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« LA » chronique du weekend (59)

Le tour de France se termine, dans la joie et l’allégresse des marchands de potions magiques, pour qui, cette année, grâce à Armstrong et ses amis, la recette a encore été bonne, numéro 100 oblige. Pendant ce temps, à Trappes, des jeunes se croient forts en détruisant les voitures de leurs voisins, qui, à l’instar de leurs parents et peut-être d’eux-mêmes, se  tuent au travail pour des salaires de misère, victimes de la compétitivité vue uniquement sous l’angle des bâtisseurs de profit qui manipulent nos gouvernants de droite comme de gauche…

 

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Durant les destructions de biens qui s’amoncellent dans les banlieues maudites, où personne ne souhaite vivre mais où ceux qui le font n’y sont qu’à défaut de pouvoir s’offrir autre chose ; les champions magnifiés par ces casseurs d’opérette se créent des fortunes en trichant, en se droguant, en se moquant de leurs spectateurs lobotomisés. Pauvres jeunes gens, complètement déboussolés, qui trouvent dans ces combats sans idéal fort autre que la façade ventrue d’une religion dont ils ne comprennent rien, ils ne savent pas qui ils sont, rejetés par leurs frères dans leur pays d’origine, rejetés ici par le racisme latent, ils errent le temps d’une vie, en attendant la mort et en essayant de devenir riches, afin de montrer qu’ils sont, comme tout un chacun, capables de s’offrir les derniers caprices des stars qu’ils adulent. Leur seul moyen d’exister reste le matériel, le dernier téléphone, la BMW ou la dernière paire de Nike. Ils sont prêts à tout pour sortir de cet engrenage destructeur, la violence, les commerces illicites, dont ils ont les exemples de leurs propres dirigeants corrompus jusqu’à la moelle, qui leur demandent de rester tranquilles sans leur donner de but ni de raison de vivre. L’arrestation d’un homme qui dissimulait sa femme derrière des voiles sombres suffit à les provoquer, l’exacerbation de leurs réactions n’est que le résultat de multiples décrochages du pouvoir, le présent et le passé. Sous prétexte de s’enrichir des voix de ces électeurs, qui n’ont d’importance que quelques mois avant les consultations électorales, les pourris de gauche et de droite, leur accordent des largesses qu’ils ne donnent pas à la majorité des autres membres de notre société. Or la société française se veut égalitaire, et c’est de là que vient le rejet immédiat de l’autre, dès que celui-ci bénéficie d’avantages que l’on ne peut avoir. Un simple exemple, un étranger peut, sur simple déclaration sur l’honneur qui ne sera jamais contrôlée, toucher des allocations familiales sur une famille qui est restée dans son pays d’origine, alors que le Français devra fournir moult papiers et attestations et sera parfois contrôlé. Pourquoi cette différence ? Je ne critique pas le fait que les étrangers puissent jouir des mêmes droits que les Français, bien au contraire, mais il faut normaliser les formalités et les contrôles de telle manière que chacun soit traité de façon identique. Ce qui me gêne n’est pas la confiance que l’on accorde aux étrangers, ce qui me chagrine c’est le manque de confiance donné aux Français. Les largesses en question, ainsi obtenues sans véritable raison, font penser à ces jeunes que les règles ne leur sont pas imputables, qu’ils en sont dédouanés et que leur application ne touche que le peuple qui les rejette pour ces mêmes justifications. Nous sommes, en quelque sorte, aux prises avec ce que nous pouvons appeler un cercle vicieux. Nous pouvons en sortir mais à la seule condition que les soucis électoraux et les réussites personnelles passent après l’intérêt de tout le peuple, Français et étrangers, et du pays. Ce n’est pas gagné…

 

Les champions dont je parlais, qu’ils soient footballeurs, cyclistes, handballeurs, ou de toute autre obédience sportive, comptent parmi leurs rangs des anciens membres de cette classe à part que constituent les révoltés des banlieues sordides que nous leur avons fabriquées. Certains font quelque chose pour ces gens qui souffrent et qui ne savent pas à quel saint se vouer, d’autres les oublient ou pire veulent les effacer de leurs mémoires aux traces sociales encore fraîches desquelles le sport les a sortis. Ma.is ce n’est pas à eux de la faire, ils peuvent aider mais cela ne peut suffire. Tout d’abord, notre pouvoir, quel qu’il soit doit arrêter de laisser faire et de supporter les frasques et les turpitudes de ces sportifs qui sont l’opposé de modèles. Ils doivent être soumis aux mêmes règles que les autres Français et résidents de notre beau pays, tout comme les politiciens corrompus pris la main dans le sac. Nous avons une république bananière non pas à deux vitesses, mais à autant de vitesses que nous avons de communautés capables de défendre leur position et de lobbies capables d’acheter tout et n’importe qui. Chacun mène sa barque au gré de ses intérêts propres, éloignés en cela de l’intérêt général qui n’est plus qu’une misérable peau de chagrin. Comment peut-on faire courir des adeptes à toutes les drogues connues et inconnues devant les yeux écarquillés de spectateurs abasourdis par tant de bruit et de fêtes. Fêtes organisées uniquement dans le but d’approfondir leur anesthésie, elles ne réussissent cependant pas à faire perdurer le bonheur de leurs participants au-delà des minutes nécessaires à la vente des produits pour lesquels ces champions se prostituent.

 

Comme vous pouvez le voir tout est lié, il n’existe pas de spécialités, tout est dans tout, et c’est en soignant le tout que l’avenir pourra devenir un peu plus attrayant et optimiste. Il nous faut rebâtir notre univers terrien, en totalité, tâche à la fois harassante mais tellement riche d’espoir pour nos enfants et nos petits-enfants. Lobotomisés de tous les pays, réveillez vos consciences et mettez en fonctionnement vos méninges rouillées, au boulot !

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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