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Un partout… La balle au centre !

400px-Institutions_de_l-ONU.svg.pngEt voilà ! Le match n’est pas fini mais nous arrivons à une parfaite égalité, c’est ce qu’on appelle un match nul. Cela veut dire, comme l’expliquait Coluche, que le match ne valait pas même un clou (veuillez m’excuser pour ce langage trivial mais ô combien explicite). Oui, le match est nul, complètement nul ! Et les perdants me direz-vous ? Mais, nous sommes les perdants, nous les lobotomisés, les citoyens, les administrés, les fiscalisés… les pseudos bénéficiaires d’une démocratie (presque) parfaite, nous les modèles de la liberté à l’occidentale… les donneurs de leçon de Droits de l’Homme… Ah, vanité quand tu nous tiens !

 

Mais de quoi parle-t-il vous demandez-vous ? Mais, comme tout le monde, de Mouammar Kadhafi et de sa fin funeste sinon méritée. En effet, l’affaire libyenne se termine gentiment, le dictateur est mort et avec lui sa dynastie potentielle ainsi que son régime absolu. Alors comment comprendre ce qui s’est passé devant nos yeux de téléspectateurs sans cervelles ?

 

1. De quel match suis-je en train de parler ?

Il s’agit de la compétition qui oppose Obama à Sarkozy… Ah ! Mais quelle compétition ?

Comme nous avons vu cette année, Obama a abattu Ben Laden ou en tout cas nous l’a fait croire, et, dans la même Kadahafi-sarkozy1.jpgannée notre Sarkozy a abattu Kadhafi. Donc, on en est bien à un partout… Chavez sera certainement le prochain abattu de Obama mais Sarkozy ne sait pas où trouver sa prochaine victime. Le match se terminera en 2012 juste l’année de leurs réélections… putatives… Etrange non ? Vous ne trouvez pas ?

Dans les deux cas, il s’agit de mise à mort, où les victimes (si l’on peut dire) ont été éliminées sans se poser la question de l’emploi des mêmes méthodes qu’eux dans le cadre d’un nettoyage démocratique garanti. On les assassine comme eux même avaient assassiné durant leurs carrières, pour l’un dans le cadre de ses activités dans la CIA pour finir en terroriste (peut-être toujours au service de la même CIA), le second dans ses responsabilités de dictateur en chef de la Libye et qui ne supportait pas la contradiction. Non seulement on les met à l’écart physiquement et définitivement, mais dans le même temps on les empêche de parler, de se défendre, si toutefois ils le pouvaient… On suit leurs exemples au lieu de leur imposer les nôtres… Riez, c’est maintenant que vous allez dire, une fois de plus, encore la théorie du complot… Riez, pas de souci, mais si cette théorie existe n’est-il pas intéressant de se poser des questions sur ce qui l’a générée ?

Nous, grands démocrates dans l’absolu, défenseurs des masses opprimées, pourfendeurs des dictateurs corrompus, avons tué comme de vulgaires criminels.

 

Kadhafi-obama.jpg2. Comment en sommes-nous arrivés là en Libye ?

Imaginez qu’en 2 ans le dictateur libyen ait tant changé qu’il passe de vedette embrassant Obama, Sarkozy, et tous les autres politiciens de pays développés, à un dangereux dictateur ayant des dizaines de milliers de morts sur la conscience. Mais, me semble-t-il, il dirigeait son pays depuis combien ? 42 ans, c’est cela ? Et il serait devenu un sanguinaire assoiffé de sang dans les deux dernières années seulement ? Je ne le crois pas.

En revanche, il avait décidé de diminuer substantiellement ses livraisons de pétrole brut aux pays développés pour fournir les pays émergents, il avait dans ses projets de renégocier bon nombre des contrats qui le liaient à des compagnies pétrolières occidentales, n’était-ce pas là les seuls crimes qu’on lui reproche vraiment ? Parce que, dans l’absolu (comme sa dictature), les Libyens, qu’ils vivent ou qu’ils meurent, qu’ils soient libres ou enchainés, on s’en moque complètement pourvu qu’on puisse rouler carrosse dans nos rues aux vitrines pleines, non ? Pourvu que le pétrole rapporte aux financeurs de campagnes électorales que sont nos compagnies pétrolières occidentales. Alors, quelles sont les vraies raisons qui font passer Kadhafi des jardins de l’Elysée à la plate-forme d’un pick-up en si peu de temps ?

 

Pour décrédibiliser mon analyse juste un mot : complot. Vous avez dit complot ? Je n’ai rien dit, mais pour discréditer une thèse il suffit d’employer quelques mots magiques, complot en est un et il est très utilisé par les politiciens en place, qui soient ils.

 

3. Et le droit international dans tout ça ?

De quoi parlez-vous, en voilà une question ! C’est l’ONU qui a mandaté l’OTAN pour « protéger la population libyenne » ! C’est donc légal.

Euh… En fait, oui et non…

 

L’ONU s’est accordé le droit, au début des années 2000, de protéger les populations en danger… Les modalités sont à Kadhafi sarkozygéométrie variable en fonction des multiples interprétations possibles, mais, une chose est sure, si l’ONU décide de « protéger » c’est qu’elle en a à la fois le droit et le devoir, non mais alors… qui pourrait en douter ?

Mais qu’est-ce que l’ONU, c’est l’association de près de 200 pays (192 exactement) dont les plus pauvres bénéficient des largesses des riches, en tout cas les gouvernants de ces pays du tiers-monde. Ces pays, dits en voie de développement, se mettent à la disposition des états développés, en cas de besoin, pour valider leurs options qui, généralement, touchent un des membres récalcitrants de cette noble assemblée.

Donc, l’ONU est la succursale cachée des quelques 10 ou 12 pays qui comptent sur notre petite planète. Sur proposition de notre Sarkozy, que je félicite pour la naissance de Giulia (il ne peut pas commettre que des échecs), les gens qui comptent se partagent le gâteau par anticipation et se lancent dans leurs grands et éloquents discours sur les droits de l’homme qui impressionnent tant les électeurs bien-pensants et lobotomisés pour justifier, par avance donc, leurs prédations chez les dictateurs triés sur le volet pour les ressources à saisir dans leurs pays respectifs.

Alors la légalité de la présence de l’OTAN en Libye serait éventuelle si elle n’avait fait que protéger les populations… et encore faudrait-il en examiner les méthodes. Mais de là à faire la chasse au convoi des dictateurs en fuite… Cela ne rentre pas dans les attributions des défenseurs de peuples et donc pas dans le cadre de la résolution qui les y autorisait. Ce n’était pas prévu en tout cas dans la mission donnée à l’OTAN et aux guerriers désignés pour remplir le contrat de « défense des Libyens ». C’est une bonne résolution mais elle me fait penser à celles que l’on fait en début d’année et qu’on n’applique jamais.

 

Pour satisfaire leurs débordements économico-financiers et essayer de les réparer, les pays riches prennent aux pays pauvres dirigés par des dictateurs qu’ils ont, bien souvent désignés ou/et encouragés eux-mêmes, ce qu’il reste à prendre et au moment qu’ils choisissent.

 

C’est comme ça que Bush, sur la base de mensonges éhontés, a mis la main sur l’Irak en y tuant beaucoup plus de gens que Sadam Hussein, Kadhafi et Ben Laden réunis. Obama peut bien rappeler ses troupes aujourd’hui, le pétrole arrivant sans souci aux USA depuis le même Irak, ce pays qu’ils ont quasiment détruit.

Idem en Libye où je suppose que les victimes de cette aventure sont bien plus nombreuses que celles de Kadhafi lui-même.

 

L’ONU, « ce grand machin », serait-elle devenue un outil de néo colonisation ou d’invasion pour les pays qui ont le pouvoir de décider qui est dictateur ou pas, quels sont les peuples qui méritent d’être « protégés » ou pas ? La réponse est OUI !

 

Bien entendu, je ne discute pas des reproches que nous pouvons faire à Kadhafi mais pourquoi ne les assènerions-nous pas à la Chine et à beaucoup de pays où la démocratie n’existe pas et où les peuples ne sont pas libres ?

Deux poids, deux mesures… en toute légalité et en toute bonne conscience… Portons l’ONU aux nues, elle le mérite… ou presque…

 

Haroun.

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