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Nouvelle lettre au Père Noël…

Aujourd’hui je pleure, je pleure sur le jour béni de la naissance du porteur d’un message d’amour qui aurait dû enthousiasmer les foules et les rendre ouvertes aux autres, prêtes à les aimer et à les chérir comme si tous les humains ne faisaient qu’une seule et même famille. Je pleure sur ma lettre au Père au Noël de l’an dernier, qui n’a pas trouvé grâce à ses yeux, certainement occupés à regarder la misère du monde et la souffrance des hommes.

 

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Mais, je ne t’en veux pas Papa Noël, comment pourrais-je t’en vouloir, moi qui ai la chance de pouvoir me plaindre, de pouvoir manger, de pouvoir vivre et dire ce que je pense… Comment pourrais-je t’en vouloir, je fais partie de ceux qui ne manquent de rien matériellement et à qui seule manque la petite lumière magique qui s’allume quand le bonheur est là, lorsqu’on le sent en soi, sans savoir comment le décrire ni l’expliquer, quand nous sommes en accord, en parfaite harmonie avec l’univers qui nous entoure et que tes patrons, tous les Dieux, ont mis à la disposition de leurs créatures, pour ceux qui y croient bien entendu. Non, tu ne m’as rien donné de ce que je t’avais demandé l’an dernier à la même date, peut-être ai-je été présomptueux de faire mine de me mettre à ta place et sans doute t’es-tu offusqué de cette liberté que j’avais prise et que je regrette aujourd’hui. Non, je n’aurais pas dû te donner des conseils, les hommes, dans leur infinie ignorance, ne peuvent conseiller les Dieux qui, dans leur infinie sagesse, ne peuvent que les pardonner de cette outrecuidance inhérente à tous les incultes. Tu connais ton travail mieux que quiconque Père Noël, et même lorsque tu n’existais pas encore dans l’esprit des hommes, tu étais déjà présent dans leurs cœurs.

 

Parfois je perds espoir et me dis qu’à crier dans le désert on ne fait que déranger les animaux et les grains de sable sans avoir aucune influence sur eux, ne serait-ce que sur eux. Mais c’est aussi après ces moments de chagrin et de nostalgie que naissent ensuite mes colères et mes vœux, mes certitudes relatives qui me permettent d’espérer en moi-même et mes certitudes absolues sur la beauté du genre humain. Les périodes des fêtes sont toujours pour moi des séquences de tourments où je fais le constat de ce qui est passé et de ce qui nous reste à faire pour devenir enfin des Hommes, des vrais, munis d’un cœur et d’un cerveau et se servant de ces deux attributs dans une stricte égalité pour chercher et trouver le bonheur de chacun pour toucher au bonheur de tous. Les vœux et souhaits vont tomber de toutes parts, tous nos collègues de travail, nos voisins, nos amis, nos familles vont nous souhaiter ce qu’il y a de meilleur en espérant que ce meilleur arrive sans faire d’effort pour qu’il advienne. Il ne suffit pas d’espérer, de souhaiter, de demander, il faut aussi que nous fassions en sorte que ce que nous souhaitons, aux autres comme à nous, soit le fruit aussi de nos efforts, que nous nous battions pour que ce meilleur existe et qu’il soit distribué à ceux à qui nous avions fait ces vœux. Rien ne vient sans rien. Nos limites, si petites puissent-elles paraître, ne sont pas aussi minces que nous le croyons, nous sommes capables du meilleur comme du pire, pourquoi ne tentons-nous pas de réaliser le meilleur, pour une fois, une seule petite fois, juste pour voir, juste pour pouvoir ensuite y croire ?

 

Le bien, contrairement au mal, demande beaucoup d’efforts et de sacrifices, le bonheur n’est pas simple dans la mesure où il faut le chercher, le trouver, et ensuite le cultiver. Mais ce que notre société prouve quotidiennement est que le bonheur, si tant est qu’il existe, n’est pas matériel, il est émotion, il est sentiment, il est joie, il est don, il est amour, tous ces ingrédients immatériels que la société de consommation qui nous occupe l’esprit ne nous procurera jamais, jamais, jamais. Je sais aussi que demander aux gens de faire des sacrifices ne correspond pas au standard actuel de la société qui demande justement l’opposé, la disparition de tout risque au profit d’un enchaînement aux choses. Mais ce n’est pas parce que ce que je dis n’est pas à la mode que je vais cesser de le hurler, de le répéter à l’encan, de faire qu’une personne au moins m’entendra et donnera enfin un sens à ma vie. Car une vie est-elle utile si elle n’a servi à personne ?

 

Aussi, je vous demande aujourd’hui de croire au Père Noël et de lui promettre que l’an prochain à la même date, vous pourrez lui annoncer que vous avez fait quelque chose, si petite soit cette chose, qui vous a rapproché du bonheur, du vrai, de celui qui ne s’achète pas dans les magasins mais qui vous sont généreusement donnés par ceux qui vous aiment et l’univers qui nous fait vivre.

 

Je vous souhaite un bon réveillon à tous et vous présenterai mes vœux demain, en attendant profitez de tous ceux qui vous entourent, serrez-les dans vos bras, aimez-les, vivez ce Noël comme si c’était le dernier et vous accèderez à un Nirvana temporaire qui vous donnera envie de recommencer…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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