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Trop c’est trop !

Pour le monde entier, si petit soit-il, et dans ce petit monde pour chacun d’entre nous, le plus petit évènement qui nous touche parait toujours plus important que les évènements exceptionnels, extraordinaires ou catastrophiques qui touchent autrui (et non pas « aux truies »). Nous sommes des êtres humains et notre solidarité s’arrête à la limite des dimensions de notre environnement personnel. Ne nous étonnons pas de l’individualisme ambiant, il est le résultat de l’addition de notre petit et malingre univers et du matérialisme exacerbé.

 

sortie-de-routeVous avez vu, comme tout un chacun sur notre planète, l’accident qui est survenu en Suisse concernant l’autocar transportant des enfants en vacances à la montagne. Ce drame est immense, bien sur pour les familles et les amis des victimes, mais apparemment pour leur pays d’origine, la Belgique, mais aussi le pays où a eu lieu l’accident en question et encore dans tous les pays européens et pourquoi pas le monde… La mort d’un enfant est toujours dramatique, il est contre nature que des enfants meurent quelles qu’en soient les raisons.

Cependant, je m’étonne une fois de plus par la différence de traitement de ce type d’information. Quelle différence de traitement me susurrez-vous à mon oreille politiquement incorrecte ? Celle qui fait que 22 enfants européens prennent l’essentiel des temps d’information sur toutes les antennes alors que des milliers meurent chaque jour aux quatre coins du monde et souvent dans le mutisme général pour ne pas dire l’indifférence totale. Ce qui me gêne de façon incessante est le nombrilisme dont nous faisons preuve. Ce qui nous touche de près est très important, mais, tout ce qui en dehors de notre vie quotidienne ou aux confins de notre petite terre, qui nous abrite et nous nourrit, nous intéresse mollement voire pas du tout.

 

Les guerres, les famines, les révolutions et autres aléas générés par l’espèce humaine tuent bien plus que de raison et bien souvent avec notre participation plus ou moins volontaire. Je pleure aussi ces enfants, bien entendu, cela me serait arrivé que je serais devenu fou à l’épreuve d’une telle catastrophe, mais, toujours mais… Cette outrance télévisuelle et radiophonique m’est tout à fait incompréhensible. Est-il nécessaire de repaître la terre entière du malheur de pauvres parents et amis de ces jeunes victimes ? Est-il vraiment nécessaire de répéter la vue de ces êtres dans la souffrance. Bien entendu, certains peuvent éprouver le besoin de voir et revoir ces larmes, ces yeux hagards de personnes dans la douleur. Nous vivons dans un tel excès que je suis parfois au bord de l’écœurement, souvent même.

Tout devient trop et ce matraquage n’apporte rien de bon, il ne relativise aucunement les actes et les faits, il exacerbe.

 

Cela m’amène tout bonnement à une réflexion sur justement les raisons qui nous poussent à de tels surdimensionnements de problèmes qui, finalement, ne regardent que les intéressés. Il est vrai que cela permettra ensuite de générer de l’audience, premièrement aux abords des lieux et gens concernés, ensuite aux obsèques et pour finir où ensuite ? Aux oubliettes… Dès qu’un autre bouleversement jaillira sous les feux, toujours allumés, des cameramen et des journalistes, on oubliera vite l’incident premier pour passer au second. Nous consommons le malheur des autres comme on le ferait de n’importe quel produit de première nécessité. Cela occupe nos loisirs.

On est trop et ça me fatigue. Dès qu’un malheur arrive on pleure en attendant le suivant qui nous fera toujours pleurer mais pour d’autres raisons. Qui gagne à ce triste jeu ? Les lobotomiseurs que sont nos politiciens qui font de l’école un apprentissage à la consommation et un outil de marketing pour des commerçants sans scrupules, les lobotomiseurs fabricants de produits en tout genre qui ne visent que le profit au lieu du « bonheur » de leurs clients, les lobotomiseurs de la finance qui occupent nos yeux et nos têtes pour nous éviter de comprendre ce qu’ils font de nous avec l’aide des premiers de la liste, les politichiens.

 

Tout est trop, comme ces gens qui se lèvent pour saluer un artiste qui n’a que le mérite d’avoir fait un disque, sans aucune voix, mais dont le producteur fait assurer une promotion d’enfer sur toutes les chaines et les radios. Moi, je ne me lève que pour les très grands, les Maîtres de leur art, sinon comment faire la différence entre le bon et le mauvais si on est sans cesse debout ?

 

Quand je pense que tout cela est fait pour nous rendre encore plus stupide… et que ça marche… CQFD… Nous sommes bien stupides !

 

Haroun.

1 Comment

  1. eclectic tic tic Répondre

    bonsoir! bien d’accord! mais comme les média n’ont rien d’autre à faire,enfin, ça me donne l’impression… et l’on va crier contre les chauffeurs de cars…
    j’imagine l’ambiance, si ça avait été un attentat… tiens, en syrie, il n’y a pas d’enfants tués tous les jours??

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