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Le travail, ce n’est pas la santé !

Le travail est-il obligatoire ? Pire encore, le travail est-il nécessaire ? Malgré une église omniprésente, à tous les niveaux de la société occidentale européenne, durant de longs et pénibles siècles d’asservissement populaire aux diktats d’une religion qui n’en supportait pas d’autres et ne voulait instruire que les puissants, le travail finit tout de même par connaître sa vie propre. Mais la question fondamentale est : « est-ce pour notre bien ou notre mal ? »…

 

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L’origine de ce mot est latine, le mot latin populaire « tripalium » désignait un instrument d’immobilisation (et éventuellement de torture) à trois pieux. Le verbe travailler vient du latin populaire tripaliare, qui signifie « torturer avec le tripalium ». Par extension, le mot travailleur peut revêtir, en fonction des racines ci-dessus évoquées, le sens de « bourreau », et oui puisque c’est le travailleur qui utilise le tripalium afin de torturer un être soumis à la question par exemple. Ou alors, au contraire, le travailleur devient celui sur qui est utilisé le tripalium, ce qui rend encore plus désagréable cette fonction. Le fait est que la racine de ce qui nous fait aller au bureau, à l’usine, à l’atelier, ou tout autre endroit où nous devons nous rendre pour accomplir notre travail, ne pousse pas à l’enthousiasme. Sachez que le travail n’a jamais été quelque chose de révéré et que les clercs, les chevaliers, les nobles, tout comme les citoyens de la Grèce et de la Rome antiques, méprisaient ce travail qui ne devait et pouvait n’être accompli que par des esclaves. Furent inventés des mots sympathiques et chaleureux comme « corvée », qui, celle-ci était obligatoire pour les serfs au profit de leurs seigneurs. Il fallut que la société devienne productiviste pour donner un sens moins négatif au mot travail. Ce qui veut dire que, comme tout produit au marketing bien étudié, on trouva du sens et de la reconnaissance à une fonction qui était avilissante jusque-là uniquement parce qu’il fallait un public pour, réaliser d’abord et acquérir ensuite, les fabrications d’une industrie naissante. Il faut savoir que c’est par l’arrivée des « Lumières » et du développement des sciences que la technique pût évoluer. Ce sont ces génies, si l’on peut dire au vu des résultats, qui donnèrent l’impulsion nécessaire au démarrage de la société industrielle productiviste. Ce n’est pas que je sois contre les sciences ou même contre les dites lumières, mais je me pose la question, si la Science, avec un grand S, ne nous avait pas fait croire qu’elle pouvait résoudre tous les problèmes de l’humanité à cette époque reculée, peut-être n’en serions-nous pas là aujourd’hui. Il est vrai que la Science, chez certains scientifiques prétentieux et stupides, pense toujours qu’elle connaîtra toutes les solutions à tous nos problèmes, sauf que maintenant, nous avons les preuves tous les jours de l’irréalité de ce mode de penser. La Science, voire même les sciences, n’ont pas la possibilité de donner le bonheur, ni un sens à nos vies. Elles peuvent tout au plus procurer les outils nécessaires à la production de biens qui nous font croire au bonheur sans jamais nous le donner.

 

Autrement dit, il est positivement remarquable de travailler aujourd’hui grâce à la nécessité des préindustriels de trouver une main d’œuvre, pour remplacer les esclaves devenus moins nombreux, et occupés, à cette période-là, aux travaux de la terre. Les patrons de cette ère réussirent à nous faire imaginer que le travail allait nous rendre heureux, ce qui était, est, et sera toujours faux. Evidemment ils n’y parvinrent pas et il leur vint une idée saugrenue, pourquoi ne payeraient-ils pas les gens qui travailleraient à leur service ? Cela permettrait à la fois de produire mais aussi de vendre, les produits élaborés par ceux-là mêmes, ou leurs amis travailleurs, qui les auront sortis des chaînes de montage où ils n’étaient rien de plus que des nouveaux esclaves. C’est donc uniquement par intérêt que les nouveaux industriels en vinrent à payer des employés parce que sinon leurs productions n’auraient jamais été vendues. Quel est l’intérêt de payer quelqu’un si ce n’est de lui reprendre d’une main ce qu’on lui a donné de l’autre ? C’est ce qui se passe encore de nos jours. Nous allons travailler pour pouvoir dépenser l’argent gagné dans des produits qui ne sont pas forcément ceux que nous avons participé à faire mais ceux que nos voisins ont fait, ou pire, ceux que les Chinois ont fait. C’est là que le bât blesse. Les Chinois prennent nos emplois et peuvent donc acheter ce qu’ils fabriquent eux-mêmes. En revanche nos acheteurs ici, trouvent bien ces produits chinois identiques à ceux achetés par les esclaves de ce même pays, mais ils sont beaucoup moins nombreux, il y en a même plus de cinq millions qui chôment en partie ou en totalité. Le fait de chômer diminue la capacité d’acquisition en diluant le pouvoir d’achat comme le sucre dans le café, sauf qu’il ne sucrerait pas. Le travail nous rend esclave, de notre patron d’abord et de nos pulsions acheteuses ensuite, pulsions notamment aidées par la publicité et la duplicité des hommes politiques et des médias. Alors à la question le travail est-il nécessaire, ma réponse est non ! Il ne l’est devenu que par le truchement de notre goût insatiable pour les possessions, de toutes sortes, de toutes natures, nous voulons avoir, et de plus en plus. Sans l’insatisfaction permanente de notre société et de ses membres, sans ce désir inassouvi et ce besoin irrépressible de posséder, nous ne serions pas esclaves de nos propres mauvaises habitudes et aurions évité les turpitudes et les désagréments où elles nous projettent.

 

C’est cette nouvelle société à laquelle je me réfère lorsque je demande l’arrêt de celle-ci et le début d’une autre. Il faut redéfinir le travail, le partager autrement, apprendre à se satisfaire de ce que nous avons et nous habituer à une frugalité positive et bienheureuse car ce sera elle qui conservera notre monde dans l’état où nous l’avons mis au lieu de continuer à le détruire si nous ne changeons pas nos habitudes.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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