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« LA » chronique du weekend (85)

Je discutais hier avec des amis. Comme toujours, du fait même de mon engagement comme de celui qui peut toucher mes interlocuteurs, toute discussion politique est à proscrire des conversations entre gens qui s’apprécient mais qui ne maîtrisent pas toujours leurs moyens d’expression. C’est mon cas, dans mon espoir de me faire comprendre j’image mes propos, je les colore de mots parfois trop forts et qui peuvent toucher les ego, toujours présents chez les autres comme chez moi. Ce n’est pas pas pour convaincre, c’est juste pour être compris et souvent je ne le suis pas… Nous voyons ici les limites de la démocratie et du dialogue qui la génère…

 

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Il est vrai que lorsque nous avons des convictions nous sommes absolument certains qu’elles sont les bonnes et que celles des autres ne valent pas tripette. C’est que nous ne sommes des démocrates qu’à force de volonté et de contrôle de nous-mêmes, ce que nous ne savons pas toujours faire… Toutes les opinions sont bonnes pour peu qu’elles existent et c’est c’est ce que nous peinons à faire, et moi en premier malgré de nombreux efforts. Comme je le dis souvent le mal se fait naturellement, le bien demande des efforts, d’énormes efforts, des efforts permanents et volontaires car ils sont tout sauf naturels. L’énergie et l’amour de nos frères humains, nécessaires avant de penser à toute action touchant à la politique et à la gestion de la Cité, sont les ingrédients indispensables à toute réflexion concernant la vie partagée par l’humanité dans la paix et la recherche d’un bonheur qui n’a rien d’illusoire pour peu que ceux qui le veulent y croient vraiment. Les faits d’hier sont simples, partant du principe que Culbuto 1er fait exactement la même politique que celle qu’aurait fait le petit maigre s’il n’avait pas été rejeté par la majorité des Français, je parlais donc de cette trahison vis-à-vis de ses électeurs. Je m’étonnais du fait qu’il reste encore 19 ou 20 % de gens qui pensent du bien du gros de l’Elysée en appelant ces supporteurs des « imbéciles », et c’est bien là mon erreur. Je ne suis pas de gauche et je ne vote pas par conviction depuis 2002, l’année maudite où Le Pen s’opposa au second tour des présidentielles à Chirac, le facho contre le fainéant, la corruption contre la corruption… J’ai mis, malgré mon manque d’illusions concernant notre gros roi, beaucoup d’espoirs dans l’élection de Hollande et bien sûr, je suis déçu. Mais ceux qui votèrent pour lui doivent l’être encore plus. Le fait de qualifier « d’imbéciles » ces gens qui y croient encore n’était pas très élégant mais l’argument est fort, il s’agissait pour moi de lutter contre cette forme de déliquescence de l’esprit politique. Mon amie qui s’opposait au terme d’imbécile, car concernée, disait qu’elle était de gauche et que donc elle voterait à gauche et ceci quand bien même la gauche ferait une politique de droite. Ceci est irrationnel. Pourquoi voter pour la gauche parce qu’on est de gauche quand les élus, soi-disant de gauche, font la politique opposée à celle attendue par leurs électeurs. Quelles sont les raisons que peuvent invoquer  ces gens qui votent sans tenir compte de la réalité et qui n’attachent d’importance qu’aux étiquettes pour continuer de voter pour des gens qui les trahissent ? Mon attention était portée sur l’absence de changement possible dans le cas de non sanction pour haute trahison de la part de son électorat vis-à-vis de nos actuels gouvernants.

Alors oui, mes mots étaient certes trop forts et atteignaient les ego de mes interlocuteurs, mais ils ne se voulaient pas vexants, juste imagés. Ceci prouve, si cela était nécessaire, que chacun peut avoir ses propres limites, et ces conversations animées ne peuvent avoir lieu qu’entre gens qui s’aiment un tant soit peu et se respectent encore plus. Il faut tolérer les débordements de l’autre comme tenter de maîtriser les siens propres. Cela est difficile, cela est compliqué et demande de l’abnégation et de la générosité. Heureusement c’est ce que nous avions et qui sauva l’ambiance d’une réunion qui se voulait avant tout amicale. Je ne vous raconte pas cela pour évacuer quoi que ce soit mais juste pour confirmer que la politique est une façon de partager nos avis, nos vies et la manière dont nous entendons les mener. Ce sont des relations entre les êtres qui font que la politique existe et qui lui donne autant d’importance dans la recherche d’un bonheur à la fois solitaire et commun. Notre recherche va vers la conjonction de nos bonheurs respectifs dans la création d’un bonheur général. Nos bonheurs personnels sont tous différents puisque nous sommes tous différents, mais est-ce incompatible avec le fait de respecter celui des autres et n’est-ce pas cette tolérance qui générera le bonheur général dans le respect de chacun ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

2 Comments

  1. djefbernier Répondre

    CEtte histoire d’étiquette gauche droite à ta décharge est largement médiatisée. T’aurais pu leur proposer le vote blanc…

    Ainsi que, hors faculté de nuisance, le peu de pouvoir de ceux qui en appellent aux suffrages. Ah le bonheur c’est d’avoir à manger et de ne pas craindre de mourir de froid l’hiver prochain,
    enfin c’est ce qui me vient là.

    Au plaisir de te lire

    1. Point de Vue Incorrect Répondre

      Le problème est que je leur disais que je votais blanc depuis 2002 et qu’ils interprètent cela comme « laisser le soin aux autres de faire un choix » ce qui est exactement l’opposé de ce que je
      fais. Enfin pas grave, demain sera un autre jour.

      Bonne journée.

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