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La Tunisie, ou l’Islam tranquille…

La Tunisie a fait valoir son choix. Ceci est vrai que dans la limite où les votations ont eu lieu sans triche et sans aucune intervention quelle qu’elle soit. Cela semble être le cas bien que je m’inquiète toujours de la durée qui s’étale entre la fin du vote et la date de remise des résultats… Pour la quantité d’électeurs tunisiens, il ne me semblait pas nécessaire de prendre autant de temps pour le dépouillement, sans doute compliqué par un format différent et des données fort nombreuses sur le document à déposer dans l’urne. Enfin…

 

Admettons que tout se soit bien passé et que le scrutin ne soit pas entaché de quelconques malversations ou même erreurs. Faisons place maintenant à l’analyse, excusez du peu, je me prends pour l’un de cette myriade de politologues, sociologues, économistes, et tous ces spécialistes plein de connaissances mais qui ne répètent que ce qu’on leur demande de dire pour la majorité d’entre eux. Avez-vous remarqué comme ces grands experts font flores sur nos chaines et en particulier sur les chaines d’information en continu… Il est étonnant qu’avec tous ces illustres techniciens on ait autant de problèmes, ne croyez-vous pas ? Mais méfions-nous, les conseilleurs ne sont jamais les payeurs…

 

Que s’est-il passé ?

Les Tunisiens ont choisi, c’est tout. Entre une société construite sur un concept matérialiste total, les musulmans ont préféré un nouvel élan où la spiritualité, où la foi, permettait d’avoir un garde-fou, et, l’expression ici prend tout son sens avec nos mésaventures européennes, un garde-fou, disais-je, moral s’ajoutant aux préceptes habituels de notre société de consommation (à outrance). Ceci est leur attente, cela ne veut pas dire que Ennahda y souscrira. Il y a toujours un fort décalage entre ce que les votants expriment et ce qu’ils reçoivent en retour. A l’instar des évènements européens, on peut efficacement se mettre à réfléchir sur le fondement de notre société, son éthique, et sa morale. Si nous n’avions pas remplacé Dieu par le dollar… Il est d’ailleurs intéressant de noter que sur le fameux billet vert, nous trouvons en exergue au haut de chaque billet la phrase « In God we trust », étonnant pour un vulgaire papier monnaie, non ? C’est dire à quel point l’argent est devenu, grâce à nos Américains, le Dieu omnipotent qui a remplacé tous les Yahvé, Allah, Bouddha, que ceux que j’oublie me pardonnent…

 

Ce point de vue n’a été évoqué par aucun des analystes dont je parlais ci-dessus, serais-je le seul à me préoccuper de vos âmes ? Pourquoi ? Parce que la religion n’est pas de la politique, elle n’est pas concrète. Peut-être mais elle n’est pas aussi de l’économie et pourtant les billets verts, hein ? Je pense tout simplement que les écoles et universités ne communiquent pas sur ce thème et enseignent encore moins. Pourtant l’Homme n’est pas qu’un consommateur… Les Tunisiens n’ont peut-être pas envie de devenir des Saoudiens mais faut-il pour autant qu’ils soient des Européens ou des Américains ?

 

De toute façon, c’est leur choix et nous devons le respecter. Pourquoi les connecter à l’Islam de la Turquie ou d’ailleurs, robertghannouchi.jpgils sont Tunisiens, laissons-les être ce qu’ils sont sans les comparer à d’autres quels qu’ils soient. Dans toute comparaison il y a jugement, évaluation, estimation, et, tout cela ne sont que des analyses forcément subjectives vues et transmises par le prisme de nos cultures locales. Qui nous dit que nos raisonnements sont ou même s’approchent de ceux de nos voisins de l’autre côté de la Méditerranée ? Je crois au contraire qu’ils en sont fort éloignés. Malgré déjà un certain endoctrinement, qui contrebalance celui des islamistes, que l’on entend chez tous ces démocrates modernistes qui parlent de leur échec face aux conservateurs religieux. On est surpris d’entendre et voir ces jeunes parler et agir comme des occidentaux. Vous retrouvez dans leurs bouches les mêmes propos que ceux de nos analystes une fois de plus. Ils parlent de l’échec de leur communication envers tous les Tunisiens, ils regrettent leur manque de clarté dans l’exposé de leurs arguments vis-à-vis de leurs concitoyens, etc.

 

Mais qui leur dit que ce n’est pas tout simplement parce que les gens ne veulent pas les entendre leurs arguments et qu’ils en préfèrent d’autres. Comme je le disais une fois, les perdants ne reconnaissent jamais la supériorité de leurs compétiteurs, ils s’auto flagellent en se trouvant des raisons à leurs échecs mais des raisons dont ils sont les responsables. Eh bien non mes amis, vous avez perdu parce que les gens d’en face étaient meilleurs et disaient ce que les gens voulaient entendre, point. Votre modernisme et votre modèle démocratique n’est tout simplement pas ce qu’ils souhaitent, dans tous les cas aujourd’hui, demain on verra, tout évolue, tout change.

 

La tolérance commence par cela, accepter l’autre dans ses différences, tel qu’il est, sans même se poser de question. Alors, si les Tunisiens ne sont pas contents du résultat, soit ils voteront autrement la prochaine fois (si cela est possible) soit ils redescendront dans la rue (si cela ne l’est pas). Et puis c’est tout.

 

A tous les Tunisiens, je souhaite de trouver le modèle de société qui sera le leur, seulement le leur, et qui les rendra heureux. Bon courage…

 

Haroun.

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