Log In

L’ordre donne dés…ordres

Défaut de confraternité, est-ce que vous savez ce que cela signifie ? Vous avez de la chance si vous le saviez, moi je me doutais bien un peu mais le vrai sens de cette petite expression anodine est ni plus ni moins que la preuve, s’il en était besoin, du rattachement du conseil de l’ordre des médecins au serment d’hypocrites plutôt qu’à celui usuellement fait à Hippocrate. Quand je vous dis que toutes les moindres parties de notre société partent en quenouille, pas étonnant que la belle au bois dormant en ait dormi pendant cent ans. Même les médecins, eux les bénéficiaires de la confiance de l’entière population, n’arrivent pas à respecter leur engagement…

 

sourcesInfo info1

 

Vous devez vous dire que je déraille, que ma colère perpétuelle m’a fait perdre la tête, mais non. L’institution qui dirige, ou plutôt manipule, les docteurs en médecine, est un agrégat de corrompus aussi. Eux ce n’est pas les sièges de nos assemblées qu’ils guettent, quoique nous avons de plus en plus de toubibs qui font de la politique, pas fous les gars, ce sont les avantages que fournissent les laboratoires, les compagnies pharmaceutiques, les chimistes en tout genre. Les voyages d’étude aux Seychelles, les weekends en Relais et Châteaux, enfin tout ce qu’il faut pour se garantir de bons et loyaux serviteurs pour ne pas dire esclaves, qui confondent leur honneur avec leur porte-monnaie. Venons-en au fait, de quoi s’agit-il ? Vous souvenez-vous de l’automne 2012, un livre paru, écrit par deux porteurs de blouses blanches, Bernard Debré et Philippe Even, ils avaient cosigné le « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux ». Dans ce bouquin, ils s’en prenaient vivement aux allergologues en particulier, accusés de charlatanisme, et aux laboratoires en général. De plus, ils remettaient en cause les qualités attribuées aux statines faites plus pour enrichir les labos que pour soigner les patients. A la suite de cette parution les allergologues et d’autres médecins, soutenus voire incités dans leur démarche par les laboratoires incriminés, portèrent l’affaire devant le conseil de l’ordre, antichambre des affairistes déguisés en docteur Knock. La sentence est tombée après l’audience du 21 janvier qui ressemblait à un soir de première d’une star internationale. Ces deux écrivains tapageurs, médecins de surcroit, sont accusés de non confraternité et sont sanctionnés d’une interdiction d’exercer leur métier durant un an dont six mois avec sursis.

 

Décidément, il ne fait pas bon de s’opposer aux grandes entreprises défendues par des pleutres corrompus déguisés en clown cravatés. Le conseil de l’ordre n’est finalement que le mur des lamentations des laboratoires qui auraient à se plaindre des retours de morale de certains de leurs anciens collaborateurs, dans tous les sens du terme. Si nous prenons l’affaire dans l’ordre nous pouvons constater que c’est à la retraite pour l’un et à quelques mois de celle-ci pour l’autre, que ces deux compères ont décidé d’avoir un sursaut d’éthique et se sont souvenus d’Hippocrate et de son serment. Ils auraient pu le faire avant, je ne crois pas que, soudain, un éclair jaillit du ciel et leur donne la compréhension du fonctionnement de la médecine en France. Non, ils ont protégé leurs intérêts durant leurs carrières et maintenant, peut-être pris d’un remord qui leur étreint le cœur, ils s’abandonnent aux joies de la bonne conscience. Ils découvrent que beaucoup de médicaments sont au mieux inutiles, au pire dangereux, mais que, au nom de la défense de l’emploi et des bénéfices, il ne fallait rien dire avant et tout dire maintenant. En fait, je les taxe sans ambages d’opportunisme et leur livre n’est qu’une parodie de critique car les méfaits sont encore plus importants qu’ils ont bien voulu le dire. En revanche, je trouve qu’il était nécessaire qu’ils l’écrivent, au moins pour montrer aux patients que leurs médecins sont des hommes aussi et qu’ils n’ont pas à être sacralisés ou adulés comme ils le furent et le sont encore. Ils ont bien fait aussi de montrer, par leur condamnation que, dans ce monde là-aussi, la corruption est de mise et que tout est bon pour gagner de l’argent. C’en est fatigant de répéter toujours les mêmes choses mais c’est la triste vérité.

 

Dans notre pays, haut lieu des prescriptions inutiles mais ô combien intéressantes pour les distributions de dividendes aux actionnaires des groupes pharmaceutiques, beaucoup de gens sont malades d’être trop bien soignés, ils sont gavés de potions magiques qui ne font d’effet que dans les carnets de commandes des pharmaciens qui, thuriféraires des médecins, distribuent leurs médicaments sans ordonnance, comme avec sous le manteau, dans leur seul intérêt et sans aucun scrupule sur les conséquences que devront supporter leurs clients. Ces épiciers du médicament, que les épiciers me pardonnent ils ne méritent pas cette comparaison, ne font qu’encaisser les profits du crime que les médecins commettent avec leur appui et leur complicité active sous les auspices des laboratoires qui s’engraissent de nos souffrances. Quand on voit les troubles occasionnés par le talc Morange en son temps, les problèmes du groupe Servier avec ses coupe-faim qui n’en sont pas, et plus si affinité, on est en droit de douter de la qualité de nos fournisseurs de produits pharmaceutiques. Nous sommes le pays le plus fort consommateur d’anxiolytiques, nous avons un taux de dépression nerveuse qui fait hurler de rire nos psys, tellement ils se gavent de nos chocs émotionnels qu’ils ne font qu’entretenir par des remèdes lobotomisants. Il y a de quoi paniquer.

 

A côté de cela, si vous trouvez une molécule qui gêne les labos bien en place, vous ne pourrez jamais la mettre en oeuvre, c’est comme cela que beaucoup de chercheurs en pharmacologie se sont retrouvés au Canada ou aux USA. La mainmise des industriels sur nos santés, sur les médecins et sur les gouvernements successifs ne présagent rien de bon pour nous tous…

 

Pendant ce temps-là, les herboristes se sont faits massacrés à coup de réglementation qui les obligeait à fermer depuis les années qui précédèrent la dernière guerre jusqu’à nos jours où ils semblent renaître de leurs cendres. Avant d’avaler des pilules pour un oui ou pour un non, aller voir un herboriste et il vous soulagera peut-être. A défaut de vous soulager, au moins il ne vous fera pas de mal ni ne vous laissera de séquelles suite à votre traitement.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

2 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com