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Reste à se mettre au travail…

J’ose espérer rédiger aujourd’hui le dernier éditorial concernant la révolution de la jeunesse égyptienne. Non pas que ce soit un sujet inintéressant, mais en reparler signifierait que la révolution continue…

 

Ces jeunes, pleins d’espoir et d’attentes en leur propre avenir, se sont battus, avec passion et sans violence pour autant, pour obtenir le départ de leur président. Ils n’ont rien demandé à personne, ni à des politiciens, ni des sociologues, politologues et autres logues fort nombreux qui garnissent les plateaux TV pour dire parfois des évidences. Ils ont improvisé et ont fait au « feeling » comme on dit. Ils ont eu du nez, du courage et ont donc réussi.

 

Maintenant, ces mêmes jeunes connaissent les affres de la discussion politicienne et sont ainsi confrontés à des négociateurs et beaux-parleurs professionnels. Qu’elles soient militaires ou politiciennes, les contreparties de ces débutants de la politique essayeront, à n’en pas douter, de limiter les changements au mieux des castes dirigeantes du régime déchu. Là sont leurs intérêts, divergents entre eux mais convergents contre les jeunes. Il est clair que les partis organisés, si tant est qu’ils le soient ou si peu, voudront reprendre à leur compte cette révolution pure et digne qu’ils ont été incapables de créer. Les jeunes cependant ont vu le problème surgir très vite et ont commencé à établir un programme, des lignes directrices et seront capables sous peu de fonder eux-mêmes leur propre parti.

 

Sachant que 50 % de la population égyptienne a moins de 30 ans, cela devrait avoir un certain nombre de conséquences. Conséquence qui ne va pas sans gêner à la fois les militaires et les partis ou pseudo partis existants.

 

C’est pour cette raison que les éditoriaux comme celui-ci n’ont plus lieu d’être. Maintenant ce sont les jeunes qui nous parleront à tous et ce sera bien plus riche et intéressant.

Je leur souhaite bonne chance dans leur entreprise, non par parti pris, mais par l’affection que je porte particulièrement aux mouvements qui viennent des êtres. Des mouvements qui ne contiennent pas de plans dans les plans pour défendre tel ou tel intérêt corporatiste ou autre et auxquels nos politiciens, toutes tendances confondues, nous ont trop habitués et nous ont lassés.

 

Pour parodier une célèbre publicité, ces jeunes nous apportent un petit moment de pureté dans un monde d’avidité et de cupidité.

 

Haroun (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) lundi 28 février 2011

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