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Le n°58 gagne un grand-père, âgé mais peu servi…

Il y avait encore à dire sur le travail et sur son inutilité mais un fait extraordinaire a changé mon sujet du jour… Au Pakistan, un jeu a permis à un couple de gagner un enfant, une petite fille plus excatement. Aux images diffusées par le réalisateur de ce jeu, ô combien intelligent par le choix des prix décernés aux lobotomisés qui y participent, le bébé n’était pas dans un paquet cadeau et n’avait pas de nœud sur son front pour marquer l’évènement comme il se devait. Quelle faute de goût, quelle horreur… Un cadeau sans emballage ni nœud… Ce sont vraiment des sauvages…

 

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Le fait que des gens ne puissent avoir un enfant n’autorise pas de lui en faire gagner un, via un jeu quel qu’il soit. On touche à l’abjecte dans sa plus haute définition télévisuelle. Rien que l’idée, le fait qu’un être humain ait pu l’avoir, me fait vomir, me révulse au plus haut point. Jean-Jacques Rousseau disait « plus je fréquente les hommes, plus j’aime mon chien », c’est dans tous les cas mon opinion quant à ceux qui eurent le mauvais génie de créer cette émission et l’indescriptible nullité de la réaliser. Comme je vous le dis très souvent, trop diront certains, je les connais, j’ai leurs noms, l’homme est devenu une vulgaire marchandise, qui peut, s’il en a les moyens, s’acheter des pièces de rechange sur le marché noir des organes, s’offrir en cadeau depuis hier, se faire livrer en pâture contre des profits intéressants, et plus si affinité. Quelle joie, quel véritable bonheur de vivre dans une société où tout se vend et s’achète, où plus rien n’est interdit si on fait partie des puissants, où l’espérance de vie des plus fortunés passera à 500 ou 1000 ans à la fin de ce siècle, grâce aux nanotechnologies. Mais quelle vie, si vous m’offrez une vie de 10000 années pour subsister dans une société sans âme, sans respect d’elle-même et du monde, où pour toute occupation et bonheur il ne restera que l’achat de choses futiles et des ballades dans les centres commerciaux, je n’en veux pas, je préfère mourir dans l’instant plutôt que de voir cela. La bêtise humaine me fait parfois regretter d’avoir fait des enfants. De savoir que je vais les laisser se débattre dans le monde pourri que je leur lègue, j’aurais mieux fait de me la couper… Je prends pour moi l’avilissement dans lequel tombent les organisateurs de ce spectacle affligeant, triste et honteux, je suis complice de ces gens, nous le sommes tous, nous avons accepté de faire de notre petite terre un gigantesque bazar, où les marchands sont aussi malhonnêtes que possible et nous aussi résignés que l’impossible. Je ne croyais pas voir cela de mon vivant, je pensais que nous arrivions gentiment au meilleur des mondes de Huxley et à 1984 d’Orwell mais je n’imaginais pas que cela irait si vite. La tourmente est réelle et maudits sont ceux qui ferment leurs yeux volontairement sur les scandales qui tombent et s’entassent sur nos têtes, sans que nous réagissions.

 

Le couple gagnant de cet enfant était heureux, tu parles, ils étaient incapables d’avoir, par leurs transports amoureux, le bébé qu’un transporteur routier a pu leur amener. Je comprends leur bonheur et je comprends aussi son ignominie. L’égoïsme des hommes est sans limite et pour atteindre leur pseudo bonheur personnel, ils accepteraient de donner leur âme au diable ou à ses ambassadeurs dans notre monde, les voyous qui nous gouvernent et ceux qui les corrompent. On est prêt à tout pour satisfaire nos caprices, pour assouvir nos désirs, des plus simples aux plus sophistiqués. D’accepter cet enfant en cadeau, car ils ne savaient pas ce qu’ils allaient gagner, les a plongés dans l’univers des bêtes immondes, pourries d’égocentrisme forcené qui les éloigne du genre humain. Vous me direz qu’ils n’y sont pour rien… C’est faux, nous ne sommes pas obligés d’accepter ce genre de cadeau empoisonné qui démontre que notre amour de la vie ne repose que sur sa marchandisation. Ces gens sont complices en agréant à cette action, ils en deviennent, eux-aussi et tout autant que ceux qui l’ont organisée, les co-auteurs et coréalisateurs. Il faut arrêter de distribuer les responsabilités aux autres, comme le font nos politiciens, il faut redevenir des hommes responsables, qui choisissent leur vie et l’assume pleinement, avec ses travers et ses échecs, avec ses réussites et ses joies. Vous pourriez me dire aussi que je juge ces gens et que je n’en ai pas l’autorité… Peut-être, mais une certitude m’est offerte, je ne les juge pas eux, en terme d’êtres humains, je juge la société que nous avons faite et qui a pour résultats ce genre de choses qui, somme toute, ne correspond pas à une définition de l’éthique sur laquelle il serait facile de discuter. Car, dans le fond, c’est bien d’un problème de société dont il s’agit et pas d’un problème de personnes. Chacun fait ce que la société lui autorise sous peine de sanction de sa part.

Il est trop facile de se moquer des jeux et de la téléréalité si nous passons ne serait-ce qu’une seconde à les regarder, nous en devenons complices. Cela nous retire le droit de les critiquer, puisque nous les regardons et que cela leur permet de se pérenniser et de vivre de la publicité qu’ils vendent en fonction de leur audience. Nous sommes l’audience, comment pouvoir se moquer de ce que nous faisons survivre, n’y a-t-il pas une incohérence surprenante à faire cela ? Je ne me pose pas en donneur de leçon, je fais simplement ce que je dis et ce que je pense, cela ne me permet pas de dire que je suis mieux ou pire que les autres, il n’y a pas d’évaluation ni de comparaison, seulement une cohérence personnelle qui me rend serein au regard de mes choix et du fait que je m’oblige, sans contrainte, à les assumer. Je demande seulement à chacun de faire de même si cela lui sied, sinon, qu’ils fassent tous ce qu’ils veulent mais ils en perdront le droit de se plaindre si leur vie devient un enfer.

 

H.G. Wells disait « quelqu’un qui n’aime ni les enfants ni les animaux ne peut être foncièrement mauvais ». Son humour grinçant et dévastateur me plait énormément et cette phrase illustre bien les non-sens de notre société, son incohérence et sa déliquescence notoires.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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