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« LA » chronique du weekend (67)

Sacrée semaine encore une fois, je ne sais par où commencer… Peut-être par un hommage aux centaines de morts de Lampedusa, ceux d’hier à Malte, ce serait bien là le moins que nous puissions faire pour ces gens qui tentent de survivre dans un monde qui ne veut pas d’eux. Ne croyez pas que je donne dans la compassion qui repose sur un sentiment de culpabilité, toute judéo-chrétienne, qui permet à nos gouvernants de se jouer de nous avec leurs décoratives larmes de crocodile…

 

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Non, vous n’êtes pas coupables, je ne suis pas coupable et seuls nos énarques voyous le sont, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, si ce n’est l’éna ce sera d’autres institutions qui produisent les mêmes effets à partir de causes identiques. Nos dirigeants portent sur eux la honte de ces immigrations sauvages, de ces suicides collectifs à grands renforts de monnaie sonnante et trébuchante payée par ces candidats à l’exil qui finissent dans des sacs en plastique devant des caméras incongrues, déplacées, irrespectueuses et malintentionnées. Bien sûr que nous ne sommes pas coupables, nous ne décidons de rien, nous ne savons rien, et ce que nous savons est tellement éloigné de la réalité que nous sommes démunis devant de tels spectacles morbides et odieux. Pourquoi suis-je en train d’accuser nos politichiens de tous les pays dits riches ou industrialisés, quoiqu’en matière d’industrie il y aurait beaucoup à dire aussi ? Tout simplement parce que ces gens-là, contrairement à ce que veulent nous faire croire les extrémistes de droite, le FN et autres UMPistes stupides, les socialistes traîtres à leur cause et à l’internationalisme qui est à la base de leur idéal, oublié depuis très longtemps, ces gens-là disais-je, ces malheureux prêts à mourir pour donner une chance de survie à leurs enfants ne voulaient pas quitter leurs pays. C’est la lutte impitoyable des entreprises défendues par des états corrompus pour toujours gagner plus d’argent, pour engranger toujours plus de profits qui génère ces migrations économiques.

 

Nous mettons à mort des peuples entiers sous prétexte de sauver nos économies moribondes qui, que nous le voulions ou pas, vont mourir, tôt ou tard, seule cette certitude les guette toutes. Nous forçons des populations à travailler pour rien ou pas grand chose à nous fournir des produits qui ne sont utilisés que chez nous, chez les nantis, les chanceux qui vivent en occident et dans les contrées des nouveaux riches. Je vous donne un exemple, croyez-vous que la Côte d’Ivoire, ex premier producteur mondial de cacao, consomme beaucoup de chocolat par tête d’habitant chaque année ? Mis à part les expatriés et les corrompus au pouvoir, aucun Ivoirien n’en a les moyens, ils travaillent pour quelques sous à produire des matières premières qui ne leur sont pas destinées. Nous leur avons pris leurs terres arables, autrefois consacrées à la culture du sorgo, du mil, du maïs et autres fruits et légumes de leur agriculture vivrière, pour en faire notre jardin gratuit pour nos caprices alimentaires qui nous rendent obèses. Croyez-vous qu’au Mali, les Maliens soient vraiment intéressés à travailler aux mines d’uranium, détenues par Areva, à en mourir, pour produire de l’électricité chez eux ? Mais non, ils n’ont pas d’électricité de façon permanente, ils en ont mais avec de multiples coupures et quelques heures par jour. En revanche Areva s’enrichit à acheter à bon compte de l’uranium qui lui sert à pourrir la planète et à nous fournir le jus nécessaire à nos élucubrations facebookiennes, à recharger nos smartphones qui tuent sur les routes, à faire apparaître la tête de nos journalistes serviles et corrompus dans nos lanternes magiques avec écrans plats. Nous les avons soumis, ces gens qui sont capables de donner leurs vies pour l’avenir de leurs enfants, à un esclavage larvé, à une privation totale de leurs moyens de survie et pour les remercier nous leur mettons à disposition, gratuitement, des sacs en plastique qui contiennent à la fois leurs corps et leurs espoirs déçus.

 

Il faut savoir que les clandestins qui se ruent dans des navires de fortune pour échapper à la misère que nous leur avons donnée pour notre confort, seraient bien plus heureux chez eux et qu’aucun n’aborde ces bateaux improbables avec plaisir et enthousiasme, seulement avec le courage et la volonté pugnace de continuer de vivre.  L’immense majorité de ces noyés putatifs provient, comme nous l’avons vu hier à Malte, de Syrie et de Palestine, mais aussi d’Afghanistan, de Libye, d’Egypte, de Tunisie, d’Irak et de bon nombre de pays où nos « alliés » américains ont su montrer à quel point ils sont impérialistes et anti-démocratiques. Nos politichiens font un amalgame dangereux, ils sous-entendent, sans le dire ouvertement s’entend, que tout ce qui est étranger est illicite, clandestin, ils amoncellent les Français maghrébins avec les orientaux syriens, etc. Cela leur permet de mettre la pression sur un domaine qui touche aux fondements mêmes de notre société et de la démocratie. Mettant en avant les problèmes de sécurité engendrés par de tels apports illégaux de population, ils proposent des solutions de plus en plus liberticides sous le couvert de notre protection. Croyez-vous que la droitisation extrême que connaissent beaucoup de pays d’Europe n’est pas le résultat de telles manœuvres ? Quand la Marine Le Pen promet d’attaquer en justice tous ceux qui diront que son parti est d’extrême droite, elle montre son vrai visage, si, par malheur, elle prenait le pouvoir, nous ne pourrions même pas dire un mot auquel elle ne consentirait pas, voilà la démocratie à laquelle nos dirigeants nous mènent, avec la complicité des partis d’extrême droite comme le FN. Relisez 1984 de George Orwell et vous aurez une vision très précise de ce qui nous attend dans un avenir pas si lointain.

 

Malgré cela, je persiste à dire que je ne suis pas coupable, que nous ne sommes pas coupables… Ou alors, notre culpabilité est de ne pas regarder la réalité, de nous fier aux propos des traîtres qui nous gouvernent et qui protègent des intérêts qui ne sont pas les nôtres, alors que nous les avons choisis pour ce faire. Si nous sommes coupables ce n’est que par négligence ou par égoïsme, comme des enfants qui n’ont d’autre volonté que de jouir de leurs jeux sans en prêter aucun à leurs camarades. Si nous sommes coupables, ce n’est que par la résignation dont nous faisons preuve quotidiennement face aux mensonges éhontés que nos politichiens nous racontent par l’entremise de leurs laquais des médias.

 

A notre tour de dire que nous sommes responsables mais pas coupables…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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