Log In

Pas de pitié… De la justice suffira !

Pendant que nos présentateurs des journaux télévisés de 20 heures des chaînes nationales se repaissaient de la sortie de William et Kate avec leur bébé, potentiellement roi du Royaume Uni, qu’ensuite ils nous serinaient leur couplet sur les orages et les quantités d’eau dramatiques qui se déversaient sur le territoire, des millions de gens ne mangent pas, ne boivent pas, souffrent de maladies dont nous avons les traitements mais qu’ils ne peuvent s’offrir, des hommes s’entretuent partout sur la planète dans la défense des intérêts de ceux qui regardent justement les JT de 20 heures dans une autosatisfaction feinte et un bonheur jamais atteint… Le monde tourne bien, n’est-ce pas ?

 

La-pitie.jpg

 

L’endormissement dont nous sommes victimes, sous les coups de boutoir de nos anesthésistes politiques et journalistiques, nous évite de nous poser trop de questions et nous permet de dormir, non pas du sommeil du juste, mais de celui du coupable, c’est-à-dire soit avec les yeux grands ouverts ou, pour les plus égoïstes, un seul œil en veille et l’autre en demi éveil. Je n’arrive pas à comprendre que des gens susceptibles de se déplacer d’un bout à l’autre de la terre en quelques heures ne comprennent pas que ces gens qui vivent, mal, justement dans cette contrée, pas si éloignée que cela finalement, sont nos voisins de palier. Que lorsqu’un évènement survient chez eux, c’est aussi un peu chez nous et vice versa. Notre boule bleue est toute petite, nous sommes des milliards à l’habiter en faisant tout ce que nous pouvons pour nous obliger à croire que nous sommes les seuls dignes d’intérêt et que les autres ne sont là que pour nous servir ou nous fournir les matières premières dont nous avons besoin. Nous nous efforçons d’oublier que les nuisances des uns sont aussi les nuisances des autres, mais que les plaisirs des occidentaux sont les souffrances des orientaux. C’est dire que la souffrance ou la négativité se transmettent plus facilement et même irrémédiablement plus vite et mieux que la joie ou l’allégresse. Cela me parait aisé à comprendre. Si le plaisir des uns est basé sur la souffrance des autres, il y a donc une difficulté à partager le plaisir entre tous, en revanche la pollution des uns, par exemple, salit et endommage le monde de tous. Nous partageons donc plus aisément le mal que le bien. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que le mal ne demande aucune action pour être commis, alors que le bien nécessite de la volonté, un désir avoué et actif de réaliser le bien. En effet, sans rien faire, juste en continuant de vivre nos petites vies étriquées et égocentrées, la souffrance continue et progresse chez ceux qui nous fournissent nos instruments de plaisir. Alors que si nous désirions leur être agréables et faire cesser la tragédie quotidienne de leur vies, il nous faudrait penser sacrifice, mise en cause, remise en question de notre société, arrêter de générer des faux besoins qui les réduisent à l’esclavage et enrichissent les puissants qui les gouvernent. C’est pour cela que le bien est plus difficile à concrétiser que le mal. L’absence de commisération, de respect suffisent à mettre les deux tiers de cette planète dans un état de soumission honteux au profit du dernier tiers.

 

Je ne parle pas ici de pitié mais bien de commisération, de sympathie, d’empathie, vis-à-vis de tous ces gens qui sont nos victimes sans que nous souhaitions en prendre conscience. Nous fermons les yeux sur notre source de joie car nous savons que ce qui est à voir n’est pas ce que nous voudrions vivre, ni pour nous ni pour nos progénitures. Non, il ne s’agit pas de pitié qui est à mes yeux le pire des sentiments, une émotion purement négative qui repose sur un sentiment de supériorité et rend hautain et prétentieux. Il ne s’agit pas de cela du tout mais bien du respect que nous nous devons tous, entre êtres humains issus des mêmes origines, quelles que soient nos différences apparentes, couleurs, opinions, religion, etc. Si pour notre joie de consommer, nous spolions la planète et torturons les peuples qui nous sont soumis économiquement, qui ne vivent au bout du compte que de notre pitié, comment pouvons-nous vraiment jouir de ces biens que ces inconnus nous fournissent sans sentiment de culpabilité. Il m’apparaît clairement que l’insatisfaction générée par la société de consommation tient aussi  de ce sentiment de culpabilité logique même si inavoué. Non seulement le fait d’avoir n’appelle que le besoin d’avoir toujours plus, mais la connaissance inconsciente des « aléas » de la production des biens qui nous entourent nous implique et nous responsabilise de façon induite et sous-jacente. Nous savons et c’est cela qui fait la différence, la connaissance entraîne la responsabilité. Nous sommes responsables et devons en prendre conscience sans quoi le monde court à sa perte et à sa déchéance. Quand nous ramenons tous ces soucis à leur cause première, tout redevient limpide, tout s’illumine, ce sont uniquement les désirs de puissance de quelques-uns, qui ont fait basculer notre petit univers terrien dans cette course folle aux morceaux de papier monnaie qui garnissent nos comptes bancaires et nous donnent un pouvoir illusoire. Il nous suffirait de réveiller nos consciences et de nous demander naïvement, « pourquoi ? »

 

Ce n’est pas outrageant de reconnaître ses erreurs, ses égarements, c’est enrichissant. Notre monde tourne à l’envers, il est temps de le ramener dans le bon sens.

 

La pitié pousse à la charité, l’amour amène le partage. Que pouvons-nous faire d’autre que nous aimer et partager cette planète en paix, dans un respect mutuel et profond ?

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com