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« LA » chronique du weekend (48)

Il y a des semaines comme ça, on a tellement de bonnes nouvelles qu’on a la sensation de ne plus toucher terre, de voler au-dessus, non pas d’un nid de coucou, mais, d’un nid de vipères mortes ou en tout cas bien assommées. Quelles bonnes nouvelles me direz-vous ? Mais, diantre, vous ne savez pas ? Sarkozy, l’ancien locataire à titre précaire de l’Élysée, a été mis en examen, Cahuzac est retourné en Suisse pour y élever du chocolat (personne ne lui a dit que la vache violette n’existait pas)… Et plus si affinité…

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Et oui, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas, ou plutôt se ressemblent trop, mais comme vous le savez depuis longtemps, les extrêmes se rejoignent et toujours aux frais des autres clampins qui les laissent faire. Alors le petit s’est fait épingler par un juge qui n’a pas froid aux yeux et ne s’en laisse pas compter par les mafieux du pouvoir, actuel ou passé. Bien sur, toute la droite, faite d’escrocs comme le ci-devant mis en examen, s’insurge et crie au complot politique. C’est étrange comme ces gens, qui s’opposent en permanence à tous les adeptes de la théorie du complot, se retrouvent vite dans le camp de ceux qu’ils insultent et honnissent en permanence, tout ça pour nous faire croire que la gauche caviar veut empêcher la droite pourrie de refaire surface avec un sous-marin de poche appelé Sarkozy. J’attire votre attention sur le fait que la putrescence de la politique française comme mondiale est générale, que ce soit à gauche comme à droite, en démocratie ou sous dictature, seules les apparences changent, le fond est le même, ils tapent tous dans la caisse et se gavent de nos richesses qu’ils nous pillent. Le pire de tout cela n’est pas que cela arrive, que nenni, le pire demeure dans le fait que nous faisons mine de ne pas savoir, que nous tournons la tête pour ne pas voir, que nous nous résignions à tout supporter pourvu qu’on nous laisse un peu consommer. Le Cahuzac, ancien chirurgien cardiologue recyclé dans l’esthétique, qui est certainement la meilleure façon de faire du « noir » quand on est un peu habile de ses mains, veut nous faire croire aussi que ces vessies pleines de l’urine qu’il nous réservait pour nos douches, sont des lanternes aux rais de lumière ô combien réjouissants et chauds.

 

La corruption, les trafics en tout genre sont les habitudes de fonctionnement de nos édiles et de tous les élus qui tiennent les rênes du pouvoir depuis bien trop longtemps. Un de mes trop rares lecteurs me disait une fois que tous les hommes politiques ne sont pas aussi véreux que je le dis. Il a raison, ils le sont bien plus. En fait, dès qu’un jeune être s’intéresse à la politique, c’est souvent par idéal. Il entre en politique comme d’autres entrent dans les ordres, il choisit son camp, adapte sa façon de penser à celle qui correspond au parti auquel il a adhéré, il l’adopte pleinement et la défend éperdument. Bien sur il éprouve quelques mauvaises impressions à force de devoir épouser un langage commun, des éléments de langage comme on dit, qui ne sont pas les siens. Mais, s’il veut faire passer son message et réussir à hisser haut l’étendard de son groupe, il doit se plier à cette discipline qui n’est ni plus ni moins qu’une lobotomisation de plus. Si, de plus, s’ajoute une volonté de percer et de jouer un rôle toujours plus important dans la structure qu’il intègre, voire même de prendre un siège qu’il soit municipal ou plus, ce n’est plus rien d’autre que de l’intérêt personnel. Au début, cet intérêt revêt le titre de « jeune politicien qui se met au service de sa collectivité » pour, après quelques années de couloir et d’alcôves sombres, devenir que de l’intérêt personnel et des avantages y afférents.

 

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Ce n’est pas la politique qui pourrit l’homme, ni l’argent, ni le pouvoir… C’est l’homme qui pourrit tout ce qu’il touche dès lors qu’il a la sensation d’en être devenu le propriétaire. Que ce soit la politique, l’argent ou même le pouvoir, ce ne sont que des choses, que des mots, ceux qui les animent, ceux qui leur donnent vie, ce sont les hommes qui les accaparent et les utilisent à des fins qui ne sont pas éthiques ni respectueuses de leurs propres engagements. C’est en cela que la politique en particulier ne peut être professionnelle, dès l’instant où une personne devient un permanent de sa charge, il crée autour de lui des remparts qui le protégeront de tout et de tous afin de garder les prébendes et les avantages qu’il a créés depuis sa prise de responsabilité. Moi-même, donneur de leçon gratuite à nos politichiens, qui pourrait garantir que je ne deviendrais pas comme eux, comme ceux que je décris si souvent et sont la lie de la terre ? Je suis humain aussi, et bien entendu, je serai tenté de donner à mes enfants, à ma famille, à mes amis, des avantages et des cadeaux voire des emplois, fictifs ou non, et peut-être même plongerai-je mes mains avides dans les coffres de la République pour mes besoins personnels et égoïstes.

 

Alors quand j’entends les hommes politiques dire qu’il faut avoir de l’expérience pour exercer le pouvoir, je me gausse doucement, je me désopile aux dépens de celui qui dit ces fables. Ne voyez-vous pas où nous ont mené ces hommes d’expérience ? Ne voyez-vous pas qu’ils n’y connaissent rien malgré leurs hautes études et leur possession du pouvoir depuis des décennies ? Il nous faut du sang neuf, des inconnus qui ne savent ni lire et ni écrire tout juste épeler et tout ira beaucoup mieux, ce qu’il nous manque c’est du bon sens, du sens commun.

 

Non seulement ils ne doivent pas rester longtemps à leurs postes mais encore fait-il les surveiller, les contrôler en permanence, les dérapages sont si vite arrivés, surtout en ce printemps pluvieux…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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