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« LA » chronique du weekend (72)

Pangloss, un de mes blogueurs préférés, me faisaient remarquer que les révolutions étaient toujours défavorables aux petits, aux sans-grade que nous sommes, et de ce triste fait, nous pouvons tirer une conséquence claire et définitive, les révoltes et les révolutions ne font du bien qu’aux nantis, à ceux qui tiennent les rênes (à ceux qui tiennent les rennes dirait le Père Noël qui commence déjà à apparaître). C’est vrai, je suis marri d’avoir à le reconnaître, moi qui souvent demande à mon lecteur, oui vous, de réagir, de se remettre à penser par lui-même, si tant est que ce soit possible, vu l’épaisseur de la crasse de notre formatage. Mais alors, pourquoi réfléchir, pourquoi réagir et surtout comment ?

 

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L’ambigüité de l’autonomie de la pensée repose parfois sur la concrétisation de son résultat, je m’explique. Penser, réfléchir, analyser de façon libre et personnelle nous est possible, nous est même recommandé, pas par nos gouvernants bien sûr, mais par notre nécessité de rester des êtres humains responsables, usant à la fois et de façon égale de leurs cœurs et de leurs cerveaux. Mais si ce que nous produisons comme idées, fussent-elles géniales ou stupides, ne trouve pas de débouché concret, de réalité matérielle, à quoi bon penser peuvent se questionner quelques esprits taquins ? Tout d’abord, penser nous fait exister, nous fait accepter ou refuser ou éluder les questionnements qui ponctuent nos vies quotidiennes dans toute leur dimension humaine, amicale, familiale, professionnelle, etc. Et il n’est nul besoin de créer des choses concrètes pour exister sinon beaucoup de nous retourneraient dans les limbes desquelles ils n’auraient jamais dû sortir, je parle de nos hommes politiques par exemple et de tous les bandits qui théorisent nos vies sans les partager. C’est notre propre matérialité qui nous impose une réalisation concrète de nos idées, ne serait-ce que partiellement. Mais elle n’est pas obligatoire, dans certains cas elle est même déconseillée, par exemple encore, si le FN devait appliquer et concrétiser ses idées, son idéal raciste et basé uniquement sur une évaluation subjective des espèces qu’eux-mêmes ont déterminées, l’avenir ne serait pas réjouissant pour tous les gens aux peaux brunes, aux cheveux crépus ou à tous ceux qui n’adhèreraient pas à leur théorie de brutes épaisses. Ceci étant dit, nous sommes avant tout des animaux, des morceaux de viande certes animés d’intelligence, d’émotions, de sentiments, mais nous sommes concrets et nous nous réalisons nous-mêmes en concrétisant bon nombre de nos réflexions, pour ceux qui réfléchissent s’entend. Donc il faut réfléchir pour exister pleinement mais il faut aussi en matérialiser les résultats pour affirmer leur propre réalité parce que finalement tout est là, la seule façon de prouver que nous pensons est de rendre concrètes nos pensées. Mais ceci est encore une fois dans le point de vue d’une appréciation extérieure à nous du fait que nous pensions ou pas. Mais qu’avons-nous à faire des opinions des autres, si nous pensons c’est d’abord pour nous-mêmes et seulement ensuite pour les autres, en fonction des messages contenus dans nos pensées en question. L’obligation de matérialité n’est qu’un acte qui prouve publiquement que nous avons autre chose qu’un pois chiche dans la tête. Je pense donc j’essuie… oups… je suis, disait la femme de ménage de Descartes et elle avait raison, tout comme son patron qui j’espère ne la payait pas au noir. Penser est nécessaire et suffisant pour exister.

 

Lorsque nous souhaitons passer à l’acte c’est pour qu’on nous suive, au moins dans nos raisonnements et peut-être dans nos réalisations. Si j’écris ce texte, c’est d’abord parce que cela me fait du bien et ensuite parce que je veux partager un message que je pense utile et important et peut-être aussi parce que j’ai un égo surdimensionné et lamentable. Je pense ce que j’écris mais le fait de l’écrire met à la disposition de ceux qui le veulent le fruit de mes réflexions, libre à eux ensuite de les partager ou pas, de les aimer ou pas, de les suivre ou pas, etc. Je concrétise mes idées en les transmettant. Mais mieux encore serait de trouver une adhésion générale à partir de ces idées pour mettre en œuvre une action commune, c’est là que nous entrons dans le domaine politique, pour ce qui concerne mes propres pensées comme de toutes celles qui concernent la direction de la Cité.  Oui, je suis un révolutionnaire, oui je suis pour une fronde totale et générale contre le système pourri qui nous englue depuis des lustres et qui a généré la résignation contemplative de notre propre infortune. Mais il ne s’agit pas de révolution sanguinaire du type de celle de Russie en 1917 ou de notre prise de la Bastille. Non, je hais la violence. Il s’agit d’une révolte à la Gandhi, une révolution pacifique et joyeuse, un remue-ménage calme et affectueux, de ceux qui ne font de mal qu’à ceux qui ne l’ont pas compris pour ce qu’il était, bien souvent ceux qui s’y opposent et donc ceux à qui la révolution en question veut dire « assez ». Comme je le dis souvent, il suffit de tout arrêter, de rester chez soi ou de descendre dans la rue pour partager ce moment de combat silencieux et sans violence avec ceux qui le mènent, pour que tout gouvernement tombe en moins d’un mois et sûrement moins. Notre société mercantile et consumériste à tout crin ne peut survivre à l’inaction, à la cessation de toute activité. Il en va de son essence, elle ne peut résister  à la lenteur, à la fin des échanges commerciaux, à la non circulation de son sang, l’argent.

 

Pour dissoudre notre société, il suffit d’arrêter les flux financiers, tout tombera aussi sûrement que le soufflet de ma compagne lorsque je suis en retard…

 

Révolution, oui, mais cool, tranquille, sans rien casser, sans rien détruire, sans humilier ou frapper qui que ce soit, une révolte souriante mais déterminée, celle qui mettrait à bas le plus grand des empires, c’est de cela que je parle lorsque je morigène le monde pour son apathie, et le nôtre en particulier, pôvres franchouillats que nous sommes.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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