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L’école des analphabètes…

Avez-vous remarqué à quel point notre vocabulaire devient pauvre pour ne pas dire indigent ? Ce n’est pas un hasard si nous devenons de plus en plus limité dans l’expression de nos idées, si tant est qu’on en ait, de moins en moins éloquent dans la description de nos émotions. Cela correspond au niveau de connaissance de notre propre langage, croyez-vous que l’école soit le meilleur système pour la développer ?

 

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Ma réponse est non, vous vous en doutiez non ? L’école est la fabrique de nos opinions, ou plutôt, des opinions que les partis politiques, qui se succèdent au pouvoir, ont définitivement choisi pour nous d’abord et nos enfants ensuite. Pourtant Boileau, dans son chant premier de « L’Art Poétique » a écrit, « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ». Le problème de l’école n’est pas de nous donner des mots pour exprimer nos désirs, nos idées, nos répréhensions, nos émotions ou nos sentiments mais bien de formater, de graver une méthodologie manipulatrice dans nos mémoires afin de jamais nous voir remettre en cause ; en premier lieu sa suprématie en matière d’enseignement et en second et dernier point, le respect de l’état et de son gouvernement ainsi que des préceptes qu’il a bien voulu nous inculquer. L’école c’est cela, une fabrique d’enfants qui ne savent plus penser par eux-mêmes, mais qui sont des petits génies des mathématiques, ou encore des analphabètes qui arrivent à obtenir le baccalauréat sans savoir ni lire ni écrire. Qui maîtrise l’école dirige les consciences, on peut d’ailleurs comprendre cette sentence pleinement en nous remémorant que les ecclésiastiques en ont détenu le monopole durant de longs siècles et qu’il fallut attendre Jules Ferry pour que l’endoctrinement ne touchent plus seulement les nantis mais aussi les classes inférieures. La démocratisation de l’école a été le détournement de sa vraie mission, celle de donner aux enfants, l’envie d’apprendre, chacun à leur manière et à leur rythme, et surtout l’art d’apprendre à apprendre.

 

Ne croyez pas que je sois contre l’école, point du tout. En revanche je suis contre NOTRE école, cette façon de domestiquer nos enfants et de les appauvrir de leur vraie et profonde personnalité, au profit d’une uniformisation robotisée et bien pensante, pour ne pas dire politiquement correcte. Jules Ferry s’est trompé de mission, il ne s’agissait pas de donner l’école gratuite pour tous, il s’agissait tout d’abord d’en définir la vocation et ensuite de l’obliger à respecter l’identité de ses élèves tout en leur assurant la possibilité de la garder et de la développer. C’est seulement si nous atteignons ces deux objectifs qu’il faut la rendre gratuite et générale. Une population n’est riche que de ses différences, si tous les êtres étaient des génies ou des imbéciles rien ne pourrait fonctionner. En revanche si une élite, choisie par ceux qui en ont le pouvoir, peut accaparer tous les outils susceptibles de l’autoriser justement à le garder et à le maintenir à tout jamais entre les mains des membres de cette caste de champions, il ne reste plus qu’à instruire ceux qui n’en sont pas parties intégrantes de façon à les lobotomiser pour que tout fonctionne à merveille. Un conseil, mes frères humains, adhérer à cette classe supérieure avant que vos enfants ne deviennent les bœufs de la république. Le souci est que ce n’est pas un club où nous devons signer une demande d’adhésion et payer nos cotisations. Eh non ! Ce serait trop facile et tellement plus démocratique n’est-ce pas ?

 

Comment rentre -t-on dans les rangs des élus qui ont droit au savoir et à la manipulation de ses congénères ? Bonne question, la première réponse qui me vient à l’esprit est qu’il faut être plutôt fortuné. La deuxième sera de montrer, de façon claire et déterminée son allégeance au système existant et de jurer de ne jamais vouloir le détruire. La troisième repose sur le serment de ne partager ce secret avec aucun des êtres qui ne seraient pas élu lui-même, ce qui serait renforcé par une cooptation obligatoire dans le choix de ces fameux élus. La boucle est bouclée et tout peut rester figé pour l’éternité si les lobotomisés préfèrent la résignation à la recherche personnelle et libre de leur propre bonheur.

 

C’est un peu ce qui se passe, non ?

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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