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Minute philosophique du mardi…

Il est triste de constater que, même au XXIème siècle, les dogmes sont non seulement présents mais d’une vigueur qu’on ne peut réellement estimée. Effectivement, je ne vois pas la limite de l’imbécillité des hommes lorsqu’ils s’obstinent à penser qu’ils ont raison et que leurs connaissances sont suffisantes pour alimenter des convictions sans compromis, sans même l’écoute de l’autre. Les adeptes des religions révélées en sont des preuves on ne peut plus réelles.

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Pour en arriver là, nous avons plusieurs raisonnements possibles. L’homme n’est plus un roseau pensant mais un roseau penchant. Son inclination à l’autocratie, sa volonté, démultipliée par une conviction fausse mais dont il ignore la fausseté, à imposer son point de vue à tous ses frères, sont naturelles. Il se fabrique ses certitudes en ne se mêlant pas à ses opposants mais en ne fréquentant que des gens comme lui, convaincus qu’ils sont, sûrs d’avoir tout compris, tous ensemble, ils s’adonnent à un prosélytisme qui, parfois, se change en inquisition. C’est le danger de notre société qui ne tolère plus les êtres différents, ces « autres » qui pensent autrement et qui viennent mettre quelques grains de sable dans la machine sociétale qui essaie immédiatement de les éliminer en les décrédibilisant, en les dénigrant, en les réduisant à des images maquillées qui en font ce qu’ils ne sont pas, voire exactement l’opposé de ce qu’ils sont.

 

Plus je vieillis, plus je doute de tout. Je doute de mes connaissances, de mes intuitions, de mes réflexions. Cela est bon car je m’oblige à réfléchir encore et toujours pour tenter désespérément de comprendre l’univers dans lequel je vis et pour lequel j’ai tant d’affection. Plus je vieillis et moins j’ai de certitudes. Autour de moi, je vois beaucoup de personnes faire le chemin inverse de celui que je parcours et ils sont immensément majoritaires. Parfois, ma solitude me pèse, non pas qu’il soit difficile d’être seul, mais il est insupportable d’imaginer que nous sommes seuls à penser comme nous le faisons. On souhaite toujours partager notre point de vue avec d’autres, cela est rassurant, cela ravive l’impression que nous pouvons peut-être bien analyser les situations qui parsèment nos vies. Nous avons tous besoin d’une société, qui nous entoure de ses bras chauds et douillets, qui nous conforte dans nos évaluations, dans nos jugements qu’on ne peut s’empêcher de proférer même si on ne nous le demande pas. C’est ce besoin qui génère l’adhésion à un groupe. C’est la volonté de s’intégrer, de se dissoudre voire de se dissimuler entre des « autres » qui pensent comme nous et qui partagent nos certitudes. Mais, ces certitudes ne sont que factices, la seule chose dont nous sommes certains est que notre passage sur terre ne durera pas une éternité.

C’est notre unique certitude et ce n’est déjà pas si mal…

 

Vous noterez que je n’ai pas énoncé de temps précis, j’ai simplement dit que nos vies ne seront pas éternelles… Il est difficile de prédire la date de notre fin de vie, et, certains d’entre nous vivront plus d’un siècle quand d’autres n’atteindront pas la retraite, sans compter tous les accidents de la vie qui peuvent nous faire passer de l’autre côté du miroir à n’importe quel moment. Cette certitude de la mort est très positive et nous permet, ou plutôt devrait nous permettre, de rester humble, de ne pas croire en notre toute puissance, de ne pas rêver d’une potentielle immortalité par l’entremise d’une fortune réalisée ou d’un succès que l’on espère permanent. Nous devrions être plus humbles, c’est certain, la proximité de cette fin inéluctable rend toutes nos gesticulations bien infantiles, puériles, stupides. Nos combats, quel que soit le nombre de nos victoires, se termineront toujours par cette défaite de la vie contre la mort. C’est peut-être une défaite de la vie mais cela n’est pas indubitablement un échec pour nous. Notre âme pour ceux qui y croient, notre esprit pour ceux qui en ont un et qui l’admettent, sont des parties de nous-mêmes qui ne meurt peut-être pas sinon à quoi servirait tout ça ? Sans entrer dans un discours qui toucherait aux religions, nous pouvons tout de même admettre que ce serait un hasard fantastique que notre univers soit le fruit, lui-même, du hasard, non ?

 

Les religions révélées ont cela de dangereux qu’elles demandent une foi aveugle à leurs ouailles. Elles énoncent des dogmes qui deviennent de véritables frontières impénétrables et qui coupent toute communication réelle avec les « incroyants ». Triste, très triste, surtout si l’on se souvient que les deux religions majeures de notre terre, l’Islam et le Christianisme, sont bâties sur l’amour du prochain. Comment peut-on aimer quelqu’un à qui on refuse de parler, quelqu’un à qui on réfute le droit d’être différent et qu’on vilipende pour ne pas adopter nos propres croyances. Quel amour est-ce là, celui de l’inquisition catholique, celui du fanatisme taliban ou salafiste ? Il en est de même pour la religion juive mais elle touche infiniment moins de personnes, cela ne retirant rien au fait qu’elle, aussi, est dogmatique et dangereuse.

 

Eh bien figurez-vous que les dogmes, maintenant, s’imposent aussi dans l’économie, dans la politique, dans tout un tas de matières qui en deviennent fécales. Quand les hommes s’arrêteront de parler de tolérance et d’amour, alors ces deux facettes d’une humanité brillante verront le jour et pourront enfin se développer.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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