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Les tics ou l’éthique ?

Si vous me donniez la possibilité de fixer moi-même mon salaire ou les règles qui régissent mon poste de travail en toute impunité et en parfaite autonomie, croyez-vous que je serais capable d’être respectueux de mes collègues, de l’entreprise ou même de l’état qui me donnerait ce pouvoir ? Et là je ne parle même pas d’équité ou d’un quelconque esprit de justice qui pourrait, je dirai même devrait, m’animer…

 

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A la suite des différents scandales financiers du Libor, Euribor et Tibor, qui touchent les banques les plus importantes de notre monde capitalo-stupide, un directeur de fonds d’investissements anglais, George Dallas, a dit : « il semble y avoir un dénominateur commun [entre ces scandales], l’absence des valeurs éthiques et culturelles pour guider les cadres dirigeants des banques ». Or, si un banquier le dit, c’est que tout le monde le pense… Ce banquier, qui avoue les travers de son milieu prêt à tout pour engranger des profits assez monumentaux pour oublier qu’ils ont des consciences et permettre à leurs bonus d’insulter l’intelligence de tous les autres employés de leur établissement et de leur pays dans son intégralité, a au moins le mérite de mettre le doigt là où cela fait mal.

 

Bien sur si j’étais président ou homme de pouvoir, je me servirais peut-être copieusement, je mettrais certainement les miens ainsi que mes amis les plus fidèles à l’abri du besoin aux frais de la princesse, je distribuerais avantages et prébendes à ceux qui seraient en mesure de me renvoyer l’ascenseur un jour ou l’autre directement ou indirectement, peut-être ferais-je toutes ces malversations, peut-être mais peut-être pas… La seule chose qui pourrait m’en empêcher tient en un seul mot et est la caractéristique essentielle d’un Honnête Homme, l’éthique. Lorsque je dis Honnête, ce n’est pas de légalité dont je parle car des actions légales sont parfois malhonnêtes. Ce n’est pas non plus de morale dont je parle car elle sous-tend une espèce de garantie religieuse ou au moins traditionnelle. Ce n’est encore pas de justice car chacun a sa propre définition de celle-ci. Je parle d’éthique dont ma définition est fort simple, mais reste la mienne, « l’éthique est le respect fondamental de tout ce qui nous entoure, du plus petit élément, le bozon parait-il, jusqu’à l’univers dans son entier, rien de mes actions ne doit nuire et mettre en péril le moindre de ces éléments sans générer de bien pour tous les éléments en question au point de rendre acceptable le péril créé ». Si nous avions appliqué ce précepte la bombe atomique ne serait pas dans nos arsenaux, nous réfléchirions beaucoup plus avant de décider quoi que ce soit. Bien entendu, ce type de réflexion est à l’exact opposé de la pensée consumériste qui fait péricliter notre société et notre planète.

 

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L’éthique est ce qui me permet de me raser, quand je le fais, en me regardant dans mon miroir les yeux grands ouverts et sans ciller de honte. Cette honte qui nous anime tous, via notre instinct de survie, qui sait que nos actes ne sont pas dans la ligne droite qui devrait nous guider durant toutes nos existences ridiculement petites, par le temps et par l’utilisation que nous en faisons. Cette honte qui fait, qu’à un moment ou à un autre, nous nous mettions en situation d’échec pour corriger nos propres erreurs, nos égarements et nos fautes les plus graves.

Cette éthique manque bien évidemment à nos banquiers mais aussi et surtout à nos hommes politiques, lisez dans Le Monde du 1er août ou dans le Canard Enchainé de la même date tous ces articles qui nous décrivent des situations dont aucune n’est éthique. Qu’elles soient réalisées par nos députés fraichement élus ou par des dirigeants d’entreprise, des sportifs, des chefs d’état du monde entier, toutes ces actions sont bien souvent très éloignées de celles que nous devrions commettre. Le problème est que c’est comme cela chaque jour et que le 1er août n’a absolument rien d’exceptionnel. Malheureusement l’éthique est trop souvent remplacée par les tics et en particulier ceux qui poussent les gens, dès qu’ils ont un quelconque pouvoir, à se gaver au détriment de ceux qui leur ont fait confiance.

En fait, j’ai constaté que la vie serait bien plus simple et agréable si nous remplissions deux conditions… Diminuer notre égo et augmenter notre éthique…

 

Autant dire que je suis dans la plus sombre des utopies, de celles qui ne verront le jour qu’après « la fin des fins ». Amen.

 

Haroun.

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