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« LA » chronique du weekend (74)

Hier c’était les camions, aujourd’hui ce sont les bonnets rouges qui se rassemblent en familles pour partager leurs récriminations et leurs barbecues. J’en passe, des meilleurs et des pires. Tous ces gens se plaignent, c’est un de leurs rares points communs, chacun a effectivement son terrain de prédilection et ses requêtes professionnelles ou corporatistes. Chacun aussi a ses propres façons de les exprimer, ce n’est que parce que la coupe est pleine que la solidarité s’est mise en place et développée… Mais qui souffre le plus de leurs revendications ? Là est la question…

 

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Quand les camions font une opération escargot, quand les conducteurs de bus ou de cars ou de métros restent sur les aires de stationnement ou les quais de gare, qui s’en prend plein la figure, qui pâtit des arrêts de travail de ces rouspéteurs à tort ou à raison ? Il ne s’agit pas ici de juger de la qualité de leurs réclamations qui, la plupart du temps sont tout à fait cohérentes, logiques et que je respecte éminemment. Je prône sans arrêt la révolution passive et non violente, ce n’est pas pour m’opposer au peu de gens qui ont le courage de descendre dans la rue pour faire valoir leurs demandes. Mais, ce n’est pas la méthode que je préconise. Car, à bien y regarder, il s’agit bien ici d’une violence, bien entendu elle ne met pas en situation de peur physique mais elle excite et énerve au plus haut point. Pourquoi faire payer aux automobilistes, aux usagers des transports en commun, aux autres citoyens qui ne partagent pas les revendications des grévistes, le prix de leur mécontentement ? Si vous êtes opposés au gouvernement, c’est à lui, et à lui seul, que vous devez manifester votre ire, votre rage, votre volonté de ne pas accepter ce qu’il vous propose, mais pas à ceux qui sont victimes, tout comme vous, de son incompétence et de sa corruption mentale et matérielle. Que le corporatisme et le communautarisme ambiants, poussés à leur extrême par un PS malfaisant et machiavélique pour raison électorale et une droite qui se dissout dans le FN comme le poison dans le sang, fassent que vous soyez ou que vous sentiez obligés de faire des démonstrations de votre force afin de toujours augmenter vos avantages ne vous autorise pas à nuire aux résignés qui continuent de penser que tout va s’arranger. Nul n’a le droit de jouer avec la liberté d’autrui, surtout si ce jeu a pour vocation de toujours creuser les écarts entre les différentes composantes de notre société en multipliant les avantages de ceux qui ont les moyens de bloquer le pays et ceux qui ne les ont pas.

 

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Si les camionneurs veulent bloquer quelqu’un ce n’est pas les automobilistes qui se promènent ou travaillent mais bien le premier ministre, leur ministre de tutelle ou mieux encore Culbuto 1er, le roi des jambons… Cerner Matignon avec force camions et tracteurs, emmêler vos véhicules de façon inextricable dans les mailles du filet qui enserrera les beaux hôtels particuliers où nos gouvernants se gavent de nos impôts mis en forme de petit-four et de champagne qui sont fournis par les meilleurs traiteurs. Encercler les points névralgiques du pouvoir lorsqu’ils sont à l’intérieur des locaux que vous visez. Faites travailler votre imagination mais laissez ceux qui n’y sont pour rien libres de choisir entre solidarité avec vous ou résignation tranquille et personnelle. Ils en ont le droit. Ces actions menées contre ceux qui vous ennuient vous feront comprendre mieux par les autres habitants de notre pôvre pays et créeront, tôt ou tard, cette solidarité dont vous avez besoin comme eux auront besoin de la vôtre. On ne force pas les gens à changer d’opinion, on doit leur montrer l’exemple et ils choisissent. Pour les usagers des transports en commun, ce n’est quand même pas compliqué de distribuer gratuitement des cartes oranges ou autre en fonction des régions, laisser passer tout le monde gratuitement pendant quelques jours fera plus de mal à vos dirigeants que des jours de bouchon et de perte de patience de vos frères de misère. Si vous voulez toucher les chefs d’entreprise, les ministres, les gouvernants quels qu’ils soient, c’est au portefeuille que vous leur ferez le plus de mal, pas ailleurs, ils n’ont ni cœur, ni pudeur, ni scrupule, en revanche, ils ont des besoins d’argent permanents et insatiables. C’est à vous de trouver les bonnes méthodes, vous connaissez votre métier et ses arcanes, à vous de jouer… Mais, le ferez-vous ?

 

Le plus grand souci que nous avons ici repose sur la réclamation relative, qu’est-ce que cela ? En fait, ces braves grévistes sèment le désordre mais sans jamais atteindre trop durement leurs mandants et patrons. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils savent que s’opposer plus vivement à leurs tortionnaires pourrait signifier la perte des avantages qu’ils ont déjà. Nous sommes, que nous l’admettions ou pas, des bienheureux, nous avons, malgré une misère grandissante et des gens qui ne peuvent se nourrir ni se loger toujours plus nombreux, des chanceux, parce que nous n’avons pas encore touché le fond. Beaucoup d’entre nous ont encore plus qu’il n’en faut pour accepter une résignation que l’on imagine et souhaite sans cesse passagère. Nous avons encore une cuiller d’argent dans la bouche, même si elle n’est plus d’or, elle est toujours précieuse. Nous n’obtiendrons une totale solidarité que lorsque nous serons tous privés de nos libertés et réduits à l’esclavage… Mais il sera trop tard…

 

Pendant ce temps, notre gouvernement fantasque nous assomme à coup de session parlementaire réservée à l’étude de lois parfaitement inutiles et qui ne font qu’occuper nos esprits de lobotomisés en errance. Avant-hier c’était les députés qui s’occupaient des prostituées, hier ou aujourd’hui, peu me chaut, des antiracistes se baladent pour réclamer quoi, je n’en sais rien. Nous avons des lois sur ces sujets mais elles ne sont pas appliquées alors pourquoi en faire d’autres tant que celles-ci ne donnent pas d’effet par manque d’exploitation.

 

C’est juste pour nous détourner l’attention, nous précipiter toujours plus fort et plus vite dans le mur sans qu’on s’en aperçoive, c’est clair pour moi… L’est-ce pour d’autres ???

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

2 Comments

  1. Pangloss Répondre

    Tu as raison. Si on n’est pas content du gouvernement, c’est contre lui qu’il faut manifester pas contre le peuple. l’Elysée ou Matignon, ce n’est quand même pas difficile à trouver quand même!
    Les manifestations des bonnets rouges ou des camionneurs ne me concernent pas mais elle gênent ceux qui n’y sont pour rien et qui ne sont pas pour autant résignés.

    Bonne journée.

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