Log In

« LA » chronique du weekend (63)

Les faits les plus marquants, pour moi, cette semaine sont, sans aucune ambigüité, les combats qui opposent les pros et les antis frères musulmans d’Egypte. Bon nombre de ces victimes sont des gens décérébrés, quel que soit leur bord, lobotomisés au point, triste mais ô combien concret et réel, de massacrer des frères au nom d’un Dieu dont certains doutent jusqu’à l’existence. Leur certitude, leur conviction ne laisse aucune place à la tolérance, c’est dommage pour notre civilisation, c’est regrettable pour l’humanité…

 

loups54.jpg

 

Que les fanatiques musulmans choisissent comme exutoire de brûler des églises, après les avoir pillées, et Dieu sait que les églises orthodoxes sont riches en ors et argenteries diverses, icones en tous genres et autres babioles qui sont là pour démontrer une foi qui n’a besoin de rien d’autre que d’amour, c’est forcément barbare. Que les anti-frères musulmans accueillent leurs pseudos ennemis par des jets de pierre ou des bastonnades à n’en plus finir au sortir des mosquées où ils s’étaient réfugiés, c’est forcément barbare. Qui est le mieux, qui est le pire ? Ils sont les mêmes, ils sont des fous de Dieu, des fous de la démocratie dont ils ne connaissent même pas la définition tout en la demandant et en faisant l’inverse de ce qu’elle préconise. Je hais la violence, je hais ceux qui la sème et la suggère, je hais ceux qui, sans réfléchir, l’appliquent bestialement à l’encontre de personnes avec lesquelles ils n’ont aucune différence fondamentale. Je hais les religions révélées pour ce qu’elles induisent d’intolérance dans les esprits dénaturés des manipulateurs de tous bords. Je hais les religions monothéistes qui, par leur croyance dans l’exclusivité de leurs Dieux en viennent à vouloir supprimer toutes les autres fois. Je hais la bêtise humaine et animale dont font preuve les pseudos guides tout autant que les guidés. Beaucoup de mes amis, je dirais même tous mes amis égyptiens, sont du côté des démocrates et des libéraux, pas dans le sens économique du terme mais dans le sens politique. Ils luttent quotidiennement pour la paix entre les Egyptiens mais ne sont que très rarement entendus, voire jamais. Les seuls qu’on écoute, les seuls que nous voyons sur nos écrans lobotomiseurs, ce sont les méchants, les brutes épaisses qui crient, hurlent, vocifèrent leur haine du monde où la liberté de conscience est de règle, leur détestation du monde où l’amour de son prochain est de mise dans tous les rapports entre humains, leur hargne à ne pas vouloir partager un monde, si petit par sa taille et si grand par l’animalité qu’il contient chez ses animaux dits supérieurs que sont les hommes.

 

Les luttes entre pros et antis Morsi et frères musulmans sont en train de se changer en guerre de religion, si tant est qu’elles ne le furent pas depuis le début. Cela présage beaucoup de souffrance à venir. Dans un pays où les chrétiens représentent environ 15 % de la population, à 85 % musulmane, les luttes ne sont pas prêtes à finir, elles ne font que commencer. A l’intérieur même de l’Islam appliqué en Egypte il n’y a pas vraiment de courants différents, certes nous avons quelques shiites mais en nombre non significatifs et ils vont diminuer ostensiblement s’ils affichent leur foi contraire à celle de la majorité, déjà on a retrouvé quelques personnes d’obédience shiite massacrés par leurs frères qui sont des musulmans sunnites. Quelle tristesse, dans ce pays où, avant la révolution de 1956, des peuples aussi différents que les Grecs, les Italiens, les Libanais, les Syriens, tous ces méditerranéens qui se retrouvaient dans un cosmopolitisme chamarré mais agréable à vivre,  aux mélanges riches et aux amitiés mixtes, tous vivaient en paix et dans une promiscuité sans problème. Bien sûr que des problèmes coloniaux persistaient et que les Anglais en bons colons pillaient ce qu’ils pouvaient pendant ce temps au détriment des Egyptiens ; mais à quoi sert une révolution si c’est pour faire régner la peur et l’ostracisme exacerbé de quelques militants trop convaincus de la justesse de leur point de vue ? Changer de tortionnaire n’est pas un changement, c’est une continuité dans la souffrance sauf que celui qui tient le bâton n’a plus le même nom, est-ce cela une révolution ? Si c’est cela, je ne suis pas révolutionnaire, je suis conservateur, et, tous les Dieux savent que c’est ce que je suis le moins.

 

Ne croyez pas que ce sont les Dieux en question qui sont les responsables, non, que nenni, ce sont les hommes avec leurs ambitions propres à tuer leurs propres frères pour le succès de leurs entreprises machiavéliques et leur avidité de pouvoir. Comme à chaque fois, et pour toutes les résolutions de faux problèmes, nous trouvons des excuses aux exactions des uns et des autres, prenant toujours le parti de celui qui se rapproche le plus de notre propre opinion. L’homme, comme je l’écrivais il y a peu dans ces pages, est la source de tous nos problèmes, lorsque nous disons que l’homme est un loup pour l’homme nous commettons plusieurs graves erreurs. Le loup ne tue pas par plaisir, le loup ne tue pas les siens, ceux de sa horde, le loup a un comportement plus social que le nôtre, enfin le loup n’a pas, soi-disant, un cerveau susceptible de l’aider à gérer sa vie et celle de sa tribu contrairement à nous qui nous estimons, nous-mêmes, supérieurs à tous les autres animaux. L’homme n’est pas un loup pour l’homme en revanche dans le langage des loups, lorsqu’ils s’insultent entre eux, la pire de toutes les expressions blessantes qu’ils puissent s’offrir entre eux est : le loup le plus stupide et le plus enragé est encore trop bon pour l’homme…

 

C’est à se demander si ce ne serait pas mieux d’être loup…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com