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« LA » chronique du weekend (73)

Mis à part l’article d’hier, un peu rafraichissant, sur notre champion du fair-play, la longue et morne litanie des exactions de nos gouvernants et opposants reprend lamentablement son cours. La triste liste de leurs corruptions auxquelles s’ajoute la non moins longue liste des appels d’offre truqués, des ententes cachées des entreprises multinationales qui les nourrissent, enfin tout ce qui fait le grossissement du profit à défaut de faire le bonheur des hommes, tout cela est d’une telle médiocrité que, malgré une persistance obscène nous n’arrivons pas à nous y habituer…

 

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Je vous le disais une fois, quand j’achète « Le Canard Enchainé », je n’en acquiers pas 1 mais 8… Eh oui, il y a 8 pages et comme je vomis sur chacune d’entre elles tellement tout ce que j’y lis me révulse, il faut bien que je prenne mes précautions pour en lire la fin. Je ne reprendrais pas un des articles qui y est paru cette semaine, je vous laisse le soin de les découvrir vous-mêmes, mais je constate une chose qui est loin d’être anodine. Pour ce journal satirique, il ne peut être question de publier une quelconque information sans en avoir les preuves tangibles, de crainte d’être contraint de payer des dommages et intérêts et à terme d’être obligé de fermer ses portes. Il n’en est pas de même pour les autres supports de presse qui, bien entendu, ne prennent pas le dixième des risques que prend notre célèbre Canard. De plus, il est rare de se voir attaquer en justice pour avoir trop fait briller les chaussures de ceux qui nous paient, n’est-ce pas ? Cela en dit très long sur notre démocratie où les patrons de groupes industriels se trouvent aussi à la tête de supports de presse ou de ce qui essaie d’y ressembler. Comment peut-on accepter, lorsque l’on est journaliste, de se laisser dicter la manière de présenter des informations et de les diriger contre le sens commun ou simplement de les opposer à la vérité des faits par une analyse qui, pour ne pas être demandée, n’en est pas moins imprimée. Je discutais avec des amis hier soir et la question se posait de savoir combien et quels journaux étaient encore fiers d’accomplir la mission d’informer sans manipuler leurs lecteurs. Il y en a peu, très peu, et ils sont tous vilipendés, critiqués, conspués et traités d’extrémistes par les titres appartenant aux détenteurs des pouvoirs économique et politique. Ils discréditent leurs concurrents plus honnêtes qu’eux et le poids de leur histoire arrive à convaincre leurs lecteurs lobotomisés de la véracité de leurs propos. Dans tous les journaux, les journaux télévisés ou radiophoniques, je suis au regret de vous confirmer que rien, absolument rien, n’est vrai. Tout est arrangé pour atteindre des objectifs qui n’ont rien à voir avec les récepteurs de ces messages mais bien au contraire sont organisés pour parvenir à des fins peu avouables de la part des vendeurs de publicité et de bonne conscience.

 

Pour revenir à notre point de départ, la justice défend donc les propriétaires du pouvoir, car c’est un peu comme cela qu’ils entendent le conserver ad vitam aeternam, au lieu de défendre la vérité de l’information. Il est à noter que « Le Canard Enchainé » a perdu peu de procès du fait des preuves qu’ils accumulent avant de faire paraître un article. Mais cela n’empêche pas ses ennemis de continuer de l’harasser de ces poursuites inutiles. Là où je ris quelque peu, c’est dans l’omniprésence du FN parmi les plaignants contre ce journal, tout comme celle des grands partis et des grandes entreprises. C’est bien que tous ces gens font cause commune et que la vérité les effraient tout autant les uns que les autres. Ce qui me fait moins rire repose sur les affaires malhonnêtes que traitent les tribunaux où participent des hommes politiques et des grands entrepreneurs. Que Guérini soit mouillé jusqu’au cou dans différentes magouilles ne l’ont jamais obligé ni à démissionner, ni à perdre les prébendes et avantages relatifs à ses multiples responsabilités aussi bien territoriales que privées. Alors que, dans la supposition où le journal satirique tant aimé ne puisse fournir les preuves de ce qu’il écrit, on lui demandera immédiatement de retirer de la vente toutes les publications concernées, on punira son directeur et on le rançonnera de fortes amendes et dommages et intérêts.

 

Comme d’habitude, deux poids deux mesures, la France est le pays des deux vitesses… Nous avons la justice à deux vitesses, la médecine à deux vitesses, l’éducation à deux vitesses, enfin tout ce qui touche au peuple français va toujours moins vite et moins bien que ce qui est réservé à la nomenklatura qui lui fait porter le joug et se laisse transporter par lui.

 

Il est peut-être temps que cela cesse, non ?

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

1 Comment

  1. Pangloss Répondre

    J’ai lu le Canard jusqu’au mois dernier (des décennies de fidélité!). Je n’ai pas renouvelé mon abonnement parce que sa lecture finissait par m’énerver. Comment nos politiques peuvent-ils
    continuer leurs petites affaires après avoir vu leurs turpitudes étalées au grand jour semaine après semaine? Les articles du canard glissent sur les plumes de ces gens encore plus facilement que
    les procès sur les plumes du Canard.

    Bon dimanche.

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