Log In

Un peu de culture ?

Faisant suite à l’éditorial de ce jour, je voudrai vous montrer à quel point l’autodidacte que j’ai toujours été peut aussi vous embarrasser de son minimum de culture. Donc cultivons-nous ensemble… Si vous le voulez bien… Si vous ne le souhaitez pas, vous pouvez toujours retourner sur face de book, vous entretenir avec vos amis que vous ne connaissez pas vraiment, de choses qui n’ont pas vraiment d’importance voire qui sont parfaitement futiles… A ceux qui restent, bienvenue dans le monde sans pitié du politiquement incorrect !

Photo : Aristote, mon philosophe préféréaristote-2.jpg

Platon, qu’on le veuille ou pas est le créateur du totalitarisme, ce monarchiste, cet aristocrate peut être considéré aussi comme l’inventeur du communisme, je vous laisse le soin de vérifier par vous-même. Quand il affirme que la démocratie met des ignorants au pouvoir il a tout dit. Quand nous voyons les campagnes électorales des pays industrialisés, les riches, en particulier celles des USA, on comprend ce qu’il veut dire. En France nous comprenons aussi. Quand un Raffarin se permet d’attaquer la vie privée du nouveau Président en le plaignant d’avoir vécu si longtemps avec Ségolène Royale, on voit bien le niveau de l’argumentation de nos édiles de droite. Mais c’est pareil à gauche un ton en dessous mais c’est du même acabit.

Pour Platon, le meilleur régime politique est aristocratique, étymologiquement parlant cela signifie « le gouvernement par les meilleurs », on en est loin bien sur mais est-ce l’idéal ?

Non seulement le meilleur régime est aristocratique mais il est aussi monarchique avec comme roi un « philosophe », on en est encore plus loin. Il voit dans les autres formes du pouvoir des corruptions terribles mais tellement proches de ce que nous connaissons. Elles sont au nombre de quatre, les voici :

– la timocratie, qui rassemble tous les adeptes du culte des honneurs,

– l’oligarchie, qui rassemble les plus riches,

– la démocratie, qui rassemble les démagogues ignorants choisis par une foule ignorante,

– la tyrannie, qui ne rassemble personne puisque tout est livré aux caprices d’un seul.

Evidemment, comme cela est dit, on serait tenté d’adopter son point de vue qui, malgré tout, est à la fois clair, logique et garni d’une multitude d’exemples tout à fait actuels.

 

Mais… Il en oublie une chose, qui à mes yeux d’ignorant, est cependant d’importance. La République a d’autres moyens de se gouverner.

Par ailleurs et toujours pour plagier mes philosophes préférés, l’ignorant qui connait son ignorance en sait plus qu’un « sage » qui croit tout savoir.

 

En revanche Aristote, encore une figure de la philosophie dont on a beaucoup hérité, est plus « centriste », il n’aime guère les extrêmes et sait bien le danger qu’elles renferment de façon subreptice. Aristote avait été un élève de Platon et comme tout bon élève il dépassa le Maître et s’y opposa dans ses points de vue d’une richesse et d’une finesse encore de nos jours inégalée. Lui aussi voit bien une corruption possible dans la démocratie, pas seulement dans celle-ci mais aussi dans les mêmes régimes déjà cités par Platon. Cependant sa conclusion est différente et instructive. Comme Platon, il voit trois formes possibles de la dégénérescence des régimes politiques, les voici :

– la tyrannie est la corruption de la démocratie,

– l’oligarchie est celle de l’aristocratie,

– la démocratie est celle de la République.

La différence notoire entre mes deux « amis » philosophes tient dans l’appréciation, de la part d’Aristote de l’opposition entre intérêt général et intérêt particulier. En effet, la démocratie est le régime de l’intérêt particulier, puisque nous nous intéressons à un gouvernement qui est choisi par la majorité du peuple, en excluant la minorité qui avait mis ses espoirs dans un autre gouvernement possible. Or l’intérêt général, pour le philosophe de mon coeur, prime sur l’intérêt particulier. Il en arrive à la conclusion suivante qui n’est pas faite pour me déplaire, sacré Aristote.

Si l’intérêt général prédomine, la forme du pouvoir ou dans tous les cas du régime est « pure » avec un savant mélange dont il a le secret « monarchie/aristocratie/République. A contrario, si l’intérêt particulier brûle la politesse au général, nous obtenons un savant mélange de régimes corrompus, en l’occurrence « tyrannie/oligarchie/démocratie ». Force est de constater la différenciation entre démocratie et République, Kant, un autre philosophe qui me fît perdre les cheveux que j’avais jadis sur la tête, reprit ce raisonnement pour lui en son temps. La République, pour Aristote le Grand, il fût le précepteur d’Alexandre le Grand, ne défend que l’entièreté de la Cité et seul cela compte pour lui d’abord et pour moi ensuite (mais ça tout le monde s’en moque).

 

Je partage son avis à 100 %. Il ne peut y avoir d’exclusion dans la Cité. C’est en cela que Bayrou, s’il avait été intelligent politiquement, aurait pu faire valoir sa différence. Mais à l’impossible nul n’est tenu et lui encore moins que les autres.

 

Comme le disait Aristote dans « Les politiques » :

 

La multitude, dont aucun membre n’est un homme vertueux, peut cependant, par l’union de tous, être meilleure que l’élite.

 

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com