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« LA » chronique du weekend (17)

Samedi avait lieu la commémoration de la révolte (de 1959) des Tibétains contre les Chinois envahisseurs de leur pays et annihilateurs de leur spiritualité au profit d’une croyance indéfectible au Dieu « communisme » dont le prophète Mao était le chantre ô combien efficace. Dans le même ordre les Indiens d’Equateur entament une marche de 700 km pour manifester contre une vingtaine de projets miniers colossaux. La planète, d’un bout à l’autre va bien… Merci…

 

tibet33.jpgQuand la Chine envahit le Tibet, les Tibétains ne doutèrent à aucun moment que leur religion allait pâtir de celle plus politique dénommée communisme. En effet, toute foi est interdite dans la volonté de la collectivisation de tout et de tous, Dieu devient un concurrent difficile à combattre parce qu’immatériel mais néanmoins très influent voire même omnipotent vis-à-vis de ses adeptes. La mise sous tutelle de l’individu par la masse qui, en fait n’est que la somme des individus en question, est organisée au final contre l’autonomie, contre la pensée personnelle au profit de la réflexion globale du groupe. Petit problème, comment peut-on organiser cette réflexion globalisée ? Par l’entremise du parti qui devient la tête pensante du groupe et qui n’accepte aucune discussion sur ses décisions puisqu’il représente tout le groupe en question. Le parti, dont les membres élisent les dignitaires, devient donc l’unique source d’idées et de projets qui, bien entendu, doivent répondre aux exigences de la ligne politique définit par qui ? Le parti bien sur. La boucle est bouclée. Il suffit de tenir d’une quelconque façon les membres du parti pour garder à la fois le pouvoir mais aussi les idées… Quelle différence me direz-vous avec les religions ? Aucune, la démocratie n’existe pas plus dans le communisme que dans n’importe laquelle des religions qui nous assènent en permanence leurs dictats.

Quand nous voyons le Dalaï Lama se rendre chez tous les présidents des états dits démocratiques pour défendre son pays et sa religion, il commet un acte politique et ce n’est pas sa vocation, il n’est pas élu, si ce n’est par Dieu… Pour ceux qui y croient, et encore faut-il que ce soit le même que celui dont il reçoit le pouvoir… Donc il tire justement son pouvoir d’une manière qui ne peut lui donner du crédit que si on est l’un de ses adeptes. Comment peut-on lui accorder un crédit quel qu’il soit s’il ne représente que les croyants en la foi qu’il cristallise en sa déité et qui fait de lui l’avatar de son Dieu ?

Avez-vous remarqué comment notre siècle naissant voit tous nos religieux, quelles que soient leurs obédiences ou les divinités et prophètes qu’ils représentent, essayer de prendre un ascendant politique sur le monde qui les entoure et non plus uniquement leurs fidèles. Quand André Malraux disait le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas, il n’avait pas vraiment tort.

 

Que font nos hommes politiques face à cela ? Ils emboitent le pas à ces religieux et nous demandent de croire en eux comme on croirait en un Messie. C’est comme cela que nous voyons tous nos députés de droite voter comme un seul homme toutes les lois de leur Dieu au pouvoir et ceux de gauche faire de même quand ils arrivent à ravir à leurs ennemis ce même pouvoir qui les attire comme le miel les mouches. Ceci veut dire que nos députés n’ont aucune analyse personnelle, ils adhèrent aux décisions divines ou de leur parti de la même façon.

C’est ce qu’on appelle de la démon-cratie…

 

Je parlais des Indiens d’Equateur qui ne veulent pas que leur président socialiste se mette à faire ses petites affaires de façon néolibérale… Avec qui d’après vous ? Avec les USA bien sur… Mais aussi les Chinois qui s’intéressent beaucoup au cuivre… Les projets miniers en question vont ruiner toute l’écologie locale. Les Indiens, qui représentent un tiers de la population équatorienne, souhaitent que l’on respecte leurs terres et qu’on ne la livre pas stupidement aux mauvais calculs des multinationales américaines et chinoises qui ne visent, comme à l’accoutumée, que leurs propres profits. Grâce à une main d’œuvre bon marché, des conditions d’extraction facilitées par le manque de réglementation environnementale et la corruption massive qui permettra d’augmenter les économies d’échelle de la production contre quelques bribes tirées des monceaux d’argent qu’ils vont piller dans le sol de ce pauvre pays, nos businessmen sino-américains vont se gorger.

Comme il est simple de spolier les pauvres, il suffit d’acheter quelques membres bien placés du gouvernement et le tour est joué, un peu comme chez nous quand nous voyons les soutiens marqués de notre président aux grands groupes financiers et industriels.

 

En fait, notre petite terre est le terrain de jeu de ces braves gens, le jeu s’appelle « Monopoly » et pendant que nous incarnons les pions qui courent de case en case eux encaissent les sous.

Pardon Messieurs… Puis-je jeter les dés s’il vous plait ? Non, pas sur l’aire de jeu… Dans la poubelle…

 

Haroun.

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