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PISA, le rapport qui penche comme la tour…

Vient de paraître le classement des 65 nations participant à l’étude Pisa (Programme for International Student Assessment) 2012 de l’OCDE, publiée mardi évaluant sur trois ans les compétences des élèves de 15 ans. La France se prend une gifle aussi dans le domaine de l’instruction publique, où nous apparaissons plus mauvais que lors du dernier rapport remis par le même organisme, dont l’intérêt reste à démontrer cependant. Vous connaissez ma méfiance à l’égard de ces ONG et autres organes supranationaux tous à la solde de l’American Way of Death…

 

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Tout d’abord un petit correctif, je n’appellerai jamais la fonction formatrice de l’état, comme le font tous nos hommes politiques et les journalistes à leur solde, éducation. Pour moi, celle-ci ne peut être que familiale, humaine, et certainement pas placée sous la coupe de l’état. Je parlerai donc du ministère de l’instruction publique et non pas celui de l’éducation nationale dont le nom même est d’une stupidité sans limite. J’éduque mes enfants et l’école les instruit, si tant est qu’elle en soit capable, ce qui semble être de moins en moins le cas. Comme je le dis depuis fort longtemps, l’école n’est que la prison où nous enfermons nos enfants sous le contrôle autoritaire et politique des élus qui sont sensés nous représenter, afin, parait-il de leur faire acquérir des connaissances, qui, la plupart du temps, leur seront parfaitement inutiles ou presque. En effet, la seule chose que l’école n’apprend pas à ses élèves est celle qui revêt le plus d’importance, sa mission est d’apprendre à apprendre, de donner l’envie, le désir, la volonté d’apprendre. Cette mission n’est pas accomplie par l’école qui ne fait que déverser telle une pluie sans fin sur un tonneau des Danaïdes des informations qui meublent les cerveaux et les rendent apathiques. L’école doit apprendre à penser, à réfléchir, à générer l’autonomie de jugement par l’utilisation de nos intelligences respectives, elle n’est pas là pour nous remplir la tête mais pour nous aider à l’utiliser. Inutile de vous dire pourquoi l’école est ce qu’elle est, uniquement pour insérer dans nos jeunes crânes de candidats à la lobotomisation cette American Way of Death dont je parle souvent. Il s’agit de transformer de jeunes esprits frais, vierges et désireux de tout connaître en de vulgaires consommateurs sans autre dimension que leur définition sociale, dans le sens le plus limité du mot, une particule économique sans nom, sans libre-arbitre et sans identité autre que celle de leurs cartes de crédit et de leur production de travail qui alimente leurs comptes bancaires support des cartes en question. L’école n’est qu’une usine de formatage au schéma économique exclusif de notre petit monde devenu entièrement néolibéral et capitaliste à outrance.

 

Revenons à ce fameux classement où nous nous retrouvons à la 25ème place sur 65 pays participants. Nous étions, dans le précédent rapport, il y a trois ans, 22ème sur 75 pays. Effectivement on s’est bien ramassé et ce n’est pas fini. Alors évidemment les journalistes ne parlent que de notre baisse de niveau en mathématiques, ceci est dramatique dans un pays où celles-ci ont été sacralisées, où il vaut mieux être débile que mauvais en maths. La littérature, l’histoire, toutes ces matières où le cerveau est moins utilisé pour des opérations de logique que pour la fourniture de pensées, de réflexions et d’analyses sur l’humanité et son étude, toutes ces matières ne sont que de peu d’importance puisqu’elles ne mettent pas en jeu la notion même de productivité et de productivisme, la notion de résultats concrets menant à des réussites dans le domaine uniquement matériel. La notion même de sciences à complètement rendu surannées toutes ces matières dites intellectuelles donc éloignées de tout comportement utilitariste économiquement. Donc on devient de moins bons matheux mais ce n’est pas tout, même si les journalistes en parleront moins, ce sont les différences entre très bons et très mauvais élèves qui augmentent, ce sont aussi les différences d’ordre social qui montrent bien que, dans notre société, plus notre famille est de rang social élevé plus les chances de réussite sont offertes aux enfants. Un enfant d’ouvrier a donc moins de possibilités de sortir de sa caste qu’un enfant de famille de cadre de rester dans la sienne, voire de s’élever. Comme l’école n’apprend plus à lire, à écrire, à penser, à calculer, le niveau général de nos enfants stagne, au mieux, régresse au pire sur l’échelle qui mesure, comme le kilo mesure le poids des saucisses que nous sommes, la « compétitivité » de nos élèves français face à leurs « adversaires » étrangers… Voyer où va se nicher la compétition, au cœur même des vies naissantes de nos rejetons, on les oppose aux enfants de nos voisins, on les compare, on les évalue, comme de vulgaires marchandises qui sont là pour devenir des outils de production et de consommation y relative. On se fiche comme de nos premières chaussettes de leur avenir, de celui de la planète qu’on va leur léguer, des monceaux de problèmes aussi gros que nos tas d’ordures quotidiennes qui garnissent nos trottoirs, mais on se préoccupe de leur position dans le classement des futurs lobotomisés qu’ils deviennent peu à peu.

 

Bien sûr, ce classement est fait sur les trois années qui vont de 2009 à 2012 et donc, comme vous pouviez en douter, la droite accuse Culbuto 1er et son orchestre de tous les maux alors qu’Ayrault répond en disant qu’il s’agit là d’un jugement sur une dizaine d’années de politique éducative de droite. Comme vous le supposiez, personne n’est responsable et ce sera toujours de la faute de l’autre. Nous sommes rompus à ce type de fonctionnement stérile et finalement barbare. Encore un coup du responsable mais pas coupable. Nos politiciens pourrissent tout ce qu’ils touchent, flétrissent tout ce qu’ils regardent, anéantissent toute bonne volonté par leur mépris à notre égard voire parfois à leur indifférence ce qui est pire encore.

 

Pour ma part, l’école, dans sa version actuelle est inutile et si j’avais des enfants maintenant, j’en ferai moi-même l’éducation en tant que père et l’instruction en tant qu’être humain. Nous n’avons pas besoin de parquer nos enfants comme des bêtes juste pour qu’ils deviennent des veaux tout juste bons à consommer. Il faut leur donner autre chose. Je vous conseille de lire les textes de Ivan Ilich sur l’école et vous trouverez la solution à nos problèmes de communication des connaissances, c’est en cette méthode que j’espère, que je crois, et de toutes les manières, nous avons essayé le pire pourquoi ne pas tenter le nouveau, voire le meilleur ?

 

Comme d’habitude, cela ne dépend que de nous…

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

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