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La décroissance ? C’est quoi ?

J’ai encore eu maille à partir avec des gens qui ne comprennent pas ce qu’est la décroissance et qui s’imaginent que celle-ci n’est que le retour, plus ou moins réussi, à l’âge de pierre… ou de Paul… chacun choisira sa version. Lorsque je vous dis que nous sommes lobotomisés, certains d’entre vous sourient, pensant que le vieux que je suis est en plein délire et victime de sa nostalgie du « avant c’était mieux »… Je regrette pour ces naïfs, qui n’ont pas quarante enfants, mais ils sont loin de la réalité et je leur confirme que l’invective ou l’agressivité ne fonctionne pas avec moi.

 

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Les médias appartiennent au pouvoir en place et aux forces et à la puissance de l’argent, si vous étiez un peu curieux vous regarderiez qui sont les actionnaires, parfois bien dissimulés des supports de presse nationaux, des chaînes de télévision et de radios. Vous seriez surpris de constater que j’ai raison de dire que la collusion entre la politique, les grandes compagnies, les propriétaires capitalistiques, la starisation des porteurs d’audience que sont les artistes et le grand banditisme sont liés par le plus important des points qu’ils ont en commun, l’argent. Il n’est pas rare de voir dans les mêmes fêtes et évènements de la jet set et autres boîtes de nuit huppées, ces mêmes gens qui se mêlent et s’entremêlent dans le plus parfait des accords. Ce sont eux qui, par intérêt de caste, ont ridiculisé, par l’entremise des médias qu’ils possèdent ou manipulent, l’idée même de décroissance. A tel niveau qu’il suffit de dire le mot pour que toutes, je dis bien toutes ces belles personnalités, qui garnissent les pages de voici et de gala, magazines qui n’ont de raison d’exister que pour les toilettes au fond du jardin et encore ils essuient mal, que le chœur, des manipulateurs patentés qu’ils sont, se mettent à crier au scandale contre ceux qui veulent retourner à la bougie, à la télévision noir et blanc, et au repli sur soi. Suivis en cela par les médias de toutes sortes et de toutes obédiences, ces calomniateurs de la décroissance stupides, qui n’ont pas réussi à prouver qu’ils pouvaient faire fonctionner une société correctement, que ce soit via le capitalisme ou le collectivisme, comme on peut le voir à condition d’avoir un cerveau pour décrypter les informations parcellaires et truquées qu’on nous propose, c’est la danse autour du bucher qui consume la décroissance. On en est arrivé à une telle privation de liberté et de tolérance dans notre pays qu’on ne peut plus émettre une idée, fut-elle géniale, sans se faire honnir par tous les médias et suppôts de la finance.

 

Prenez garde, à ne plus supporter la contestation on se change en dictature, le politiquement correct mène à cela, en faisant croire à une ligne qui doit servir de fil conducteur de tous, c’est cette même ligne qui nous entrainera vers les bas-fonds de la misérable vie privée de toute liberté qui nous attend si nous ne réagissons pas. Sans contestation, sans opposition, et je ne parle pas des vociférations calculées et programmées par nos pseudo oppositions qui s’échangent les rôles en fonction de leur réussite électorale, je parle de vraies oppositions, celles qui sont pensées, réfléchies et qui correspondent à d’autres itinéraires que celui qui est non pas conseillé mais obligé par les adeptes du politiquement correct qui ne sont que les tenants du pouvoir alliés à leurs financiers chéris et leurs amis de caste.

 

La décroissance est une idée qui est porteuse d’espoir dans le sens où elle envisage, avec raison et une certaine sagesse, qu’une planète où tout est limité par définition, puisque nous avons ce que nous avons et certainement pas plus, ne peut se permettre de, justement, dilapider ce qu’elle possède, ce qu’elle contient, dans une croissance infinie et exponentielle. La décroissance propose de cesser de bâtir toutes nos théories économiques sur ce que nous appelons le Produit Intérieur Brut (PIB) et qui n’est finalement que le constat de la volonté de chaque état de gaspiller sans cesse plus via une production exacerbée et expansionniste ad vitam aeternam. Comme je le disais récemment, nos économistes depuis Adam Smith et même ceux de gauche tel Marx, ont pensé que le bonheur est d’avoir, ils ont changé le bien-être en bien-avoir. Triste constat, la propriété de biens n’apportent pas le bonheur, tout au plus du plaisir mais guère plus et toujours très momentané. En effet, qu’y a-t-il de plus éphémère que le plaisir, vous vous achetez une belle voiture, une fois passée la fougue des premières heures voire des premières minutes, il ne vous reste plus que le plaisir engendré par le regard plein de convoitise de vos voisins ou des gens qui vous voient passer dans les rues, au volant de votre joli tas de ferraille. Plaisir ô combien négatif que celui généré par la jalousie ou l’envie des gens qui vous entourent, que vous les connaissiez ou pas. Ce qui est encore plus triste est que certaines marques n’hésitent pas à pousser de tels bas sentiments et les utilisent pour augmenter leurs ventes. La décroissance est une façon d’imaginer le futur autrement qu’en usant et abusant d’une terre qui n’est pas nôtre mais qui est celle de nos enfants et petits-enfants. Nous ne sommes que les locataires à titre précaire d’une planète qui n’appartient qu’à l’avenir. Nous n’avons pas le droit d’épuiser notre petite terre alors que nos successeurs n’auront rien d’autre que nos ordures et déchets à gérer pour organiser leurs propres vies. La décroissance c’est de revisiter le travail et sa répartition entre les habitants de cette boule bleue, c’est de respecter les êtres en ne les limitant pas à leur fonction productive qui mobilise toute leur existence pour aboutir à une retraite dont ils ont peine à jouir. La décroissance c’est autre chose qu’un retour un arrière, c’est une fenêtre sur un espoir, c’est une ouverture de l’esprit sur le retour de l’homme à sa véritable place, un roseau pensant et pas possédant.

 

Documentez-vous sur la décroissance et vous allez découvrir autre chose que le silex et la bougie, vous allez vous retrouver vous-même. Sans rien abandonner de vos convictions et de vos points de vue, il n’est pas inutile de savoir ce que vos voisins proposent avant de les bannir à tout jamais de vos villes et de vos vies. Lisez Illich, Ellul et d’autres, ce ne sont pas des imbéciles, et même si vous n’êtes pas d’accord, leurs opinions valent le temps de les entrevoir, ce ne sera pas du temps perdu, bien au contraire, vous constaterez qu’une fois de plus nos politiciens, de droite et de gauche, ne font que nous mentir sur cela comme sur tout le reste !

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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