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Retour des nationalisations ?

Aujourd’hui deux nouvelles, une bonne et une mauvaise, par laquelle voulez-vous que je commence ? D’accord, je vais commencer par la difficile à digérer, Érik Izraelewicz, directeur de la rédaction du Monde est décédé. Maintenant la bonne, il y a un homme au gouvernement qui s’est laissé pousser quelque chose au bas de son ventre, Arnaud Montebourg, on ne s’y attendait plus, on n’y croyait même plus, mais il l’a fait. Seul problème, c’est une pousse rapide mais sans lendemain…

 

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Pour ce qui est du décès de notre confrère du Monde, c’est une nouvelle qui ne demandait qu’à être traitée que dans le cadre de la déontologie journalistique. Il est de bon ton, pour ne pas dire obligatoire de dire quelques mots, si possible agréables et élogieux, d’un confrère journaliste qui nous quitte. C’est une autre façon de bien montrer que les journalistes sont une caste à part, qu’ils savent soigner leurs relations publiques dans l’intérêt d’émouvoir et d’attirer les éventuels bailleurs de fonds ou embaucheurs qui pourraient s’offrir leurs services, en l’échange de quelques prébendes ou avantages en cash ou en nature. Quand un journaliste est kidnappé, quand un journaliste meurt, quand il lui arrive les mêmes accidents de vie que tout un chacun, tout le monde doit le savoir. Qu’ils courent de-ci delà sur notre petite planète ou qu’ils se terrent dans leurs bureaux, le fait de signer des articles, de présenter des documentaires ou les journaux radiophoniques et télévisuels, ces gens sont devenus des Dieux. Comme des stars de cinéma ou des présentateurs de luxe qui garnissent des plateaux télé pour des tarifs extraordinaires, les journalistes ont des droits que les communs des mortels n’auront jamais. L’un de ceux-ci est justement de les auréoler de qualités et d’actes fantastiques le jour où ils nous quittent.

Mais, pour le cas qui nous occupe, je n’ai rien à dire, je ne connaissais pas ce Monsieur et ne le connaîtrais donc jamais. Ce que je sais de lui m’est venu par la lecture de ses éditoriaux. Et là, je dois dire que je ne suis pas plus avancé. Rien de plus conventionnel, rien de plus politiquement correct que ses propos qui demandaient toujours plus de libéralisme, en tançant Culbuto 1er pour qu’il réforme plus qu’il ne le faisait en matière de compression des avantages sociaux et des salaires par exemple, en étant sévère à l’égard des dispendieux Grecs, et plus si affinité. Ses amis les plus en vue étaient Dominique Strauss-Khan et Denis Kessler, l’un dont on connaît les turpitudes et les raisonnements ultralibéraux de la gauche caviar quand elle passe au FMI, et l’autre qui est passé de la CFDT à la vice présidence du Médef. C’est dire qu’on n’est pas vraiment dans la gauche réformiste ou même les intellectuels d’avant-garde. Bien évidemment, cette perte est surtout lourde pour tous ses amis et sa famille. Mais, en ce qui me concerne, elle ne m’aura servi qu’à attirer l’attention sur le fait que les journalistes accaparent parfois trop des colonnes qu’ils ont la charge de remplir et que leur connivence avec les pouvoirs successifs ne les y autorisent pas. Être journaliste n’est pas plus glorieux que d’être ébéniste ou mécanicien, c’est une fonction économique et professionnelle qui n’autorise pas leurs titulaires de se mettre en avant en oubliant les millions de sans grade qui font aussi leur travail on ne peut plus honorablement. Ce n’est pas par jalousie morbide que je dis cela, mais simplement par nécessité de remettre les choses à leur juste place, ce que notre société devenue friande en spectacles ne sait plus faire. Parfois, rarement, les journalistes doivent aller sur des champs de bataille pour nous dire ce qui s’y passe, ils peuvent en mourir, cela fait malheureusement partie de leur métier. Mais n’oublions cependant pas que ceux qui meurent et en toute discrétion ce sont les militaires qu’on y envoie et dont personne ne parlera jamais, voire même comme les Arquis chez nous ou les vétérans du Vietnam aux USA, pour qui la population peut avoir du mépris. Je remercie une dernière fois Érik Izraelewicz pour l’occasion de faire cette petite mise au point, que Dieu veille sur son âme comme sur celles de tous nos frères humains qui décèdent tous les jours de leur belle mort ou de la stupidité de leurs congénères.

Il est rare de me voir faire des compliments à un homme politique, je vous rassure, cela continuera ainsi à leur propre demande, ils aiment cela. Une fois n’est pas coutume dit-on, aujourd’hui est le grand jour… Arnaud Montebourg vient de parler juste à notre aciériste belliqueux, Mittal pour ne pas le nommer. Si celui-ci ne permet pas de régler la cession de son site de Florange à un investisseur étranger, il se fera nationaliser. Et là, toutes en chœur, les jeunes vierges effarouchées se mettent à pleurer sur le retour du communisme façon URSS, sur le totalitarisme de la gauche française, sur l’anachronisme d’une décision honteuse et tellement contraire à la mode actuelle du libéralisme destructeur. Il ne faut pas tout accepter de ces financiers sans scrupules, il faut bien leur faire comprendre que le monde n’est pas leur propriété exclusive et que tous les êtres ont le droit d’en jouir tout autant qu’eux-mêmes. Je pense effectivement que lorsque l’intérêt général est mis à mal par l’intérêt particulier, le gouvernement est en devoir de rééquilibrer la situation. Les gens vivent de leur travail dans cette société mercantile et consumériste que acceptons quotidiennement. Priver ses salariés de travail alors que d’autres agréeraient de le faire est une façon indélicate et malhonnête de défendre son bien, qui par voie de conséquence et sous l’autorité de l’état devient collectif. Alors Montebourg, pour une fois, tu n’as pas dit de conn… oups… bêtises et défends ton point de vue. Bravo… pour cette fois !

 

A  bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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