Log In

Internet ? Paradis ou enfer ?

Une fois de plus, on voit, dans tous nos journaux et sur nos écrans plats dernier cri, les images de ce jeune qui s’est donné la mort, suite à une tentative de chantage par un de ses « amis » du net. Ceci permet, une fois de plus, de se poser la question du bien ou du mal produit par le réseau des réseaux.

 

code_civil.jpg

 

Que nous nous posions la question est sain, que des gouvernements se la posent l’est beaucoup moins. Je vous entends d’ici : « et pourquoi, Monsieur je sais tout ? » Il faut comprendre que notre intérêt est bien de réfléchir aux fruits apportés par cet arbre magique qui a autant de racines que d’internautes, à l’inverse les états ont tout lieu d’avoir peur de cette communication débridée, de cette liberté qui peut, parfois, sembler outrancière. Si nous considérons l’évolution du droit, nous pouvons constater que la variation du nombre de nos règlementations comme des lois qui organisent notre société a explosée. Napoléon demanda à quatre légistes de faire ce qui devint notre Code Napoléon, aussi appelé Code Civil.

Ce fut le 14 août 1800 que le Premier consul désigna une commission de quatre éminents juristes : François Denis Tronchet, Félix Julien Jean Bigot de Préameneu, Jean-Étienne-Marie Portalis et Jacques de Maleville pour rédiger le projet de « Code civil des Français », sous la direction de Cambacérès. La légende veut que Bonaparte donna trois mois pour réaliser ce Code. En fait, il fût promulgué le 21 mars 1804 et fût suivi dans les années qui suivirent d’autres codifications de procédure comme du commerce. C’était le début de la législation normalisatrice dont l’inflation monumentale du XXème siècle nous fît connaître une diminution de nos libertés par des encadrements de plus en plus précis. C’est maintenant des dizaines de milliers de pages, qui contiennent encore plus de lois, qui régissent nos vies et attendent de nous que les respections au nom de la stabilité de nos sociétés.

 

Si je suis partisan de règles qui établissent les rapports entre les êtres, je n’aime pas pour autant le côté tristement liberticide de la prolifération de lois pour le moindre détail de nos vies respectives. Bien entendu, je suis opposé aux admirateurs de la liberté à outrance, où seuls les forts pourront survivre et se développer. Les Romney, Sarkozy, Bush, Merkel ne sont finalement, à des degrés divers, que des libéraux sur le papier et dans leurs comportements économiques parce qu’ils sont aussi ceux qui régulent ou veulent réguler le plus. Comment peut-on imaginer des libéraux, à la limite du libertaire pour certains d’entre eux, établir des lois de façon régulière pour ne pas dire quotidienne ? C’est là que cela devient intéressant, ils veulent une liberté économique pour défendre les groupes sociaux auxquels ils appartiennent mais ne veulent pas d’une liberté sans contrôle, contrôle par ailleurs qu’ils ne veulent partager avec nul autre que ceux de leurs castes. C’est en cela que avons vu une réelle montagne de textes apparaître dans les dizaines de Codes qui font de nos vies un champ de liberté de plus en plus réduit. Code Civil, Code Pénal, Code du Commerce, Code de la Route, Code des Impôts, Codes des Banques, Code de la Santé, j’en passe et des meilleurs… Si nul n’est censé ignorer la loi, il a plutôt intérêt à avoir une bonne mémoire. Même les avocats sont obligés de se spécialiser pour pouvoir gagner en efficacité et en efficience. Il y a même des gens qui sont spécialisés dans la recherche des failles générées par des lois qui se contredisent ou s’opposent.

 

C’est pour cette raison que Internet n’est pas le bienvenu pour nos hommes politiques s’il est offert à chacun sans limite. Cet espace en est un plein de cette liberté, que les règles que ces gens nous créent en essayant de diminuer jusqu’à la portion congrue une liberté qui n’est accordée qu’à eux. Le problème n’est pas les lois, mais ceux qui les font et qui ne représentent absolument pas le peuple pour cette fonction. Comment un fonctionnaire, un énarque, peut-il avoir le même point de vue qu’un ouvrier, qu’un artisan, qu’un chef de petite entreprise ? Leurs intérêts ne sont pas identiques et très souvent même divergents. Après avoir vu les résultats de l’expansion diaboliquement rapide de cette toile d’araignée, les souhaits de nos dirigeants vont dans le sens de la limite des libertés conquises par les utilisateurs de ce nouveau mode de communication presque gratuite.

 

Alors, il est vrai que le décès de jeune homme est plus que regrettable, il est même odieux à la vue des raisons qui l’ont motivé. Mais ne laissons pas nos politichiens en tirer parti pour nous retirer une liberté qui n’est que ce qu’on en fait. La preuve de l’inutilité des combats contre cette liberté en est faite par nos législateurs tous les jours. Il n’y a jamais eu autant de lois, de règlementations, locales, nationales, internationales, et, malgré tout ce fatras d’interdictions auxquelles s’additionnent les sanctions encourues pour les avoir transgressées, la sécurité ne règne pas dans nos pays soi-disant développés et encore moins dans ceux qui ne le sont pas et qui ne le seront jamais par la volonté des premiers.

 

La liberté demande maturité, intelligence et au moins réflexion. La liberté nous appartient, elle n’est pas un don de quiconque, elle est un droit inaliénable et naturel qui nait avec la naissance de chaque être humain, sans différenciation de sa localisation, de sa couleur, de sa culture, de sa religion, elle est un Droit qui ne se discute pas, qui ne se partage pas. Elle est. En revanche, elle ne pourra survivre que si nos libertés respectives respectent les libertés communes et celles de chacun de nos frères humains.

 

A nous de faire que les excès des uns ne retirent pas les libertés des autres, qui sont immensément majoritaires, ne l’oublions pas.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com