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« LA » chronique du weekend (42)

Comme chaque dimanche, j’ai l’embarras du choix parmi les thèmes, ô combien nombreux et avariés, proposés par nos édiles et voyous de la République. C’en est trop, cela devient difficile et me demanderait un travail à plein temps et quand je dis plein temps c’est de 24/24 heures dont je parle, on est loin du temps de travail légal, n’est-ce pas ?

 

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Mais, parfois, je m’imagine en travailleur « détaché », comme ce Portugais, employé d’une société portugaise mort, écrasé par une dalle, sur un chantier français pour non respect des conditions de sécurité. Pour rattraper le retard en question, la société française de construction Spie Batignolles a préféré passer à des cadences infernales plutôt que de payer des pénalités. En faisant travailler ses détachés en équipes entre 6 et 22 heures, en faisant fi des conditions minimales de sécurité, en faisant assumer le décès de cet esclave des temps modernes par la société qui l’emploie et qui est assujettie au droit du travail portugais, beaucoup plus souple quant aux conséquences d’un tel événement, on n’a plus le temps de penser à sauvegarder la peau d’employés que l’on sous-paie, on n’a que le temps de compter ses profits et d’en voir les effets sur les cours de bourse, hein ? Non, je suis pas un travailleur détaché, je ne suis pas un esclave des temps modernes comme dit ci-dessus, tout d’abord parce que je préfère mourir de faim que de devenir l’esclave de quiconque et ensuite parce que j’ai la chance de comprendre comment fonctionne réellement le monde que j’ai accepté, que je n’ai pas fait mais auquel je ne me suis pas opposé avec assez de vigueur, d’abnégation et d’esprit de sacrifice, j’aurais dû, ne serait-ce que pour mes enfants et mes petits-enfants.

 

Je ne vais pas reprendre toutes les turpitudes de nos gouvernants et de ceux qui les précédaient, ce serait long et fastidieux. Ensuite, si je le faisais la conséquence immédiate que j’en tirerais serait soit de me tirer une balle dans la tête soit de devenir un dangereux marginal prêt à tout pour faire valoir ses opinions. Je vous suggère de lire le Canard Enchaîné (je n’en suis pas actionnaire mais sans lecteurs la presse libre mourra) qui vous présentera bien mieux que moi les listes hebdomadaires non exhaustives des exactions des voyous qui nous représentent. Ce type de journal n’existera bientôt plus tant la liberté d’expression tend à se rétrécir par le truchement du politiquement correct et son auto-censure, la peau de chagrin de nos libertés, elle aussi, subira le même sort si nous ne réagissons pas. Ce sont ces journaux qui nous informent des véritables comportements de nos coûteux gangsters manipulateurs de la politique spectacle. C’est à la fois triste et heureux, triste d’avoir à dénoncer des attitudes contraires à l’éthique de gens qui devraient donner l’exemple, heureux car cela prouve que nous pouvons encore parler de liberté de la presse et de l’information. Sans rire, beaucoup d’affaires dénoncées par ce support ont généré des réactions positives des menteurs qui nous dirigent, obligés qu’ils étaient de changer leurs noires façons d’agir pour garder leur influence sur les moutons de Panurge que nous sommes. Que de scandales, que de gaspillages, que d’insanités, que de mensonges, le bain de boue qui nous use le teint au lieu de le rafraîchir est permanent. Lisez et vous verrez bien, cet acte de lecture sera bientôt un acte de résistance, devenez résistant avant la fin de cette guerre sans pitié où se jouent les libertés à venir de nos progénitures.

 

Hier soir, j’ai eu la joie d’entendre un grand ami de Jean-François Copé, je devrais dire un ancien grand ami. Ziad Takieddine est cet intermédiaire au parfum de souffre qui est mêlé aux affaires Karachi, du financement des campagnes de Balladur, celle de Sarkozy via la Libye, des frégates saoudiennes, des allées et venues dans les pays arabes de nos ex ministres du gouvernement du petit nerveux disparu des écrans depuis le 6 mai dernier, et plus si affinité. Cet homme, qui semble abandonné par ses anciens complices, n’a de cesse de vouloir la peau de ceux qui le payèrent ou lui firent gagner quelque argent, des dizaines de millions d’euros tout de même, par ces intermédiations entre eux et des états avec qui ceux-ci voulaient commercer. Il en sait des choses ce garçon, il en sait beaucoup, il en sait trop… Il ne serait pas étonnant de retrouver son corps un de ces jours, dans une poubelle du monde politique avec lequel il est en délicatesse. Si ce monsieur, aussi pourri que ses donneurs d’ordre, possède vraiment les preuves de ce qu’il avance, Sarkozy ira là où il mérite de finir ses jours, soit en prison soit en enfer car ce petit gars a encore le suicide pour fuir ses responsabilités putatives selon son ennemi. 2013 s’annonce mal, on va baigner dans le putride, le nauséabond. Faut-il que nous nous y habituions ?

 

Lorsqu’on parle de dénonciation, le show business ne veut pas rester à la traîne. On voit des artistes se balancer à la figure, que ce soit à cause ou grâce à Depardieu, des gentillesses auxquelles ils ne nous avaient pas préparées. Après Torreton et Deneuve, ne voilà-t-il pas que le producteur Vincent Maraval donne un sacré coup de pied dans la fourmilière. Il accuse les acteurs français d’être trop payés par le cinéma français, lui-même grandement financé par vos impôts via le CNC et autres subventions. C’est d’autant plus gênant que ces mêmes acteurs, selon lui, acceptent de bien plus bas cachets lorsqu’ils tournent pour le cinéma américain. Troublant n’est-ce pas ? Mais, comme d’habitude ce problème de cachet sur le dos des contribuables est l’arbre qui cache la forêt. On nous donne en pâture un petit bout de quelque chose pour nous éviter de réfléchir sur la globalité du souci que nous avons. En fait, le souci en question n’est ni plus ni moins que les écarts outranciers des revenus entre les gens du spectacle, de la politique, du sport et des médias et ceux qui les font vivre, c’est à dire vous et moi.

 

Non, je ne suis pas un collectiviste qui souhaite que tout le monde gagne le même salaire, n’ayez pas peur, le grand soir ce n’est pas pour maintenant, demander à Culbuto 1er, c’est pour plus tard. Cependant, il me paraît tout à fait insupportable de voir des gens gagner des millions en quelques heures de travail ou de coups de pieds dans un ballon, alors que des employés, aux rôles autrement plus nobles pour la société, sont sous-payés et voués à une précarité sans cesse grandissante. Sans compter que ces acteurs, présentateurs, sportifs prennent un plaisir non feint à exercer leurs fonctions et cela se comprend à les voir rire dans leurs bêtisiers stupides qui nous endorment et nous lobotomisent, alors que beaucoup de salariés ne travaillent plus que pour couvrir leurs besoins les plus vitaux et obligatoires. Non seulement ils s’amusent mais en plus ils sont royalement payés. Si en plus, ce sont nos impôts qui les paient cela devient insultant comme dans le cadre du cinéma par exemple.

 

N’allez plus au cinéma, ne regardez la télévision qu’avec la plus grande circonspection, lisez, réfléchissez, parlez à vos voisins, à vos enfants, à vos belles-mères, partagez avec tout ceux qui sont autour de vous, sans gêne et sans limite, ils sont comme vous, des êtres humains avant d’être des consommateurs.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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