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« LA » chronique du weekend (54)

J’ai remarqué que mes articles ayant un titre lié à l’actualité, surtout si elle est liée aux différents scandales que l’on nous propose et qui nous sont servis à longueur de journée par des médias uniquement intéressés par leurs recettes publicitaires et pas par les victimes de lobotomisation qui sont leurs clients habituels, j’ai remarqué disais-je que ces articles-là attiraient plus de lecteurs que ceux plus théoriques, j’ose à peine dire plus philosophiques. Pourquoi, me semble être la question la plus pertinente, dans tous les cas la moins stupide.

 

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A y regarder de plus près, on pourrait se dire que seuls les scandales intéressent les gens, comme le pensent les faiseurs de télé réalité et de jeux débiles pour des écervelés âpres aux gains faciles. Si nous nous appesantissons quelque peu dans notre réflexion, il apparait que ce n’est pas aussi simple. C’est facile de dire que les téléspectateurs ne sont pas intelligents au point de ne pas savoir choisir les programmes qui les enrichissent de ceux qui les diminuent, mais c’est faux. Seuls les réalisateurs des émissions appauvrissantes pensent comme cela, ils nous prennent pour des imbéciles et, il est vrai, que par moment, nous leur donnons raison mais ceci pas de façon définitive et totale. Nous ne sommes pas des crétins, nous avons un formatage qui nous oblige, en quelque sorte, à répondre aux stimuli que certains nous ont inoculés. Mais, je vous connais, vous êtes malins et vous pensez, de façon silencieuse mais néanmoins sensible et c’est pour cela que j’en perçois les ondes bienfaitrices, « qui a pu nous formater ? Qui a ce grandiose pouvoir de fabriquer une espèce humaine incapable de réfléchir par elle-même, de décider et de juger de ce qui est bon pour elle ? » Je vous en ai déjà parlé, je n’aime pas l’école ni toutes les usines à dispenser du soi-disant savoir, oui je sais, j’ai moi-même enseigné mais c’était de l’enseignement à distance avec des élèves qui étaient déjà avancés en âge puisqu’en formation professionnelle. Mon enseignement était comme moi, autonome, libre, basé sur une demande permanente de réflexion de la part de mes étudiants et un travail personnel laissé à leur discrétion sous la pression de mes attentes de travail modelé selon leur qualités et leurs particularités, un labeur unique puisque le leur. L’école, les collèges, lycées et universités ne sont que des usines de formatage, propres à construire de toutes pièces des éléments sociétaux qui deviendront les représentants dignes et décérébrés de consommateurs anonymes qui pensent et agissent selon des concepts admis voire gobés durant leurs années d’études. Ce ne sont plus des humains et pas encore des machines, mais il est temps de réagir pour ne pas perdre le peu de libre arbitre que nous possédons et qui ne s‘use que si l’on ne s’en sert pas. Effectivement, le libre arbitre est comme l’amour, si vous n’en usez pas, il meurt et disparait jusqu’à ce que vous décidiez de l’utiliser et là il connaîtra enfin une résurrection et vous donnera le bonheur, pas le plaisir je dis bien le bonheur.

 

Avant même de lire Ilan Illich je détestais déjà la structure de notre enseignement et, malgré un conformisme de rigueur, je sentais bien que cela ne convenait pas ni à mes enfants ni à moi. L’école n’est faite que pour faire perdurer le modèle de société qui nous a été presque imposé par les Américains, un modèle de vie qui n’est sous-tendu que par le versant économique de la montagne humaine. La recherche permanente du résultat et du profit nous a mené à bâtir une école fidèle à ce comportement et qui ne vise qu’à le développer encore plus. Dites-moi comment nous pouvons détruire tout ce qui nous entoure juste pour le plaisir de gagner de l’argent qui va nous permettre de briller devant nos voisins et frères humains par nos belles acquisitions, nos magnifiques preuves matérielles de notre réussite sociale créée sur le dos de toute l’humanité. Ne croyez-vous pas que nous coupons la branche sur laquelle nous sommes assis, je dirais même que nous coupons l’arbre duquel la branche sur laquelle nous sommes assis dépend. Cela ne remet absolument pas le progrès en question, la solution est de réfléchir aux intérêts à long terme, posons-nous la question des conséquences de nos actes à 100 ans, à mille ans et pourquoi pas, puisque le monde doit mourir dans quelques centaines de millions d’année, à ce moment-là. Comment préparer notre départ de cette planète à l’avenir limité, même si c’est à des horizons que les humains n’appréhendent pas vraiment, pour protéger nos futurs descendants. Au lieu de tout détruire bâtissons-leur une voie de secours qu’ils utiliseront ou pas, mais au moins en auront-ils le choix.

 

Alors non, mes lecteurs ne recherchent pas le scandale ni les jeux ni les émissions de télé réalité, ils appliquent simplement les principes qui ont été introduits subrepticement  dans leurs têtes. Mon travail, si c’en est un, est de réveiller l’humain qui sommeille dans tout consommateur, de lui faire part de ses qualités, de son intelligence et du bonheur que procurent une réflexion personnelle et une analyse permanente et libre de toute pression.

 

Ce n’est pas simple et c’est un combat quotidien et sans limite temporelle ni d’action. La pérennité de l’homme ne tient qu’à son degré de liberté intrinsèque. Faites-en l’effort et vous ne pouvez être déçus.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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