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l’Islam, une religion qui fait peur… (1)

Sans entrer dans les détails de ma conversion du Catholicisme à l’Islam, qui sont de mon domaine privé, sachez, comme je l’ai dit à maintes reprises, que je suis musulman. Il m’est toujours apparu que l’expérience personnelle permettait une meilleure analyse, que la vue de l’intérieure autorisait une connaissance qui ne pouvait être que partielle si nous nous cantonnions à regarder et à juger de l’extérieur. Sans se croire obligé de se convertir à toutes les religions successivement pour en connaître tous les préceptes, je vous livre ici, mon point de vue qui n’est que mien et que je partage !

 

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Pour commencer certaines mises en garde sont nécessaires. Un fait est patent, la foi et la religion sont deux choses différentes. S’il est nécessaire d’avoir la foi pour adhérer à une religion, quelle qu’elle soit, elle n’est pas obligatoire. Certaines personnes adoptent une position religieuse par conformisme, par peur ou par intérêt, chacun a ses propres raisons et elles sont donc aussi nombreuses que les êtres humains de notre planète partant d’un athéisme total à une dévotion exacerbée. Je veux simplement dire que la foi n’implique pas la religion, et, par réciprocité, la religion ne justifie pas la foi. En conclusion, on peut avoir la foi sans être religieux et être religieux sans avoir de foi. La foi étant fondée sur la conviction de la présence d’un (ou plusieurs) Dieu(x) omnipotent(s), quel que soit le nom que nous lui donnons, qui serait responsable, d’une manière comme d’une autre, de la création de l’univers et du bazar que nous pouvons y mettre, cette foi est une relation directe établie entre la (ou les) divinité(s) et le porteur de celle-ci. Il n’est donc pas utile de se commettre vis-à-vis d’une quelconque religion pour échanger avec la divinité choisie. La connexion est sans intermédiaire et donc sans interférence ni interprétation.

 

Autre point d’importance, les religions ne sont pas établies par Dieu mais bien créées de toutes pièces par les hommes. On le voit par exemple avec l’église catholique où la structure politique et économique est aussi présente que dans les états nations qui couvrent les terres immergées de notre terre. Sachant que les religions sont les fruits des hommes, la perfection n’étant pas notre propre, vous imaginez bien qu’on retrouve dans ces religions organisées les mêmes travers que dans toute organisation humaine, avec ses bien faits et ses turpitudes.

 

Une dernière réflexion s’impose, elle est relative à la nature du Dieu auquel nous croyons, si nous y croyons bien évidemment. Pour les non croyants, l’argument de base est qu’un Dieu, bon et généreux, ne tolérerait pas le cirque que les hommes ont généré en lieu et place du paradis qu’il nous aurait fabriqué. Comment Dieu accepterait-il de voir des gens se faire massacrer, d’entendre les gémissements d’enfants affamés, sans rien faire, sans intervenir. La réponse des croyants est simple, Dieu est amour. Quel est le premier don que vous devez faire à l’être aimé ? C’est la liberté. Y compris celle de vous renier, de vous oublier, de vous insulter, de vous trahir, cette liberté est aussi grande que l’amour qui nous est donné, elle est totale. Dieu ne se préoccupe pas de nos vies actuelles, matérielles et viles, il ne songe qu’à l’emploi qu’on en fait. C’est là la richesse des gens de foi, ils ont un espoir pour l’après vie. C’est donc la manière de dépenser notre temps et notre vie qui importe pour pouvoir ensuite profiter des autres dons que Dieu nous réserve. La différence majeure entre les croyants et ceux qui ne le sont pas, c’est l’existence d’une suite, quelle que soit la forme qu’on lui donne, paradis, enfer, réincarnation, karma, etc.

 

L’Islam, dernière née des religions monothéistes

A partir de 610 de notre ère, Mahomet reçut, par l’entremise de l’ange Gabriel, des messages d’Allah qui devinrent ensuite dans leur assemblage le Coran. Quelques compagnons le rejoignirent mais sous la pression et les exactions des commerçants de La Mecque, Mahomet et ses amis furent contraints au départ. Au lieu de Taïf, oasis proche de La Mecque, c’est vers Yathrib (la future « Médine »), que le pacte d’Aqaba, signé entre les habitants de cette ville et le Prophète, que le groupe se déplace. Le départ se fait le 16 juillet 622 selon le calendrier Julien et le 19 juillet 622 selon notre calendrier Grégorien. C’est le jour de l’hégire, qui veut dire rupture. C’est aussi le point de départ de la religion musulmane. Ce n’est pas pour vous montrer ma culture que je vous écrit cela, c’est juste pour vous donner la date de début de l’Islam. C’est d’autant plus important que le Catholicisme semble avoir relativement inspiré l’Islam dans sa formation comme dans son développement. Ces 622 ans d’écart mettent aujourd’hui l’Islam dans la même situation que l’église catholique au Moyen Age chez nous, 1381 exactement. Si nous nous replaçons dans le contexte de l’époque, les chrétiens, après s’être massacrés joyeusement entre sectes dès le début de notre ère, jetèrent leur hargne sur tous les incroyants et entreprirent soit de les convertir de force soit de les éliminer purement et simplement. Preuve de leur charité et de leur amour du prochain sans doute… L’inquisition qui prit différentes formes s’en donna à cœur joie et massacra à tour de bras, brûla sans compter les pseudo hérétiques qui prônaient d’autres fois ou voulaient corriger l’église elle-même. Il y eut bien une période de rémission entre la signature de l’édit de Nantes par Henri IV en 1598 et sa révocation par étapes, en 1629 et 1685, la première par Louis XIII étant réservée aux clauses militaires et la seconde totale, par Louis XIV en signant l’édit de Fontainebleau. L’expansion de la religion catholique se fit donc par la force et par l’invasion et la conversion forcée de bon nombre de « sauvages » de par le monde et ne cessa finalement qu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

 

Tenez-vous bien, c’est ce que va faire l’Islam durant les prochains siècles, cette religion va effectivement littéralement explosée, sans vilain jeu de mots, et croître de façon exponentielle par la conversion volontaire ou forcée. Nous serions tentés de poser la question qui fâche, qui sommes-nous pour interdire aux musulmans de se développer comme nous l’avons fait ? Bien évidemment, c’est un problème de méthode, si nous supportions jadis les massacres et les bûchers, il en est un peu différemment maintenant, quoique… n’oublions pas que le siècle le plus barbare de tous les temps connus fut le XXème siècle… durant lequel nous avons assassiné, tout confondu, plus de gens que l’ensemble des guerres ayant eu lieu depuis la naissance de notre civilisation.

 

La suite à demain, si vous le voulez bien…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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