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La démocratie est un sport ardu…

Vendredi dernier, une fois de plus, des manifestations avaient lieu place Tahrir. Elles se sont soldées par deux morts et plusieurs dizaines de blessés. L’armée est-elle vraiment aussi près du peuple qu’on a bien voulu le croire ?

 

Bien entendu, un gouvernement de transition, sous le contrôle d’un comité suprême des armées, constitué de personnes intégrées depuis longtemps au système mis en place depuis trente ans, ne peut faire autrement que de perdre patience. Ils n’ont pas l’habitude qu’on leur résiste, surtout si cette résistance s’acharne à réclamer leur départ et l’organisation de procès des tenants de l’ancienne équipe.

 

En fait, il en est de la démocratie comme du marathon, c’est un effort permanent, long et laborieux, qui même à l’arrivée ne se change pas en état de grâce. La souffrance continue, malgré la joie d’avoir atteint son but et l’obligation de toujours faire mieux pour établir de nouveaux records. L’entrainement ne peut jamais cesser sans prendre le risque de tout avoir à recommencer.

Encore faut-il aimer ce sport pour vouloir le pratiquer.

 

L’armée est le principal acteur économique d’Egypte. Ses possessions sont nombreuses et dans des domaines clés de l’économie. Si demain nous devions la priver de ce pouvoir financier et industriel, ne nous attendons pas à ce qu’elle abandonne ses biens aussi facilement et ceci en dépit de son « amour » immodéré de son propre peuple. Tout est question d’argent finalement.

 

En résumé, le marathonien est adossé à une organisation rigide qui contrôle la compétition. Ces arbitres, juges et parties, acceptent qu’il court mais à leur rythme et dans la direction qu’ils ont choisie. La compétition ne semble pas facile, comme vous pouvez le constater, et les efforts paraissent parfois vains. Mais… Mais, ce n’est pas parce qu’on souffre que nous nous arrêtons de courir, c’est parce que nous sommes arrivés au but que nous souhaitions atteindre. Les jeunes n’ont pas encore fini de courir et ne semblent pas décider à stopper avant la ligne d’arrivée.

 

Les jours les plus sombres de la révolution égyptienne n’ont pas encore eu lieu car en fait de révolution, à ce jour, ce ne sont que des évènements qui ont alarmé et fait prendre conscience au peuple égyptien de sa capacité à décider par lui-même de ce qui lui est bon ou pas. La révolution est en marche mais a encore du chemin à parcourir.

 

Nous pouvons, par ailleurs, nous poser la question qui concerne tous ces présidents et grands démocrates des USA et d’Europe, dont le silence actuel ressemble à de la complicité vis-à-vis d’un système qui finalement n’a pas changé et continue de leur garantir une stabilité qui leur permet de continuer à vaquer à leurs petites affaires. Mise à part « l’embrouille » libyenne, jusqu’à maintenant, rien n’a vraiment changé pour l’homme du peuple, qu’il soit Tunisien ou Egyptien. Pour la Libye, en guerre civile, pour des raisons électoralistes françaises, on est encore plus loin de cette ligne d’arrivée qui s’éloigne lorsqu’on avance.

 

La démocratie est un sport de longue haleine, une course de fond à n’en plus finir, et dont on sait, que même au but, la perfection n’existera pas puisque reposant sur l’espèce humaine.

 

Haroun (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) lundi 11 avril 2011

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