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Vive Sarko 1er…

Vous avez remarqué, je suppose, que les plus petits chiens étaient toujours ceux qui aboyaient le plus. On compense tous nos manquements par une exagération de nos points forts, voire une exacerbation de ceux-ci au point d’en toucher tout d’abord à l’arrogance, puis rapidement, au ridicule, qui ne tue plus malheureusement…

couronnement_napoleon_gr.jpgVous pourrez voir sur la vidéo, dont voici le lien, un petit gars qui touche, dans les domaines de l’arrogance et du ridicule, au nirvana, au septième ciel, au top du top comme disent les jeunes, le champion du monde ou même de l’univers des domaines précités. Et oui, vous voyez comme certains ont des difficultés à assumer leur petitesse à la fois physique et morale, heureusement, il a moins de caractère que Bonaparte, sinon il se serait couronné empereur, Sarko 1er, cela sonne très mal, ouf.
Or, l’aspect purement anecdotique et dérisoire des comportements de notre petit gars de l’Elysée, cette interview soulève maints problèmes qui, évidemment, ne seront abordés nulle part ailleurs que dans des colonnes comme les miennes et certainement jamais dans les journaux, radios et télévisions, trop occupés à faire briller les bottines de luxe des gens du pouvoir en place.
Le premier problème est le président, notre petit gars de l’Elysée, nous lui donnerons la priorité de peur qu’il nous fasse un caprice.
Le second est la presse, les médias, eux pas de danger de caprice, ils ne voient rien, ils ont leurs têtes baissées en guise de prosternation dont l’acquiescence est permanente.

Notre petit gars
Imaginer le Général de Gaulle, notre seul vrai Président depuis 1958, dans le même cas. A l’aube de la perte d’un triple A, comment cet homme se serait-il comporté ? Certes pas comme notre petit trublion qui n’a eu de cesse de porter aux nues les marchés qu’il condamne aujourd’hui. Comme de Gaulle appelait l’ONU le grand machin, il aurait baptisé les trois agences de notation d’un sobriquet dont il avait le secret. Mais lui n’aurait pas éludé une question, ma foi, anodine et tellement attendue après la disqualification de la France face au triple A. C’est un manque de courage humain, un manque de courage politique, une humiliation publique pour notre petit président, tout d’abord, pour avoir montré sa lâcheté, et, pour les électeurs qui auraient certainement été très intéressés par une vraie réponse.
Quelle outrecuidance, quelle arrogance, avec son sourire à la Méphistophélès il se moquait du journaliste et de tout ce qu’il représentait. On voyait dans son regard guilleret le plaisir qu’il prenait à se gausser du monde entier, une jouissance terrible pour un dictateur qui s’ignore…
Et là est le point suivant, qui est le président qui se serait permis une telle attitude, pour le moins désinvolte, pour le plus humiliante devant caméras, micros et ceux qui les tenaient ? Aucun d’entre ceux que nous avons eus en France, seuls les pseudo présidents de républiques bananières (comme la France diraient certains), peuvent se permettre de traiter la presse de telle manière, pour le moins discourtoise et pour le plus insultante. Ce comportement excessivement irrespectueux est juste digne d’un petit dictateur qui n’a que la force pour le défendre, cette force brutale et violente si éloignée de l’intelligence. Notre petit gars de l’Elysée se prend pour ce qu’il n’est pas, Dieu merci comme dirait un athée, ce n’est pas faire preuve d’autorité que de manquer de sens de la mesure et de bafouer les limites du tolérable en matière de manque d’éducation, non il n’est pas un président, tout au plus un autocrate sans vergogne et mal élevé qui donne une piètre image de notre pays.

La presse et les médias
En premier lieu, je dois vous dire que j’ai été éditeur, dans la presse papier jadis, et, dans la presse internet récemment, j’ai eu une rédaction avec plus d’une vingtaine de journalistes, un rédacteur en chef, etc. J’ai formé par ailleurs un certain nombre de journalistes et leur ai appris le peu que je savais en espérant qu’ils complèteraient leurs connaissances d’une expérience beaucoup plus importante en terme d’apprentissage réel et profond. J’en forme encore dans le cadre d’un enseignement des sciences politiques. Je vous dis ça parce que ce qui suit pourrait passer pour ce que cela n’est pas. Je ne juge personne, ni la presse, ni les journalistes, ni ceux qui l’administrent sociétés pour la plupart multinationales de la communication. Je constate tout au plus les dérives de chacun et le dit, sans autre volonté que d’ouvrir les yeux des gens concernés comme de mes lecteurs, mais, bien sur, je ne dis pas avoir raison, mais…
Si j’avais été le journaliste, j’aurais peut-être perdu mon boulot mais pas ma dignité, se taire après cette humiliation publique est un aveu de faiblesse terrible, une fuite devant les risques d’une algarade avec le petit de l’Elysée, une peur panique devant les pertes de son poste, ses revenus et les avantages de la profession qui sont nombreux. J’aurais dit au « trouillard » de l’Elysée qu’il ne faut pas avoir peur et qu’au contraire, un homme prouve sa qualité en reconnaissant ses erreurs et en les assumant. Vous comprenez pourquoi je ne peux pas être journaliste… L’auréole qui nimbe les métiers de l’information ne peut exister lorsque ceux qui les pratiquent désavouent le sens même du mot information. Or, le journaliste n’avait pas à répéter sa question trois fois, il n’avait déjà pas compris que le petit simulait l’incompréhension et ensuite voyant qu’il s’était lui-même enferré, il ne pouvait qu’aller jusqu’au bout ou se taire… Après trois douloureux essais pour lui, c’est ce qu’il fît. J’aimerai connaître l’avis de son rédacteur en chef à la suite de ce mélodrame professionnel. C’est la preuve du manque de courage de notre corporation, nous ne sommes plus habitués à nous battre pour la véritable information, il nous faut du contenu et peu importe ce que c’est. Seuls quelques francs-tireurs subsistent dans ce monde atone et sans relief. Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil.. Tant que nos avantages sont conservés sinon on fait la grève hein ! Attention !

Si il y avait eu de vrais journalistes dans la salle, ils auraient dû se lever et s’en aller, comme un seul homme, malheureusement, la solidarité a aussi disparu dans cette caste, faite maintenant, de nombreux arrivistes qui souhaitent être promus à parvenus.

Ceci m’amène à dire que, d’un autre point de vue, le petit de l’Elysée a su remettre à sa place un petit scribouillard qui, vraisemblablement, n’était pas à la hauteur de ses propres prétentions et qui représente une partie de cette profession tant admirée par elle-même d’abord et ensuite par les goulus de fausse information que nous sommes. On veut savoir, tout savoir, mais il ne faut pas que ça fâche quiconque, hein ? Et nos journalistes nous repaissent de ces infos qui n’en sont pas. Et on se paie le Concordia en boucle sur plus de 50 % de la durée d’un journal télévisé pendant plusieurs jours, et, tout ça pourquoi ? Pour rien, l’exhibition du malheur des gens à ce niveau n’est plus de l’information, c’est de la déformation. Honte à nous !

J’ai l’habitude de dire qu’on a les gouvernants qu’on mérite mais c’est aussi vrai de la presse et des médias… Heureusement, il nous reste des vraies émissions culturelles et informatives, vivent Lagaffe et Naguy…

Haroun.

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