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Vitesse ou précipitation ?

Ne confondons pas vitesse et précipitation ! En Ukraine, nous voyons en quelques instants des changements de constitution, des demandes farfelues que la libération de l’ancienne premier ministre, Ioulia Timochenko, que personne n’avait demandé parmi les manifestants, la destitution du président qui a pris la fuite, abrogeant des lois établies par le président enfuis, enfin tout et n’importe quoi. Le travail qui consiste à gérer un pays demande un peu plus de réflexion et de sagesse que cette espèce de frénésie qui touche plus à un comportement psychopathe qu’à la raison, voire même qui caractérise un désir de vengeance plutôt qu’un retour progressif à une situation paisible.

 

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Comme à l’accoutumée, les institutions internationales mettent de l’huile sur le feu en envoyant des émissaires dans tous les sens qui vont promettre plus qu’ils ne donneront jamais. Personne ne donnera à l’Ukraine ce que Poutine voulait donner, pour des motivations purement stratégiques et pour éviter l’enfermement auquel les Américains et ses alliés de l’OTAN sont en train de faire. La mise en ostracisme de la Russie va coûter cher au monde entier. Le FMI, la Banque Mondiale, la Communauté Européenne et les USA vont bien devoir financer leur absorption de l’Ukraine, cela ne sera pas gratuit. Ce sera le prix à payer en argent, le second montant à régler ne sera pas en monnaie de singe, en dollars, mais il va se chiffrer en millions d’êtres humains qui seront, à un moment ou à un autre, pris en otage entre les deux blocs qui sont en train de se reconstituer officiellement, celui qui met ensemble, la Russie et ses alliés face à l’occident. La Chine et ses alliés n’ayant jusqu’à ce jour pas de choix à faire mais qui en feront un, c’est certain, pour défendre leurs intérêts propres comme vous pouvez vous en douter. Seul souci à ce niveau, la Chine est plus proche politiquement du groupe russe alors qu’elle est économiquement plus dépendante de l’occident, le choix sera cornélien, mais il devra se faire… Nous revenons gentiment au « bon temps » de la guerre froide où il était facile de dire qui étaient les bons et les méchants, sans jamais en apporter la preuve bien évidemment.

 

Alors à quoi s’apparente la volonté d’aller le plus vite possible vers des décisions qui apparaissent comme irréversibles ou, dans tous les cas, compliquées à annuler si l’on veut respecter quelques règles de droit constitutionnel et international. J’ai l’impression que tout doit être fait pour ne plus pouvoir revenir en arrière, pour que tout retour de la Russie dans les affaires ukrainiennes soit rendu impossible par l’impossibilité de rétablir un ordre définitivement retiré des mémoires et des habitudes. Le problème majeur consiste en la répartition des Ukrainiens favorables à cette deuxième révolution, que j’appellerai citron par l’acidité dont elle fait preuve, et ceux qui s’y confrontent, qui sont aussi nombreux que les premiers tout en leur étant parfaitement opposés. La partition de l’Ukraine, dans ces conditions fera que chaque camp gardera ses ouailles et qu’un pays sera, une fois de plus, sacrifié sur l’autel des intérêts matériels de gens qui n’en sont même pas citoyens. L’Ukraine, nœud gordien de la distribution européenne du gaz russe, ne sera jamais complètement abandonnée par la Russie. Même dans l’éventualité d’un gazoduc menant depuis le Qatar jusqu’à l’Europe, encore faut-il régler le souci syrien et moyen oriental, la vente de ce gaz russe en Europe de l’ouest est pour l’instant vitale et le sera pour encore un bon moment, surtout pour l’Allemagne qui a décidé de ne plus développer le nucléaire voire de s’en séparer (mais ce n’est pas encore fait).

 

On s’aperçoit, une fois de plus, que les populations sont de peu d’importance dans la partie de jeu d’échec que jouent les grands financiers qui manipulent les pays et qui font qu’ils naissent et meurent sans autre justification que les profits que ces manipulateurs souhaitent ardemment. Les êtres humains ne sont que les jouets ou les poupées qui animent le terrain de jeu, mais qui en aucun cas n’interviennent dans les prises de décision qui les concernent. Oui, l’Ukraine va vite faire ces changements, tant espérés par l’OTAN et surtout les Etats Unis, qui feront d’elle un élément d’un jeu qu’elle ne maitrisera jamais et dont elle sera victime, une fois encore. Il en est ainsi de nos pays, de ceux qui les gèrent et de ceux qui financent les guignols qui croient gérer mais ne font qu’obéir, consciemment ou non, à leurs financiers et distributeurs de prébendes. Encore un souci, si les changements s’opèrent à la vitesse de la lumière, peut-être en sera-t-il de même en cas de retour de manivelle ? Ce qui est vrai pour les uns est aussi vrai pour les autres.

 

Et nos gouvernants, tristes témoins de toute cette affaire, applaudissent à la visite de BHL sur les barricades des manipulés ukrainiens. Le pseudo philosophe est nul et ceux qui l’encouragent encore plus.

 

A bon entendeur, devenez sourd…

 

Haroun.

2 Comments

  1. michel-la-six Répondre

    Si le danger ne devait venir que de Beharrlich-Harr-Laut : rien. Mais il y a aussi stratégies économique, politique, militaire, face
    auxquelles nous, Européens, ne pesons pas très lourd. Alors les Français : Ah Ah Ah. (ricanons, comme dirait Pangloss).

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