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« LA » chronique du weekend (51)

 » Dieu se rit des hommes qui déplorent des effets dont ils continuent de chérir les causes « , disait Bossuet. C’est une autre façon plus polie et plus diplomatique de dire qu’on a ce qu’on mérite. Il ne suffit pas de dire ce qui ne va pas, il n’est pas utile de geindre en permanence, les larmes et les cris ne suffisent pas, il faut agir pour que cela change. Combien parmi nous, et je ne parle pas du chat, sont-ils prêts à remettre en question la moindre de leurs habitudes pour annuler les effets d’une cause inappropriée ? Peu, très peu…

 

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En fait cela vient en ligne directe de la définition, plus ou moins ancrée dans nos conscients, subconscients et inconscients, de la responsabilité. Qui dit reprise en main de nos vies fait naître irrémédiablement une responsabilité. Là est le problème, et, comme en mathématiques, la solution se trouve souvent pour ne pas dire à chaque fois, dans l’énoncé de celui-ci. Cela entraîne même une conséquence inattendue, bien que fortement prévisible pour les gens doués d’un cerveau pas trop lobotomisé, dès que nous prenons une décision nous induisons dans celle-ci une dose de responsabilité, plus ou moins flagrante, plus ou moins importante mais toujours, et oui toujours, présente. Chacun de nos faits, chacune de nos résolutions, chacun de nos choix, chacun des mots que nous mettons en œuvre dans les phrases que nous disons ou écrivons, chacune de ces actions donne naissance à la responsabilité. Est-ce grave, docteur ? Est-il vraiment pénible et difficile d’assumer ce risque permanent de faire que nous soyons responsables de ce que nous réalisons, de ce que nous disons et de ce que nous pensons aussi. Non, ce n’est pas grave, c’est même plus que bénin puisque c’est la vie, la vie des êtres doués de réflexion, d’intelligence et dont les raisonnements assurent soit le bonheur soit son inverse.

 

Avez-vous remarqué comme la société que nous avons bâtie et à laquelle nous voulons garantir une pérennité éternelle, se charge de nous retirer toujours plus et en constante augmentation notre sens des responsabilités. Tous les moyens sont bons pour cela, la peur, que ce soit du terrorisme, de la crise, du chômage, mais aussi tous les moyens qui lui sont adjacents, la guerre, la souffrance comme le désir inassouvi, jusqu’à maintenant, d’une vie aussi longue que possible, même si elle ne contient que très peu de bonheur et de satisfaction. Nous déléguons sans cesse plus de responsabilités à une élite qui dit connaître toutes les solutions de tous les soucis, passés, présents et à venir. Or, force est de constater que, non seulement ils n’y connaissent rien, mais, de plus, ils nous enfoncent toujours plus dans un système d’où il sera toujours plus compliqué de sortir. Tout d’abord ils créent les obstacles, ensuite ils font mine de chercher la ou les solutions à ceux-ci, pour enfin proposer voire imposer des remèdes qui sont pires que le mal. Mais, comme ils sont nimbés d’une confiance démesurée de la part de ceux qui les ont mis en place, nous, nous ne pouvons la leur retirer sans remettre en question notre capacité de jugement et donc nos responsabilités. Raison pour laquelle il nous est de plus en plus impossible de reprendre ce que nous leur avons accordé, nous ne voulons pas assumer la responsabilité premièrement de l’erreur commise en leur donnant un pouvoir immérité, secondairement nous ne souhaitons absolument pas prendre la responsabilité de choisir d’autres gens à leur place ou d’y aller nous-mêmes. On n’en sortira pas et c’est ce qui fait la force des mécréants qui nous gouvernent.

 

Je sais que je ne suis pas clair, alors je vous donne un exemple. La Vème République fut responsabilite-sociale.jpgcréée par un homme qui n’était pas un professionnel de la politique dans le sens où nos énarques le sont aujourd’hui. Bien sur il était un homme de pouvoir, et, son apparition dans des ministères précédemment à la seconde guerre mondiale lui avait donné l’expérience de ce monde de morpions, qui vampirisent les ors de l’état pour mieux développer leurs fortunes personnelles et leur inextinguible soif de pouvoir. Mais il restait un militaire, avec les avantages et les inconvénients de ce mode de pensée et avec un sens de l’honneur et de la grandeur qui n’ont rien à voir avec les mesquineries de nos hommes de pouvoir actuels, sa démission en est la meilleure et la plus évidente preuve, combien démissionneraient maintenant pour n’avoir pas été suivi par leurs électeurs, aucun. Il fit une constitution à sa taille, à ses mesures, et surtout à celle de sa probité. Après une IVème République qui sombra dans le ridicule, il devait fabriquer une machine capable d’assurer à la France une stabilité nécessaire à sa reconstruction de l’après guerre. C’est ce qu’il fît et cela fonctionna à merveille tant qu’il était aux commandes de cet avion. Lorsque le pilote quitta l’aéronef, nul n’était capable de garantir le même niveau de probité et de désintéressement, surtout après le démarrage en fanfare des trente glorieuses qui enrichirent les voyous surtout et d’autres avec eux. La stabilité désirée n’était justifiée que par le passé récent, qui donna l’opportunité à De Gaulle d’établir un pouvoir fort dont les fondations furent un système électoral qui prémunissait l’état de retourner à la gabegie d’avant guerre et qui engendra des partis solides voire omnipotents. Mais sans De Gaulle, cette stabilité et cette instauration d’un régime qui devient de plus en plus despotique sous la férule de partis qui empêchent la démocratie de perdurer, la Vème République ne peut continuer. Sans la probité d’un homme, certes ambitieux mais autrement plus désintéressé que centré sur son pouvoir et sa richesse personnels, cette République devint une république avec une minuscule, comme ceux qui la dirigent. La stabilité nécessaire se changea en immuabilité forcée et en une réduction des minimas démocratiques au profit de gangs de droite et de gauche qui se partagent la carcasse, la triste dépouille de notre pays à l’agonie. La stabilité de notre constitution provient majoritairement de la non responsabilisation de nos élus, raison pour laquelle sans probité, les voyous s’en donnent à cœur joie dans une totale impunité et même avec la protection des gangs adverses qui, pour l’occasion, sont prêts à faire ami-ami avec le diable.

 

Voilà comment une constitution qui fortifia la France et qui, dorénavant, est en train de la détruire, nos élus sont irresponsables et nous le sommes encore plus de ne pas vouloir en changer… Combien de temps cela va-t-il durer ? Tant que les Français pourront manger et boire en majorité, partir de temps à autre en vacances ou en week-ends, tout ira comme cela va déjà… Mais de moins en moins de Français peuvent s’accorder ce dont ils bénéficiaient il y a peu, alors… Quand la majorité actuelle des Français sera devenue la minorité, peut-être pourrons-nous envisager un changement dans leurs modes de fonctionnement et leur prise de responsabilité.

« On n’est pas responsable que de ce que l’on fait, mais aussi de ce qu’on laisse faire… »

 

Je dis souvent, la responsabilité se prend, elle ne se donne pas !

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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