aussi troubles qu’elles peuvent l’être de tant de compromissions, tout cela ne va pas dans le sens du changement mais de la stagnation, de la paralysie car tout mouvement pourrait leur faire perdre tous ces avantages qui, bien que discrets voire cachés, pourraient réellement disparaître dans le cas, fortuit, d’une évolution non souhaitée.

 

Pourquoi tant de mots pour décrire, somme toute, une des fonctions premières des êtres humains qui est de protéger leurs prés carrés des velléités de leurs voisins, amis et ennemis. Je souhaitais revenir sur les envolées lyriques chantées comme des louanges  aux Dieux de la croissance retrouvée. Les 0.5 % de croissance qui ont surpris tout le monde, y compris les fabulateurs professionnels qui se retrouvent tous les mercredi chez Culbuto 1er pour boire le café en devisant sur les meilleurs moyens de nous prendre pour ce que nous sommes, des crétins lobotomisés. Mais qu’est-ce que la croissance ? Que représente cette formule magique qui fait que, sans elle, notre société dans son entier est vouée aux gémonies, aux tortures économiques les plus atroces et en particulier aux licenciements à tour de bras. En fait c’est simple, et vous pouvez compter sur mon esprit négatif et révolutionnaire d’opérette pour vous dépeindre le meilleur des scénarios catastrophes. La croissance c’est extraire des matières premières par tous les moyens, en polluant plus dans les pays pauvres que dans les pays riches mais en polluant partout. Fort d’avoir pourri la nature autour des sites de production de ces matières premières, nous continuons les processus industriels, toujours en polluant plus les pays pauvres que les pays riches mais en polluant partout et tout le temps. Les marchandises élaborées sont ensuite vendues pour concrétiser des marges colossales chez nous et rien chez les pauvres qui n’ont que leur pollution à se mettre en bandoulière, de maigres salaires et des maladies conséquences des traitements et autres cochonneries utilisées lors des extractions et transformations des matières premières. Plus nous fabriquons, plus notre PIB augmente ce qui donne à la courbe de notre croissance des allures plus altières que celles que nous connaissions depuis quelques temps. Autrement dit, plus nous polluons, plus nous réduisons des « sous-prolétaires » en esclavage, en les rendant malades en prime, plus nous possédons de téléphones portables, de voitures et d’autres conneries en plastique qui mettront plus de quatre siècles à disparaître dans la nature, plus nous sommes heureux. Je schématise mais on n’est vraiment pas loin de la vérité, de la réalité. Le taux de croissance en clair, mesure la vitesse à laquelle le monde se précipite dans le mur. Plus la croissance est forte, plus nous allons vite, ce qui permettra, sans aucun doute possible, de nous écraser comme de vulgaires mouches contre des vitres qui seront d’autant plus solides que c’est nous qui les aurons fabriquées, posées et fermées.

 

La décroissance est un phénomène qui n’est pas nouveau mais qui commence seulement à faire parler d’elle en des termes qui deviennent de moins en moins anxieux. Les hommes politiques vous disent toujours que la décroissance est le retour à la bougie, l’abandon du confort, de la voiture et du chauffage. Bien entendu, c’est faux. Mais ce mode de pensée étant opposé aux intérêts des productivistes de droite comme de gauche, est vilipendé de part et d’autre, critiqué, moqué, caricaturé à l’excès pour effrayer les masses stupides faites des électeurs lobotomisés que nous sommes.

 

La décroissance c’est autre chose que cela. C’est le retour à des techniques ancestrales de culture, qui produisaient autant que nos agriculteurs chimistes mais sans tuer notre terre nourricière, sans occulter que cette planète n’est pas nôtre mais celle de nos enfants et petits-enfants. C’est une industrialisation qui se rapprochera des êtres au lieu de les prendre que pour des unités de production. C’est permettre une consommation qui corresponde à notre souhait de bien-être et de bien-vivre au lieu du bien-avoir et du bien-mourir. La décroissance c’est une nouvelle répartition du travail et plus de temps pour chacun à consacrer à nos familles, à nos vrais amis, pas ceux de « face de bouc » ni de « twister ». La décroissance c’est remettre l’homme au centre de nos préoccupations en lieu et place des statistiques et des billets de banque.

 

Si nous ne changeons pas nos habitudes, elles vont nous détruire, il ne peut en être autrement. Un monde fini dans toutes ses dimensions ne peut générer une croissance continue et exponentielle ad vitam aeternam, qu’on se le dise… Plus nous attendons moins ce sera facile et plus il sera compliqué de survivre…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

1 Comment

  1. Pangloss Répondre

    La décroissance volontaire et programmée serait un bien. Mais, si nous ne faisons rien, elle nous sera imposée par la réalité de la démographie, de la pollution, du gaspillage des ressources
    naturelles.

    Amicalement.

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