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Mittal, une main de fer dans un gant d’acier…

Voilà, c’est terminé… Pour l’instant ! Florange a été le cadre d’une démonstration de force, une fois de plus, entre notre gouvernement et une société industrielle multinationale. Qui est le vainqueur de cette confrontation ? Là est la question, elle intéresse directement plus de six cents familles dont au moins un des membres ne sera pas dans le plan social évité en dernière minute par les négociateurs.

 

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Doit-on vraiment appeler l’échange de bons procédés entre ce patron et notre triumvirat dirigé par Culbuto 1er, notre premier ministre Ayrault, grand adorateur des aéroports inutiles, et notre zorro des sociétés en difficulté le grand Montebourg ? Il apparaît que cela s’apparentait plutôt à une partie de scrabble entre amis qui défendent le même point de vue. Les différences entre les participants se résumaient, comme au jeu en duplicate, au choix plus ou moins intelligent du positionnement des lettres sur l’aire réservée à cet effet et qui verra l’un l’emporter sur l’autre tout en usant des mêmes mots à partir de mêmes lettres. La politique se montre sous ses plus mauvais atours depuis déjà trop longtemps mais, il est vrai, qu’en ce moment, on a réellement la triste impression que nous touchons le fond. Laissez-moi vous rassurer, si j’ose dire, ce n’est pas le cas, le fond est encore loin et nous allons déguster encore plus d’ignominie que le plus pessimiste d’entre nous pourrait l’imaginer. Ils sont capables du meilleur comme du pire, nos hommes politiques chéris et coûteux, mais c’est bien dans le pire qu’ils sont les meilleurs comme disaient des humoristes dont j’ai oublié jusqu’au nom. Non, ce n’était pas une négociation, c’était une entente cordiale sur la conservation d’un statu quo qui permet, à tous les intervenants, de sortir la tête haute d’une réunion faite pour les caméras et de garantir un semblant de paix sociale dans ces jours qui s’assombrissent de plus en plus.

 

Plusieurs faits sont marquants dans cette lamentable histoire. Tout d’abord, l’arrogance des patrons de multinationales qui ne se contiennent plus du tout, je dirai même qu’ils se lâchent complètement et font valoir leur force, ô combien omniprésente dans les rapports sociaux, face à des gouvernements qui devraient, logiquement, leur inspirer crainte et respect. Point du tout, ils ne craignent personne par la puissance que leur donne soit leur trésorerie, soit la masse salariale qu’ils tiennent en otage, soit la potentialité de leurs investissements ou de leurs fermetures d’usine. En fait, nous pouvons constater que le chantage est devenu une procédure absolument habituelle dans les communications entre les personnes, les sociétés, les institutions et entre elles. Il fût un temps où les protagonistes d’une discussion prenaient des gants, emballaient leurs arguments dans une apparente politesse et gardaient une distance réelle vis-à-vis de leurs interlocuteurs. Plus maintenant, tu me donnes ce que je veux ou je délocalise, tu m’aides ou je licencie, tu me finances ou j’investis ailleurs, tu me diminues mes impôts ou je crée légalement des structures dans des paradis fiscaux qui me protégeront de tes taxes. Plus de honte, plus de scrupules, plus de retenue, on avoue sa crapulerie sans aucune vergogne. PSA, Mittal, Google, Amazon, Microsoft, et toutes leurs consœurs font de même, ils tiennent la dragée haute à nos gouvernants dont l’absence de fierté et de respect d’eux-mêmes, comme du mandat que leur avons confié, est la seule définition du service public qu’ils assurent à leurs électeurs. Honte à eux, l’honneur de leur fonction a bel et bien disparu pour laisser la place aux prébendes, aux intérêts personnels et à la conservation du pouvoir pour le pouvoir.

 

Alors, non, je ne considère pas que le conflit est résolu, il est simplement remis à plus tard. Si Mittal et ses clones ne tiennent pas leurs engagements, qui sera assez puissant pour les y forcer, personne et de toutes les façons pas nos gouvernements qui se mettent à genoux devant les prêteurs qui financent leurs gabegies. Mittal n’a jamais respecté aucun des engagements qui l’obligeaient vis-à-vis de son personnel ou de notre état, pourquoi commencerait-il maintenant ? Les seuls accords qu’il a respecté sont ceux où son intérêt était évident et où il gagnait plus qu’il n’offrait.

Autre exemple, comment un état peut-il financer des créations d’emplois à hauteur de 4500 € par emploi créé financés par les régions et départements auxquels s’ajoutent 2000 € par emploi financés par l’état en direct au profit d’Amazon qui nous doit des dizaines ou des centaines de millions d’impôts qu’il ne payera vraisemblablement jamais.

 

Nous ne pouvons accepter d’être les jouets des faiseurs d’argent, des maîtres chanteurs, des spoliateurs de la planète et des êtres qui y vivent, nous ne le pouvons pas.

Nous sommes obligés de réagir et de faire réagir nos élus sinon de les congédier et de les traîner devant des tribunaux pour haute trahison.

Ce serait drôle, n’est-ce pas ?

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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