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La journée de la Femme ? Ce n’est pas tous les jours ?

La journée de la femme ? Il parait que c’était la journée de la femme, ça c’est intéressant, ça c’est de l’information de haut niveau. Et, de plus, c’est très important, des fois que nous aurions besoin de faire une journée spéciale pour fêter plus de 50 % de la population mondiale, qui est traitée comme quantité négligeable par plus de 50 % de la population restante, c’est-à-dire beaucoup trop encore, et dont le traitement, contrairement à toute attente, ne va cesser d’empirer dans les années qui viennent…

 

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Plusieurs aspects sont à méditer dans cette habitude que nous avons prise de vouloir fêter tout et n’importe quoi, tout en oubliant dès les lendemains des fêtes en question les raisons pour lesquelles nous les avions faites. La journée de l’enfant, celle de la nature, celle de la peau des genoux et de la calvitie précoce, enfin toutes ces journées qui ne sont rien, qui ne représentent rien et qui n’ont d’autre signification que celle de nous lobotomiser toujours plus et mieux. En fait, je ne comprends même pas pourquoi on ne nous fait pas encore l’ablation du cerveau à la naissance, cela supprimerait beaucoup de problèmes, n’est-ce pas ? Avez-vous lu « le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley ? Si oui, relisez-le, sinon lisez-le deux fois, la première pour vous imprégner de l’histoire et de son message, la seconde pour vérifier à quel niveau nous en sommes arrivés de cette société où l’homme n’est plus qu’un sous-produit de la production financière et industrielle. Vous risquez d’être à la fois surpris et déçu, nous n’y sommes pas déjà mais il n’en faudra pas tant que ça pour qu’on y arrive… Enfin, toutes ces belles journées de fête qui ne sont inventées que pour faire marcher le commerce et la consommation, heureusement qu’il nous reste cela pour être contents et plein de cette joie de vivre consumériste dont nous ne pouvons nous passer et qui nous prouve que nous sommes encore vivants, si tant est que ce soit réellement une preuve d’existence…

 

Quels sont les aspects dont je parlais et qui sont à méditer ? Le premier est la nécessité de vouloir organiser des fêtes à tout prix, pourquoi est la question la plus pertinente. Pourquoi avons-nous besoin de cet esprit festif artificiel, ces simagrées qui n’ont d’autre fin que d’essayer de montrer un bonheur extérieur et factice, un plaisir, une joie qui ne sont qu’apparences alors que la détresse qu’elles sont censées cacher est sous-jacente, omniprésente mais discrète, insidieuse et persistante tout en étant invisible à ceux qui ne regardent qu’avec les yeux. Le cœur voit beaucoup mieux que les globes oculaires qui ne transmettent que les formes jamais le fond. Pour paraphraser notre ami Blaise, le cœur a ses visions que la vision ignore. Si le monde de la consommation nous rendait heureux ne pensez-vous pas que nous le saurions, nous surtout, le pays au plus haut taux d’absorption de médicaments et en particulier ceux liés aux souffrances psychologiques et psychiques ?

Dans ce monde des formes, de la démonstration et du mensonge où les apparences remplacent la vérité, il faut montrer son bonheur parce qu’il est honteux de ne pas être dans un état de jouissance permanent. Il faut être heureux sinon vous nuisez à l’équilibre précaire d’une société qui craint d’avoir peur, qui ne veut plus s’effrayer, qui ne souhaite que la sécurité qui nous est ressassée par nos gouvernements sans cesse. Ces principes de précaution qui nous font croire que la vie ne contient pas de dangers ou qu’il faut tous les supprimer. Mais sans ces dangers, la vie n’est plus la vie, nous ne serions plus que des bœufs qui passent de l’étable au pré et vice versa. Que nous prenions soin d’éviter les risques majeurs, pourquoi pas, mais vouloir les annihiler tous est une régression mentale, intellectuelle et même physique. C’est dans la résolution de problèmes que nous nous montrons humains, pas dans l’extase de l’absence de risque où l’intelligence et la réflexion sont définitivement exclues.

 

La seconde raison d’être de ces fêtes repose sur la nécessité obligatoire de nous faire consommer, pour faire tourner une société qui ne peut vivre sans ces flux d’argent qui l’alimentent comme un mourant l’est des différents liquides, qu’on lui envoie dans les veines via des perfusions qui se veulent salvatrices et qui ne servent finalement, elles aussi, qu’à continuer de consommer jusqu’à ce que mort s’en suive. Noël est la fête des fabricants de jouet et des distributeurs alimentaires, le jour de l’an des restaurateurs et des fabricants de vêtements, la Saint Valentin des fleuristes et des bijoutiers, la fête des mères des fabricants d’aspirateurs (je rigole), celle des grands-mères des pâtissiers et des dentistes (je rigole encore)… Ces soi-disant fêtes ne sont que des prétextes pour nous obliger à consommer toujours plus, car, les politiciens ont remarqué un fait extrêmement important, plus nous consommons moins nous réfléchissons. Tout l’empressement que nous développons à monter des stratégies qui visent à augmenter notre pouvoir d’achat dans le but de cette consommation tant désirée par nos élus et adeptes de l’économie de marché, représente autant d’énergie dispersée sur des sujets futiles en lieu et place de pensées plus existentielles et autrement plus fondamentales sur le sens de nos vies et de nos présences dans une société qui nous ballade sur de faux thèmes pour mieux nous manipuler.

 

Faites la fête mes frères humains, faites-la sans arrêt, peut-être oublierez-vous de cette manière que vous n’êtes plus les humains que vous auriez dû être et que votre monde ne vous appartient plus, comme vos propres vies. A vous de fêter l’avènement de l’homo « consumeris » mes amis, bon courage.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

1 Comment

  1. Brigitte Répondre

    Vous avez raison. Les fêtes, même noël, sont toutes commercialisées. Les commerçants les utilisent pour augmenter leur pouvoir d’achat. Personnellement, je ne suis pas très fêtarde. Et pourtant, on dirait que les gens, pas mes amis mais les autres, n’aiment pas ça. Pour eux, tout est prétexte à faire la fête et quand on n’y participe pas, c’est qu’on ne veut pas être leur ami. Des fois, je me dis que c’est mieux de vivre dans la forêt, loin de toute soit disante civilisation.

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