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Terreau… risme !

L’affaire de Toulouse a duré et nous donne de ce fait matière à réflexion et surtout depuis la fin violente qu’elle a connue. Une réflexion qui n’est pas exclusivement réservée à l’affaire en question mais aussi aux raisons qui font que le terrorisme existe. Parce qu’enfin s’il y a un terrorisme il a des causes avant de constater ses effets… Et la question, comme à l’accoutumée, est pourquoi ?

 

Mohamed-Merah-mort.jpgLa fondation d’un terrorisme, quel qu’il soit, d’état, religieux, mafieux, politique, repose sur le même credo, sur les mêmes revendications de ses participants contre un système, une religion, un appât du gain ou une société nouvelle dans le cas des exemples choisis ici mais qui peuvent être beaucoup plus divers et nombreux.

A l’exception du terrorisme d’état, tous les autres ont les mêmes modes de fonctionnement, tant au niveau de la cooptation de ses membres que de la gestion des actions à mener. La démarche intellectuelle qui mène au terrorisme vise toujours les mêmes objectifs. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’argent a été gagné par des marchands de formation paramilitaires, qui avaient pour clients des groupes de gens, qui dans le principe étaient ennemis, mais qui devenaient clients des systèmes d’entrainements dont ils avaient besoin pour être efficaces sur le terrain de leurs opérations. Des personnes sensées en apparence, qui œuvraient dans des organisations différentes, ayant des fins  différentes voire diamétralement opposées, étaient formées dans les mêmes camps par les mêmes formateurs pour mieux s’entretuer ensuite ou accomplir les missions que leurs organisations leur préparaient.

 

Le terrorisme d’état étant exclu et que nous verrons ensuite, prenons le terrorisme religieux qui est le plus présent sur nos antennes depuis trop longtemps et qui possède les mêmes règles que les autres formes citées ci-dessus.

Les racines du mal et les causes d’un développement général des intégrismes religieux sont certes nombreuses et variées mais il est à noter que le fondement de cette tendance est la recherche d’une spiritualité exacerbée et qu’elle est sans cesse croissante. Des points communs flagrants apparaissent, depuis déjà de nombreuses années, entre des fondamentalismes de religions apparemment antagonistes mais dont les fidèles recherchent les mêmes évolutions, voire les mêmes moyens d’expression de leur foi grandissante voire démesurée. Par exemple, ne confondons pas ce qui se voit et ce qui est vraiment. Le fondamentalisme apparent n’est souvent qu’une façon de se faire une réputation dans son environnement, de s’intégrer à un groupe à des fins personnelles, d’atteindre un but qui n’a rien à voir avec les moyens utilisés ni les finalités apparentes. La religiosité n’a pas de lien de proportionnalité avec la démonstration de celle-ci.

A cette volonté de montrer toujours plus de religiosité en vue d’une admission dans un cercle virtuel fait de « bons » à l’inverse des « mécréants » qui osent afficher moins de religiosité que leurs coreligionnaires, se joint aussi un phénomène d’appartenance à un groupe fait de gens comme soi, des « bons », pour répondre au risque d’une position solitaire face à un groupe plus vaste et peut-être opposé ou dont on souhaite se démarquer.

S’ajoute aussi le fait, de plus en plus évident dans les relations entre les peuples, d’une assimilation de la nationalité ou de l’ethnie à la religion qui se veut majoritaire dans leur pays. Les Arabes, les Maghrébins sont forcément musulmans, les Européens, les Américains chrétiens catholiques ou protestants, les Russes, les Grecs orthodoxes, les extrêmes orientaux bouddhistes, etc… Qui dit ethnie dit aussi origine géographique… On le voit dans les débats sur l’immigration et de ses origines ethniques qui attestent qu’être Egyptien est forcément être musulman alors que 12 à 15 % de ceux-ci sont chrétiens. Dans beaucoup de pays la religion peut toucher l’immense majorité de la population mais jamais la totalité. Dès lors tous les amalgames deviennent des fausses données ou des outils de manipulation.

Le problème du terrorisme religieux est qu’il repose aussi sur des territoires bien délimités aussi bien géographique qu’ethnique. Qui dit géographie dit ressources en matières premières. Qui dit ressource dit économie. Qui dit économie dit politique. Qui dit politique dit absence réelle de dialogue entre les pays puissants et les nations sans grade.

 

Si nous prenons l’exemple de la bande de Gaza, d’un problème d’ordre politique et géographique nous en sommes arrivés à un souci religieux et nous avons des exemples inverse comme au Nigéria qui part d’un souci religieux pour arriver à une gestion de territoires qui contiennent du pétrole et donc une ressource importante pour celui qui en aura la direction. Dans les paragraphes ci-dessus, tout se qui peut toucher la religiosité peut être transféré à n’importe laquelle des sources de terrorisme, ce qui veut dire qu’en fait le terrorisme n’est pas l’aboutissement d’une démarche mais bien une technique de négociation du plus faible contre le plus fort. Ce qui compte n’est pas la source du terrorisme, ses racines quelles qu’elles soient religieuses, politiques ou autres mais bien les visées qu’il veut atteindre.

Le cas du génocide au Rwanda on le voit encore, les finalités réelles n’ont rien à voir avec la religion ou les ethnies mais bien une querelle de pouvoir sur un territoire riche dont plusieurs brutes se disputaient l’exploitation.

 

Donc, en résumé et de façon non exhaustive, nous avons différentes variables, religieuse, citoyenne, géographique, politique, sociale et virtuelle. Mais toutes ces variables nous mènent toujours à une conclusion qui se trouve être toujours la même ; tous les moyens sont bons pour conquérir le pouvoir et les richesses qu’il procure, quand tous les moyens pacifiques sont épuisés, diable merci, il reste toujours toutes les formes agressives et destructrices dont le terrorisme est la plus pernicieuse, la plus subversive et discrète.

 

Raison pour laquelle les états indignes essaient d’en organiser eux-mêmes des réseaux dont les centres de renseignements et autre services d’espionnage et de surveillance ont la charge. Regarder l’exemple de Ben Laden, et il y en a tellement d’autres que nous ne connaîtrons jamais… C’est le terrorisme d’état dont je parlais plus haut, qui a ses réseaux propres et tentent de manipuler les autres groupes via la corruption de ses membres ou leur infiltration.

 

Quel terrorisme est le modèle de l’autre, lequel fût établi en premier, comment cela finira-t-il ? sont autant de questions qui ne peuvent trouver de réponse par d’autres voies que celles des peuples qui en ont assez de se faire manipuler tel un Muppets Show à la fin funeste.

 

Quand à nos candidats et notre président en tête, à vouloir à tout crin faire de l’affaire de Toulouse un drame religieux ils apparaissent comme des damnés de la manipulation. Cela leur permet d’éviter de parler de ce qu’ils feront pour imposer qu’Israël respecte enfin les résolutions de l’ONU afin d’espérer un jour avoir une paix possible avant la future conflagration générale.

 

Haroun.

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