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J’ai dit « misère » et le président est apparu…

La question que se pose un bloggeur que j’apprécie pour ses traits d’humour est excellente et je vous convie à la lire (voir l’article). Pour ma part, des éléments de réflexion pourront, à défaut de donner des explications plausibles, initier un itinéraire de recherche pouvant mener à un semblant de réponse, un peu comme le feraient nos hommes politiques mais sans langue de bois et avec beaucoup plus de finesse et d’intelligence (normal, je suis encore sain, je n’ai pas fait l’éna).

 

img01.jpgEn fait la question est : « est-ce vraiment leur boulot ? » Elle se pose suite à la constatation constante que nous pouvons faire sur nos hommes politiques, voire nos têtes couronnées qui sont plus promptes à dégainer leurs larmes qu’à résoudre nos problèmes. Vous les voyez se ruer sur tous les accidents et autres catastrophes en tout genre pour pleurer en chœur avec les parents et amis des victimes. Il est évident que la compassion est chose positive et naturelle chez des personnes ayant un minimum de cœur et de sensibilité, mais nos dirigeants nous prouvent tous les jours qu’ils n’en ont pas alors pourquoi vont-ils jouer les crocodiles devant les caméras et cracher leur venin dans les micros ? Là est la question…

 

On se doute tous de la réponse de base mais peut-on imaginer une réflexion un peu plus pertinente ? Pangloss était le professeur de métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie, précepteur de Candide et de Cunégonde dans Candide de Voltaire, mais c’est aussi le pseudonyme de l’auteur de l’article ci-dessus cité, lui pense que leur manifestation d’empathie justifie leur conduite, il est taquin lui aussi.

 

Qu’est-ce que l’empathie : Wikipédia nous dit…

 

L’empathie (du grec ancien ἐν, dans, à l’intérieur et πάθoς, souffrance, ce qui est éprouvé) est une notion complexe désignant le mécanisme par lequel un individu (un animal dans le domaine de l’éthologie) peut « comprendre » les sentiments et les émotions d’un autre individu voire, dans un sens plus général, ses états mentaux non-émotionnels, comme ses croyances (il est alors plus spécifiquement question d’« empathie cognitive »).

Dans l’étude des relations interindividuelles, l’empathie est différente de la sympathie, de la compassion ou de la contagion émotionnelle (la notion d’empathie n’impliquant pas en elle-même l’idée du partage des mêmes sentiments et émotions, ni d’une position particulière vis-à-vis de ces derniers).

 

Si on reprend ce que dit Pangloss « manifestation d’empathie », on peut comprendre que la chose manifestée ne soit pas obligatoirement partagée, la manifestation d’une attitude ne signifie pas que nous pensons et ressentons ce que nous manifestons, cela peut être un jeu, un rôle que nous interprétons. Là nous avons un double problème, si l’empathie montre notre compréhension des sentiments ou des émotions d’autres que nous mais sans partage de ces émotions et de ces sentiments comme Wikipédia nous le dit. Et si cette manifestation, qui sous-entend que nous montrons ou faisons quelque chose pour que ce soit vu mais certainement pas pour afficher des émotions ou sentiments réels, cela sous-entend encore que nos hommes politiques n’en ont vraiment rien à f… aire. Sacré Pangloss, taquin, je vous le disais…

 

Donc, non seulement ils ne partagent pas les émotions et les sentiments mais en plus ils font juste cela pour manifester des bonnes intentions qui ne sont pas les leurs mais seulement celles qu’on attend d’eux ou plutôt qu’ils croient que nous attendons d’eux. En clair, ils se moquent de nous tous, des victimes, de leurs parents et amis, ainsi que de tous les témoins par voie de presse interposée. Ils nous jouent des personnages fictifs qui n’ont rien de commun avec eux-mêmes.

 

Pourquoi ?

N’oublions pas que nous vivons dans une société où tout est plus ou moins vu dans l’instant où les évènements se réalisent. Nous absorbons toutes les informations qui nous tombent dessus en quasi direct. Eux, nos gouvernants et hommes politiques, le savent et en jouent alors que nous, nous consommons ces informations sans réfléchir, à la volée, au rythme où elles arrivent. Un des traits caractéristiques de notre société de consommation bâtie sur « l’avoir » plutôt que sur « l’être » est que nous jugeons vite sur ce que nous voyons, les apparences nous sont suffisantes pour établir des opinions indestructibles. C’est vrai pour tout, depuis la belle voiture jusqu’aux fausses émotions. Et c’est là que le bât blesse, ce qu’ils recherchent, ces voyous qui nous gouvernent, c’est juste la création dans nos mémoires de souvenirs de leurs gestes généreux, et comme les catastrophes ne manquent pas, ces souvenirs opèrent chez nous comme la vue d’une image subliminale. La répétition de ces souvenirs positifs créent dans nos mémoires des personnages qui s’éloignent de plus en plus des êtres qui les interprètent. On se forge, sans le vouloir, de bonnes opinions de gens qui passent leur temps à se moquer de nous. Sinon comment pourriez-vous expliquer ces électeurs qui continuent de donner leurs voix à Sarkozy et son gang, ou à Hollande et ses gredins, etc…

 

Donc, la réponse est : non, ce n’est pas leur boulot… Mais c’est un de leurs outils de manipulation…

 

Nous vivons dans une société, que nous avons créée de toutes pièces, virtuelle où tout est factice, trafiqué, manipulé et exploité pour nous changer en moutons que nous sommes devenus sans rechigner. Tout cela est du cinéma, mal joué pas même de série C, les effets spéciaux sont fabuleux mais les acteurs médiocres par leur qualité de jeu comme par leurs intentions réelles.

 

Bien sur que tous ces épanchements, toutes ces larmes, ces fausses colères, ne sont que des boniments supplémentaires pour afficher des émotions que ces gens ne peuvent avoir, ils ne sont plus humains, ils sont incapables de sentiments tout simplement parce que nous ne sommes pour eux que des chiffres qui leur donnent les moyens d’assouvir leur désir de puissance.

 

N’est-ce pas triste de ne plus rien ressentir pour ses congénères ? Oui, évidemment, mais quand on a oublié ce que ça fait… On n’y pense plus… Alors, où est le problème ?

 

Haroun.

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