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Uppercut !!!

Quel magnifique coup, quel talent ! Prendre à contre-pied tous ses adversaires en un seul coup et les mettre hors d’état de nuire pour au moins quelques jours, Zorko est vraiment un grand… pardon… un petit grand comédien machiavélique… Il n’est bon que lorsqu’il a les deux épaules au tapis ou le dos au mur et s’il se retrouve au bord d’un précipice, il fait faire aux autres le bond en avant qui nous aurait débarrassé de lui…

tobin.jpgLa loi Tobin, quelle histoire, à la dernière minute, il nous sortira encore des lapins du chapeau que ses amis, hommes d’affaires, lui ont offert. Un chapeau magique, un peu comme la lampe d’Aladin, il suffit de le mettre pour que le génie apparaisse. Le Gemini Cricket de notre petit de l’Elysée est plein de ressources, regardez bien, il prend une idée de gauche, l’emballe dans un langage façon sauveur de la civilisation, et le jette en pâture au bas peuple en lui promettant de faire payer aux coupables le prix de la crise alors que ce ne sera pas le cas.
Et les journalistes de reprendre en chœur l’hymne, non pas à la joie mais plutôt sonnerie aux morts, chantant les louanges d’un décisionnaire courageux qui va nous protéger et nous aider à passer ce cap difficile. Quelle belle romance !

 

Photo : James Tobin, prix Nobel d’économie

Tout ça me rappelle toutes les actions menées par nos politichiens depuis toujours… Beaucoup de mots mais peu de sens. Cela me remémore en particulier la création de l’impôts sur la fortune par le gouvernement socialiste de notre Mitterrand. Les coûts de gestion de cet impôt le rendent inefficace et tout le monde le savait mais il fallait le faire, raison politique oblige, on l’avait promis dans le cadre d’arguments dogmatiques uniquement bons durant les campagnes électorales, donc on l’a fait tout en sachant que ce n’était pas vraiment utile… Ici, la loi sur la taxation des opérations financières aura le même but, faire du vent pour faire croire qu’on avance mais en fait, avance-t-on réellement ?

Point de vue moral
Ce qui est malsain ne repose pas sur la taxation ou pas des flux financiers, mais non, pas du tout ! Cette taxe n’est là, dans la mesure où elle serait effectivement mise en place, ce qui n’est pas sur, que pour participer aux mouvements financiers en question en prenant une quotepart réservée à l’état. Or l’objet même de ces mouvements d’argent est lui malsain, ce n’est pas l’absence de taxe qui créa la crise mais bien l’existence de spéculateurs sans vergogne qui agissent en fonction uniquement de leurs intérêts particuliers.  Ces gens participent à l’économie diront certains mais qu’ils m’expliquent en quoi parce que là, en ce moment, je ne vois pas comment. Je ne comprends pas comment, en achetant des dollars ou des actions, cet argent rentre dans l’économie. La seule façon que je peux imaginer, c’est la création monétaire qu’elle induit par les élévations des marchés. Et cette manière d’entrer dans le cycle économique ne me parait pas très logique et encore moins éthique. Sans création de valeur ajoutée réelle comment peut-on augmenter la masse monétaire disponible ? Artificiellement bien entendu, et ce n’est certes pas éthique, mais aussi immoral et malhonnête car on fait croire que le pays s’enrichit alors qu’il n’a rien produit d’autre que du papier monnaie.

Point de vue économique
La création de la bourse au XIXème siècle répondait aux besoins de l’industrialisation en cours à cette époque. Il fallut rassembler de l’argent pour financer les créations d’entreprises et ce sont des actionnaires, qui croyaient au devenir de l’entreprise, qui prenaient le risque d’y investir leurs économies. Ces actionnaires investissaient sans garantie de rentabilité et en monnaie sonnante et trébuchante, pas de crédit dans ces opérations de partenariat entrepreneurial, on paie, on risque, et, si tout va bien, on peut gagner mais on n’est sur de rien. Bien évidemment, le développement effréné de cette ère d’expansion enrichit beaucoup de ces investisseurs. Mais ce n’était pas sans création de valeur ajoutée, leurs investissements créèrent des profits à partir d’une production ou des services réels et délivrés à des clients.
Alors d’un point de vue économique, il serait sain de revenir au fonctionnement d’antan et cela permettrait à certains jeunes entrepreneurs inventifs de financer leurs débuts dans ce monde où les banques préfèrent spéculer plutôt que financer des gens qui débutent une activité. Alors comment peut-on organiser les bourses pour qu’elles redeviennent éthiques ?
Ce n’est pas uniquement un problème de taxation,  il faut non seulement taxer ces mouvements de fonds non éthiques mais aussi rebondir sur le financement des jeunes sociétés.

Et en fait, c’est très simple.
1.    Toutes les opérations financières doivent se faire au comptant sur la totalité de l’investissement, pour éviter l’effet multiplicateur des marchés à terme.
2.    Tout mouvement de capitaux doit être taxé à 0.1 % de sa valeur totale comme souhaité par notre petit gars de l’Elysée.
3.    Tout profit doit être taxé selon la grille de répartition suivante :
– 90 % si la cession se fait dans le courant de la première année de l’achat des actions.
– 80 % dans la deuxième année.
– 70 % dans la troisième année.
– … Et ainsi de suite jusqu’à une exonération totale au bout de 10 années.

Pourquoi cette taxation qui peut paraître excessive ?
Si nous voulons rester dans une économie de marché libérale, même si je n’aime pas son aspect consommation à outrance, nous pouvons donc conserver les bourses afin de financer réellement les entreprises.
La taxation sur les flux financiers de 0.1 % est le prix à payer pour participer au jeu économique, un droit d’entrée en quelque sorte.
La taxation variable en fonction du temps n’est là que pour dissuader les spéculateurs à court terme qui ne font que gonfler les opérations de bourse d’un volume qui ne correspond qu’à une recherche inextinguible de profits. Or cette nouvelle bourse permettra aux actionnaires de gagner de l’argent en investissant sur des projets économiques tangibles, concrets. Et plus leur accompagnement sera long, en compagnie de l’entreprise dans laquelle ils auront investi, et, moins ils payeront d’impôt. Et même si les investisseurs ne paient pas d’impôt parce qu’ils gardent tous leurs actions 10 ans, ce n’est pas grave car ils auront donné du travail à nos enfants et fait fonctionner le pays.
C’est équitable, ils financent le développement du pays, en retour le pays leur fait grâce de l’impôt sur les profits réalisés, il me semble que c’est juste. Et là, nous calmons la spéculation, nous développons l’aide aux créations d’entreprises, et remercions ceux qui l’assument. Tout ceci étant valable pour toute société créée, qu’elle soit cotée en bourse ou non.

Point de vue politique
Il est absolument équitable de faire payer aux investisseurs qui jouent sur les marchés, sans créer eux-mêmes de valeur ajoutée et qui profitent d’un état qui leur fournit tous les services dont ils ont besoin. Ceci est politiquement justifiable.
La diminution de la spéculation mettra un sérieux coup de frein au désordre dans lequel les banques ont mis le monde entier avec la complicité des gouvernants. Là aussi, cette décision permettra aux personnes, ne pouvant investir et jouer en bourse, de voir participer à l’effort national les joueurs professionnels et les vrais hommes d’affaires. Ceci est aussi politiquement justifiable.

En conclusion, les banquiers seront contre mon idée et bien entendu cette réforme n’a aucune chance de passer avec les clowns qui se présentent aux présidentielles. Mais elle a au moins le mérite de m’avoir fait réfléchir, merci les candidats et merci mon petit gars…

Haroun.

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