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« LA » chronique du weekend (8)

Voilà déjà une semaine de passée en 2012 et je ne vois pas de différence avec 2011… Est-ce logique ? En fait, avec tous ces gens qui nous disaient, jadis en 2011, « pas de problème tout va repartir l’an prochain »… Nous aurait-on menti, trompé, trahi… une fois de plus ? Même les incas nous prédisent la fin du monde pour cette année, mais si c’est la fin de cette société de consommation qui nous avilit, je ne demande que cela…

 

election-france-2012-presidentielle.jpgLors de mon dernier passage en France, pour ces dernières fêtes, j’ai eu l’amertume de constater que tout devenait de plus en plus compliqué dans notre douce France. Les gens ont changé, ils sont à la fois plus peureux, plus méfiants, plus agressifs et plus déloyaux, juste pour faire court. Non, ce n’est pas une ode anti-français, pas du tout, il s’agit simplement d’un changement que j’ai vécu alors que je ne suis même pas encore sexagénaire. Cela signifie très naïvement qu’en moins de deux générations nos mœurs ont évolué et pas pour le meilleur. Bien entendu, les Français ont toujours été râleurs, je le sais, je suis Français et râleur, mais il ne s’agit pas de cela et c’est relativement complexe à expliquer sans entrer dans un jargon qui n’est pas le mien. Je crois en un changement profond et rapide qui a bouleversé nos rapports humains. Peut-être est-ce général et que, sous l’amplification de la mondialisation outrancière qui est achevée depuis longtemps, la terre dans son entier est devenue paranoïaque et veule. Peut-être, je ne sais pas, mais il est vrai qu’en Egypte où je vis, les gens ont changé aussi depuis les dernières 9 années où j’ai fréquenté ce beau pays. Et pourtant, les Egyptiens n’usurpaient pas leur réputation de gentillesse, d’affabilité, d’hospitalité et de générosité, ils étaient avec les Thaïlandais le sourire de la planète. Ici aussi, le développement a amené à la fois la consommation et l’insatisfaction, la possession et le manque, tout et son contraire.

 

Le plus marquant repose sur le manque de confiance que les Français se vouent les uns aux autres. Or la confiance est la définition même du manichéisme, c’est tout l’un ou tout l’autre. Je sais, vous allez me dire que je suis excessif mais écoutez… pardon, lisez ce qui suit et vous comprendrez mon point de vue.

Quand nous avons confiance en une personne, rien ne peut changer facilement notre opinion, tout simplement parce que cette confiance est totale et méritée, en tout cas nous le pensons puisque nous l’accordons. Dès que le bénéficiaire de cette confiance nous prouve qu’il ne la mérite pas, nous passons à un niveau de confiance inférieure, mais…

Comment accorder une confiance à 90, 80, 50 pour cent ? Dès que nous avons le doute la confiance disparait et entièrement. Le doute tue la confiance et même si vous accordez en théorie une confiance partielle, elle n’est pas réelle, car si une confiance n’est pas totale le doute généré nous fait regarder de beaucoup plus près toutes les actions de celui qui devrait la mériter. Ce doute permanent, même accompagné d’une grande affection ou même d’amour, ronge le peu de confiance qui pouvait anecdotiquement rester pour le transformer en une sympathie sans confiance et je dirai même avec méfiance.

Pour moi, la confiance ne se divise pas, ne se dilue pas, elle est ou elle n’est pas. C’est une des rares émotions ou attitudes humaines qui ait une alternative aussi claire et aussi tranchée.

 

Comment avons-nous perdu notre confiance ?

Difficile question à laquelle il ne peut y avoir qu’une multitude de réponses, autant que d’êtres humains, mais… Il n’est pas interdit de faire des regroupements, des associations et même si les membres ne sont pas identiques entre eux, il est toujours possible de retrouver chez eux suffisamment de points communs pour réaliser un amalgame qui n’est pas parfait mais tout de même proche de la réalité.

Quelle est la plus grande marque de confiance qu’un être humain libre puisse donner à un autre être ? Il s’agit du don  ou plutôt de la sauvegarde de sa propre vie. Quand vous remettez votre vie entre les mains de quelqu’un il vous faut une sacrée dose de confiance. Plus encore quand vous faites de même avec votre famille dans son entier, la confiance dans ce cas absolu est extrême et ne peut souffrir aucun doute. Si un doute persiste et que vous mettez, votre famille et vous, à la merci d’un quidam qui n’a pas le bénéfice de votre totale confiance, l’asile vous attend et vous êtes quelqu’un de dangereux pour les vôtres et vous-même.

Or plus de 60 % des Français ont voté lors des dernières présidentielles… Plus de 50 % d’entre eux ont accordé à Nicolas Sarkozy une confiance totale puisqu’ils lui ont donné un pouvoir suprême sur la société et l’état dont ils dépendent directement.

 

Sa trahison permanente, son absence de pudeur et son incurie lui ont fait perdre le crédit qu’il possédait au début de son mandat et pourtant combien de gens voyaient en lui un homme en quelque sorte quasi providentiel dans ce monde de brutes. Et il s’est changé en chef de gang pour mieux défendre ses amis et les siens tout en tirant un parti personnel non négligeable en assouvissant son insatiabilité de pouvoir. Cette trahison du premier homme de l’état ne peut pas pousser à la confiance avec ses subalternes ni même avec le voisin, le client ou le fournisseur. Si le numéro un mérite le doute et la méfiance, les autres ne peuvent être que pires, c’est humain et nous réagissons de cette façon de manière pavlovienne par instinct de survie.

 

Comment peut-on imaginer une crise de confiance aussi grave, tout le monde nous a menti, l’église, les élus du peuple, tant d’autres et depuis toujours. Non contents de cela, ils continuent de nous mentir, de nous cacher leurs actions, leurs propos et leurs intentions réelles. Même les contrats qu’ils signent sont sujets à caution, quel que soit leur bord politique, ils ont en commun la défense de leurs intérêts personnels et tribaux au détriment de la mission qui leur a été confiée par leurs électeurs. Et vous voudriez que les gens, simples citoyens, ne soient pas méfiants et écœurés de ce système qui fonctionne à l’envers ?

 

Partout dans le monde, on n’entend et ne voit que cela, en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique (les deux) et en Océanie, pas un continent n’est épargné et qui paie le prix fort et parfois, voire souvent, le prix du sang ? Vous et moi, pas eux, bien à l’abri de leurs prébendes et de leurs avantages…

 

La confiance mettra du temps à revenir dans les relations intra étatiques et interétatiques, entre les peuples et leurs dirigeants et les pays entre eux, rien n’est plus difficile qu’une relation de confiance à établir et combien il est facile de la détruire.

 

J’ai choisi mon camp, je ne fais aucune confiance à nos hommes politiques et j’ai cessé de voter alors que je considère ce devoir comme le plus important de la démocratie et après avoir voté, depuis ma majorité, à toutes les élections jusqu’en 2002, année sombre où Le Pen fût au second tour des présidentielles. J’ai cessé après ce second tour funeste et enlaidi par la présence de deux hommes qui n’avaient rien à faire là mais dont le borgne présentait encore plus de danger que le Corrézien.

 

Triste choix à traiter que de donner sa famille et sa vie soit à un corrompu soit à une brute épaisse. Je l’ai fait une fois, je ne le referai plus.

 

Haroun.

1 Comment

  1. Pangloss Répondre

    Vous avez raison: la confiance est le fondement du contrat social. Confiance dans les politiques et les émanations de l’état, bien sûr, mais aussi  et surtout confiance dans les autres, dans
    ses voisins, dans les inconnus qu’on croise. Le système est fondé sur le fait que chacun pense que les autres respectent les mêmes règles de la vie en commun. Ce n’est plus le cas. Notre société
    s’effiloche.

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