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Justement on en parlait…

Au moment où mon éditorial paraissait lundi dernier, se promenait en Egypte notre nouveau ministre des affaires étrangères… Quel heureux hasard !

 

Comme je le disais précédemment, nos voyageurs de commerce cherchent à rétablir des relations « normales » avec les pays que nous avons quelque peu négligés durant l’expression de leur désir de liberté…

Donc, notre ministre diplomate en chef, est passé et a foulé le sol de la place Tahrir. Riche en symbole, cette marche n’efface pas le souvenir d’un soutien malingre voire anémié durant les évènements en question.

 

Maintenant, quelle est la question ? Pourquoi est-il venu ? On ne sait jamais, après la reprise du tourisme, peut-être pourrons-nous vendre quelques Airbus ? Des mirages ou quelques grenades lacrymogènes pour les jours de fête ? Il faudra jouer intelligemment pour compenser le retard mis au démarrage, faire des financements encore plus favorables ou des conditions spéciales…

 

Mais la leçon a porté ses fruits, fort de la mauvaise expérience de la Tunisie et de l’Egypte, notre chef d’état a pris la main pour la Lybie. Riche de pétrole de la meilleure qualité et de contrats d’armement d’une valeur de quatre milliards de dollars annuels attribués jusqu’à maintenant à la Russie, la Lybie mérite l’attention de notre diplomatie au plus haut niveau.

C’est affligeant de constater que notre politique s’apparente à un spectacle de plus en plus grand guignolesque.

 

Il fût un temps un général démissionna de la fonction présidentielle parce que le résultat d’un référendum n’allait pas dans le sens de sa politique. Maintenant, un élu, victime d’une inéligibilité temporaire dans un passé récent, représente la France sans aucune gêne. Un président est prêt à guerroyer et reconnait un groupe de contestataires comme représentant d’un état pour prendre le pas sur ses compétiteurs commerciaux et ses concurrents aux élections à venir. Comme les temps changent… C’est de ça, peut-être, que les jeunes veulent se débarrasser. Cette république spectacle, où la pudeur et l’honneur n’existent plus, est-elle celle que nous méritons ? Hélas oui ! Nous méritons ce qui nous arrive…

 

Je sais, pudeur, honneur, sont des mots surannés, dépassés, condamnés aux oubliettes de nos mémoires défectueuses. Notre volonté de vivre « heureux » par la soumission à la société de consommation que nous avons bâtie, nous a ôté le respect de nous-mêmes qui a été remplacé par un hyper-égocentrisme, un individualisme outranciers.

 

Bien sur, déclarer la guerre à un état ou bafouer le droit international, se justifient par la volonté de reconnaître la « croissance » qui nous manque pour retourner au beau fixe économique que nous connaissions avant la crise financière. Mais cette facilité à dire des choses malsaines, qui vont à l’inverse de nos principes d’état de droit, démocrate et libéral, ce langage nauséabond ne reposant que sur des réalités économiques en faisant fi des réalités humaines, cette langue fourchue attire les voix, celles des cris de nos futures victimes et celles de nos électeurs lobotomisés.

 

Quand reviendrons-nous à des raisonnements plus proches des hommes, soucieux du respect de l’autre, respectueux de ses différences, épris d’un esprit de justice plus que des intérêts particuliers ? Cela ne dépend que de nous et cela quel que soit nos opinions politiques ou autres, n’acceptons plus d’être représentés par des gens qui ne représentent qu’eux-mêmes et qui spolient la République.

 

En conclusion, cela ne changera jamais parce que nous ne le souhaitons pas. Dommage, parce qu’un candidat prêt à jouer le jeu de l’honnêteté pourrait peut-être séduire ? Au lieu de cela, nous voyons une surenchère stérile qui nous mène vers des extrêmes ô combien dangereuses…

 

Haroun (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) lundi 14 mars 2011

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