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Les jours se suivent et…

Les lundis se suivent et ne se ressemblent pas. La semaine passée, les évènements nous dictaient les mots que nous devions écrire… Tout comme cette semaine… Mais, les mots sont différents.

 

Il aura fallu 18 jours de lutte avec des moments plus que difficiles pour ces jeunes, présents pour la plupart du premier au dernier jour, recevant tantôt des grenades lacrymogènes, tantôt des balles de caoutchouc, tantôt des pierres, des coups de barres de fer, pour que le but qu’ils recherchaient soit atteint. Le Président Hosny Moubarak est parti.

 

Je parlais de leur dignité, maintenant il faut parler de leur sens des responsabilités. Après l’enfer du combat est venu le temps de la reconstruction. Il fallait voir ces jeunes, le12 février, exténués par des nuits sans sommeil, nettoyer, brosser le sol, ramasser les déchets jusqu’aux mégots, plier des centaines de couvertures, retirer les barbelés posés par les militaires pour les protéger de la vindicte des opposants à leur mouvement. Le 11 février sera connu comme la fin d’un règne, le 12 sera connu comme un renouveau qui donnera lieu à une Egypte nouvelle, propre dans tous les sens du terme (des trottoirs jusqu’à la disparition de la corruption). C’est ce que je souhaite à cette Egypte que j’aime, riche de ses excès mais surtout riche d’un peuple qui s’est réveillé d’un long sommeil rempli de cauchemars et qui veut se prendre en charge.

 

Maintenant que nous avons vu Musulmans, Chrétiens, Coptes, athées, chômeurs, étudiants, ouvriers, cadres et j’en oublie forcément, s’aider, se protéger les uns les autres, est venu le temps de la construction de la démocratie à l’égyptienne.

 

Que veut dire démocratie à l’égyptienne ?

Nous avons trop imposé de par le monde notre mode sociétal occidental, convaincus que nous sommes du bien-fondé de notre mode de vie et du bonheur qu’il procure. Faisant abstraction des cultures locales, des sensibilités différentes, des religions, des modes de vie et de fonctionnement, nous avons imposé, un temps par la force, un autre par la subversion de nos communications mais toujours via une corruption que nous avons créée, une civilisation globalisée qui devient monotone tant elle est semblable d’un bout à l’autre de la planète.

Laissons faire les Egyptiens, ils trouveront ce dont ils ont besoin et développeront leur propre modèle sans souci d’être conforme ou non à un autre modèle qui ne peut être le leur, en l’occurrence le nôtre.

 

Utopie

Bien sur, cela ne se fera pas et les USA ont d’ores et déjà donné leurs consignes aux bénéficiaires de leur manne. Nous aussi, Français, avons nos propres directives à donner à cette future administration mais évidemment bien en deçà de celles de nos « alliés »… Notre manne est bien plus petite. Quand je me suis trouvé près d’un char vendu par nos industriels de l’armement, j’ai finalement compris pourquoi nos dirigeants ne peuvent rien dire ni prendre parti et encore moins réclamer la fin d’une dictature qu’ils ont financé et dont ils ont tiré profit. L’économie ne fait pas bon ménage avec la morale ou l’éthique, idem pour la politique. Quelle tristesse…

 

Je me prends à espérer que cela cesse un jour, mais quand ? Peut-être ici et maintenant, je peux rêver, non ?

 

Haroun (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) lundi 14 février 2011

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